Les cœurs déchiquetés – Hervé Le Corre

Date de Publication : 2009 (Editions Payot & Rivages)
Genre : Roman noir
Personnages principaux : Pierre Vilar Commandant de police à Bordeaux, Victor jeune garçon de 13 ans
Prix : Grand Prix de Littérature policière 2009, Prix Mystère 2010 de la Critique, Grand Prix du Roman noir français du Festival de Beaune 2010, Prix Nouvel Obs Bibliobs 2010 du Roman noir

Hervé Le Corre raconte l’histoire de deux personnages, en parallèle. Celle du commandant de police Pierre Vilar qui n’a pas retrouvé son fils Pablo à la sortie de l’école, ce jour où il avait quelques minutes de retard ; depuis tous les jours il guette la sortie des classes dans l’espoir fou que celui qui a enlevé son fils va récidiver. Celle du jeune garçon de 13 ans, Victor, qui en rentrant de son école, retrouve sa mère battue à mort et décédée.
Pierre Vilar n’a pas totalement abandonné le mince espoir de retrouver son fils vivant. Un ancien gendarme, maintenant à la retraite, continue d’enquêter sur les réseaux pédophiles et il vient de l’appeler en lui indiquant qu’il avait quelque chose à lui montrer. Une piste ? Un espoir peut être.

Victor, lui, passe d’un foyer pour orphelins à une famille d’accueil. Il garde comme un trésor l’urne contenant les cendres de sa mère. Elle lui sert à convoquer les images de sa mère et maintenir l’illusion qu’elle va revenir.

Les histoires de ces deux personnes en souffrance vont converger : Pierre Vilar est chargé de l’enquête sur le meurtre de la mère de Victor. Les évènements vont prendre un tour inattendu car le gendarme retraité qui avait appelé Vilar disparaît. Plus tard il est retrouvé mort après avoir été torturé. En même temps, un inconnu nargue Vilar en lui envoyant des photos pédophiles où apparaît un jeune garçon qui pourrait être son fils et en le harcelant au téléphone. Victor, lui, voit réapparaître un ancien amant de sa mère, personnage brutal qu’il déteste. La fin sera dramatique, le Happy end n’étant pas de mise dans ce genre de roman.
Roman sur la perte, le deuil et la solitude. C’est très bien écrit. Le ton est juste et les mots ont la puissance d’évocation voulue. Roman noir qui a sa place ici mais qui pourrait tout aussi bien se trouver sur un blog destiné à la littérature générale par la qualité de son écriture. C’est simplement de la bonne littérature. Ici on parle de la souffrance des enfants perdus et de la violence subie par les femmes solitaires. C’est sombre, violent, dur. Dans une interview Le Corre affirme « la première chose que je ressens quand j’envisage le merdier global présent, c’est un mélange de rage, tristesse et de désarroi ». C’est aussi ce que l’on ressent souvent à la lecture de son bouquin. C’est donc parfaitement réussi. A lire hors jours de déprime. Ce n’est pas une bluette hollywoodienne, ça dérange. On peut préférer lire un gentil divertissement qui ne bouscule pas trop le confort quotidien. On peut aussi, de temps en temps, se confronter à une réalité qui continue d’exister même si on s’efforce de l’ignorer.
Hervé Le Corre a dû lire le poème de Léo Ferré A toi :
Les coeurs déchiquetés qui parlent aux fantômes
Les gens de bien qui ont désintégré l’atome
Le Capital qui joue aux dés Notre Royaume

Même la couverture du livre y fait penser :
La forêt qui s’élance au ciel comme une verge

Ma note : 4 / 5 

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