Les feuilles mortes – Thomas H. Cook

Date de Publication Originale : 2005 – Red Leaves
Date de l’édition française : 2008 (Gallimard) et 2010 (Folio)
Genre : Suspense psychologique
Personnage principal : Eric Moore, père d’une famille précédemment heureuse
Prix : Prix Barry du meilleur roman

Eric Moore et sa famille ont tout pour être heureux. Lui possède une boutique de photos, sa femme Meredith, professeur d’anglais, s’épanouit à son travail et son fils Keith semble trouver son bonheur dans sa chambre avec son ordinateur. Sérénité et équilibre de la famille jusqu’au jour où la petite fille de leurs voisins disparaît. Le problème est que c’est Keith, le fils de la famille, qui a joué le rôle de baby-sitter la veille au soir et au petit matin on n’a pas retrouvé la petite dans sa chambre. Cet évènement va complètement changer l’ambiance familiale. La femme va laisser apparaître une frustration insoupçonnée, le fils a une attitude équivoque et le mari constate qu’il ne connaît pas vraiment les personnes avec qui il vit. A partir de là, Eric va analyser tous les évènements d’un œil nouveau, le doute va s’insinuer dans son esprit et le doute est un poison qui corrompt tout. Il va reconsidérer des faits marquants de son histoire familiale actuelle avec son épouse et son fils mais aussi passée, avec son père, sa mère, son frère. Beaucoup de choses vont désormais lui paraître pas claires : son père a-t-il assassiné sa mère ? Sa mère avait-elle un amant ? Son frère est-il pédophile ? Sa femme a-t-elle une aventure avec un psychiatre, son fils a-t’il enlevé la petite voisine ?

La grande habileté de T. H. Cook est de présenter tous les évènements de façon à ce que les interrogations d’Eric paraissent normales et légitimes. Comme s’il avait fait preuve d’aveuglement précédemment et que maintenant tout s’éclaire. Les choses sont présentées d’une certaine façon puis d’une façon alternative sans que l’on puisse déterminer quelle est la bonne. Les photos de famille mentent dit le héros de l’histoire. C’est bien le sujet de ce livre : derrière les sourires et les poses factices, se cache une autre vérité beaucoup moins radieuse. T.H. Cook décrit parfaitement les blessures et les non-dits familiaux. Il aborde également les méfaits des accusations et jugements sommaires et les dégâts provoqués par les apparences trompeuses.

Ce livre est court et se lit d’autant plus facilement qu’il est intéressant jusqu’au bout. Et toujours cette manie agaçante des éditions françaises de traduire les titres de façon fantaisiste : ainsi Red Leaves devient Les feuilles mortes. On réussit ainsi à ôter toute force évocatrice : les feuilles qui ont la couleur du sang du crime deviennent bêtement des feuilles mortes d’automne …emportées par le vent d’un marketing foireux ! L’auteur n’y est pour rien, son livre est bon.

Ma note : 4 / 5 

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