L’interprétation des peurs – Wulf Dorn

Par Jacques Henry

Date de publication originale : 2009
Date de publication française : 2012 (Le Cherche midi)
Genre : Suspense
Personnage principal : Ellen Roth, psychiatre

En comparant ce premier roman de l’écrivain allemand Wulf Dorn à L’analyste, de John Katzenbach, disons que l’éditeur français y va un peu fort. Ce roman n’est pas dépourvu d’intérêt, mais il y a une marge entre l’honnête premier roman et le chef d’oeuvre.

Voici le résumé proposé en 4e de couverture :

Psychiatre de talent, Ellen Roth reçoit en consultation dans la clinique où elle travaille une femme en état de choc, qui lui confie être harcelée par un homme, sur lequel elle refuse de donner le moindre détail. Serait-elle en proie à un délire de persécution ? Ellen n’a pas le temps d’en apprendre plus : à peine internée, l’inconnue disparaît.
Quelques jours plus tard, un mystérieux individu agresse Ellen et lui lance un macabre défi : elle a quarante-huit heures pour découvrir qui il est et les raisons qui le poussent à s’en prendre à elle, sans quoi la patiente disparue mourra.
C’est le début d’une course contre la montre pour Ellen, confrontée à la paranoïa, la peur et la violence. Bien vite, elle se retrouve isolée de tous, ne pouvant compter sur personne. Et avec très peu de temps pour découvrir ce qui, dans sa vie et celle de ses proches, peut motiver cet inconnu qui semble en savoir très long sur elle.

Le thème des personnalités multiples et sa variante des fugues psychiques et de l’amnésie est très à la mode par les temps qui courent – voir notamment le dernier Grangé et le dernier Serfaty. Cela finit par perdre toute originalité et teindre tout nouveau roman sur ce thème d’un air de déjà vu.

À partir du moment où on admet dans l’intrigue hallucinations, rêves lucides et réminiscences cauchemardesques, tout devient autorisé et, dans ce registre, cette histoire tient à peu près la route et est correctement bouclée à la fin. Mais il faut se taper certaines pénibles longueurs, une certaine maladresse dans les dialogues et certains tics stylistiques qui traduisent le manque d’expérience (les fins de chapitre du type Ce qu’il vit en entrant dans la pièce lui glaça le sang, ou C’est alors qu’elle se réveilla, pour ne citer que deux exemples).

Attendons donc la traduction du second roman de cet écrivain (dans sa langue d’origine, il semble rendu à son quatrième). Mais s’il n’y a pas progrès par rapport à celui-ci, je n’attendrai pas le troisième.

Ma note :  3 / 5

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