Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2023 (Druide)
Genres : Enquête, historique
Personnage principal : Rivière Valois, journaliste
Journaliste québécois bien connu, René Vézina a conçu l’idée d’écrire une série de romans sur les Mystères du Québec. L’Affaire Henry Cross est le premier de cette série. À partir d’un meurtre commis dans un cimetière de Saint-Jean-Port-Joli, le journaliste Rivière Valois du journal La Parole décide d’aller y enquêter, d’autant plus qu’une lettre anonyme lui demande de fouiller cette affaire.
Alors que l’enquête de Valois a lieu en 2019, l’auteur intercale constamment un autre récit, datant de 1840 : Rolf Kellerman (alias Kelly) est un Irlandais envoyé en mission au Québec pour remettre aux leaders de la communauté irlandaise un document qui pourrait aider les francophones du Canada à se libérer du joug des Anglais et, par le fait même, contribuerait à l’indépendance de l’Irlande.
En cherchant à connaître les raisons pour lesquelles on aurait tué Sullivan Keating, Rivière apprend que Keating essayait de trouver la tombe de Henry Cross, au cas où aurait été enterré avec lui le fameux document destiné à assurer l’indépendance des francophones du Canada et des Irlandais. Même si les tentatives américaines de chasser les Anglais du Canada avaient échoué et que la révolte des Patriotes avait été matée, la déportation des Acadiens de 1795 continuait à alimenter la soif d’indépendance des Irlandais et des francophones du Bas-Canada.
Poussé par les remontrances de son directeur et encouragé par l’affection de la sœur de Sullivan, Katherine, Rivière s’efforcera d’identifier l’assassin de Sullivan et d’éclaircir le mystère Henry Cross.
L’idée est bonne et le cadre historique ne manque pas d’intérêt. Alterner les périodes 1840 et 2019 est clairement exécuté et le lecteur n’y perd pas son latin. Quelques invraisemblances ne gâteraient pas la sauce s’il s’agissait d’un récit d’abord historique (par exemple, que Katherine s’adresse à Rivière pour enquêter, ou encore que l’assassin ait entendu Sullivan réfléchir tout haut …). Or, le roman se présente d’abord comme un roman policier. L’essentiel des deux récits consiste alors à raconter les efforts que Rolf, de son côté, et Rivière, du sien, font pour entrer en contact avec quelqu’un d’autre. Ce qui devient un peu lassant malgré l’intérêt des rencontres.
À signaler : 4 photos bien choisies de Grosse-Île.
Extrait :
C’est ici que vos deux histoires se rejoignent. O’Callaghan et Davis rêvaient de relancer les insurrections au Canada et en Irlande. Il fallait d’abord sceller l’alliance. Un émissaire aurait été envoyé en mission au printemps 1840. Il n’aurait jamais pu l’achever. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais la dernière chose qu’on sait à son sujet, c’est qu’il a exhorté son entourage à terminer le travail en leur demandant, et je cite, « Find Henry Cross ».

Grosse-Île
Niveau de satisfaction :
(4 / 5)


2025








