Sonate de l’assassin – Jean-Baptiste Destremau

Date de publication : 2010 – J’ai Lu
Genre : Suspense psychologique
Personnages principaux : Laszlo Dumas : pianiste virtuose, Lorraine : jeune femme mélomane et Arthur son fils de 7 ans

Qu’est qui fait la différence entre un interprète virtuose et un interprète génial ? C’est ce que se demande Laszlo Dumas. Lui, c’est un des meilleurs pianistes, il maîtrise complètement la technique de son instrument, pourtant il n’a pas ce supplément d’âme, ce feu en lui qui le ferait vibrer et soulèverait l’enthousiasme des spectateurs. Lors d’un concert comme tant d’autres, un léger manque de concentration lui fait commettre une fausse note. Personne ne s’en aperçoit … Non ! Pas personne ! Un spectateur mélomane des premiers rangs a décelé la faute ! Son honneur et son prestige de virtuose sont atteints. Une solution existe : supprimer le témoin de sa bévue. A partir de cet instant le tranquille pianiste se transforme en tueur qui va supprimer tous ceux qui ont enregistré ses erreurs … qui se répèteront. Et le pire, c’est que le fait de tuer transforme son jeu qui devient plus intense et plus profond, ce qui lui amène un succès mondial. Mais pour entretenir cette flamme qui le fait si bien jouer, il a besoin de continuer à tuer, de suivre cette musique intérieure, la sonate de l’assassin, qui le pousse au meurtre. Les erreurs minimes d’interprétations deviennent volontaires : c’est le moyen de choisir ses futures victimes. Pourtant un jour au lieu de tuer celle qui a souri à sa fausse note, il en tombe amoureux. Dès lors, il voudra que cet amour, pour cette femme et son fils de 7 ans, soit pour lui une rédemption qui remplacera son besoin de tuer …

J’ai trouvé ce livre très original bien que ce soit encore une histoire de tueur en série … une de plus ! Mais ici au lieu d’avoir affaire à un monstre qui représente le fameux « mal absolu » que l’on trouve à la pelle dans pas mal de thrillers, le tueur est un artiste sensible, pas un artiste du meurtre, mais un vrai artiste musicien qui cherche une inspiration, une passion qui le fera jouer formidablement. Pour trouver l’état de grâce, le feu sacré, il y a des artistes qui se droguent ou qui sombrent dans l’alcoolisme, celui-là, il tue ! Nul besoin d’être féru de musique classique pour apprécier même si elle est omniprésente. On se laisse bien embarquer dans l’histoire, le suspense est présent à tout moment, la logique de l’histoire est implacable et c’est très agréable à lire. Il n’y a ni enquête, ni question concernant le coupable puisque dès la première ligne nous sommes fixés : «Je ne tue jamais le lundi». C’est un thriller psychologique, qui par son intrigue, son originalité et sa démesure m’a fait penser au Parfum de Patrick Süskind. Le génie et la folie sont-ils si proches ? Qu’est ce qui provoque l’étincelle du génie ? Ici vous trouverez une réponse … à ne pas utiliser !

Jean-Baptiste Destremau a 41 ans. Il est ingénieur de formation, et a travaillé une quinzaine d’années, en Europe et en Asie, dans le domaine financier. Il a pris un congé sabbatique de son entreprise pour écrire un roman, et tenter de le publier. « Sonate de l’Assassin » en est le résultat. Il est lui-même musicien, il joue du piano depuis son enfance. On retrouve sa passion pour la musique tout le long de son livre. Ceux qui aiment la musique classique, apprécieront les nombreuses références contenues dans le récit. C’est ici son premier roman qui pour moi, est très réussi.
Ma note : 4,5 / 5 

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