La découronnée – Claude Amos

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2017 (Rivages)
Genre :
Roman noir
Personnages principaux : Johan et Guy Mesel, Frères – Maïa, nourrice des deux frères – Camille, adolescente – Zahra, belle-mère de Camille

Johan et Guy Mesel sont frères. Ils décident d’échanger les appartements pendant la durée des vacances. Johan ira à la montagne pour faire des randonnées tandis que Guy s’installera à Viâtre dans l’appartement que son frère vient d’acheter dans ce qu’on appelle la montée de la Découronnée. Guy, en fouillant les affaires de son frère, va découvrir l’histoire des anciens propriétaires. Il va être obsédé par le destin tragique d’une ancienne occupante. Il va contacter sa fille, Camille, une adolescente de seize ans. Camille vit maintenant avec Zahra qui a épousé son père après la mort de sa mère. Guy va faire découvrir à Camille sa propre histoire familiale. Elle en sera bouleversée. De son côté Maïa, la nourrice de Johan et Guy , va aussi revenir à Viâtre pour tenter de retrouver un fils enlevé près de soixante ans plus tôt, pendant la guerre. Tous ces personnages ont une histoire liée à un lieu : la montée de la Découronnée.

L’intrigue mêle l’histoire de plusieurs familles. Il faut être attentif pour ne pas perdre les liens qui unissent les principaux personnages et pour les positionner clairement, d’autant plus qu’il y a aussi de nombreux personnages secondaires. Le risque de confusion ou de perte du fil de l’histoire est lié au petit espace qui rassemble un grand nombre de protagonistes. Ce n’est pas toujours évident de s’y retrouver. Passé cet obstacle on peut apprécier les mystères qui planent sur la disparition d’une mère ou d’un fils. Les souvenirs incomplets et flous permettent des interprétations contradictoires. C’est en fonction de leur psychologie et de leurs blessures que ces gens essaient de reconstituer des événements dont il ne reste qu’une souvenance brumeuse. C’est très habilement que l’auteur joue sur ces réminiscences diffuses pour installer le doute jusqu’au bout.

La phrase mise en exergue du roman donne le ton : « Ô l’amour d’une mère, amour que nul n’oublie » (Victor Hugo – Feuilles d’automne). La relation mère – enfant, ou son absence, est l’autre thème après la résurgence du passé. Ainsi les deux frères Johan et Guy n’ont pas été élevés par leur vraie mère, en dépression sévère et incapable de s’occuper d’eux. C’est Maïa, la nourrice, qui les a élevés, elle les considère comme ses enfants. Maïa a eu un fils à quinze ans mais il a disparu dans une rafle en 1944. A-t-il survécu ? Camille a perdu sa mère jeune. Avant ça quelqu’un la maltraitait. Est-ce sa mère ou sa belle-mère Zahra, la deuxième épouse de son père ?

Claude Amos réussit à construire un roman noir dense sans qu’il n’y ait le moindre coup de feu, le moindre mort. Les souvenirs sont parfois la plus violente des agressions.

Extrait :
La montée de la Découronnée est une ruelle en pente raide qui grimpe à l’assaut de la colline, en face de la passerelle. Le nom vient d’une statue de pierre, à l’angle du quai et de la rue, a expliqué Johan. Guy la repère sans peine, à la hauteur du premier étage, éclairée par une guirlande de minuscules ampoules. Une femme enveloppée dans une cape, qui porte sur le front une couronne aux pointes brisées.

Niveau de satisfaction : 
(3,5 / 5)

 

 

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