Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2025 – Albin Michel
Genres : Enquête policière, humour
Personnage principal : Cathy Martini, commandante de police
Cathy Martini, commandante de la Police Judiciaire de Paris, était aussi l’épouse d’un chanteur célèbre qui s’est suicidé quand elle a demandé le divorce. Maintenant elle doit diriger l’enquête sur l’enlèvement de Flore Yozabal, une actrice de télévision très connue. Martini connaît bien Yozabal pour la bonne raison qu’elle était la maîtresse de son mari. Lui confier l’enquête de la disparition de la maîtresse de son mari à elle, son épouse, pourrait tomber dans le conflit d’intérêts. Malgré ce risque la commandante garde l’enquête. Mais voilà qu’en plus on lui colle dans les pattes le brigadier Titan Payot qui doit être son binôme sur cette affaire. Le jeune homme est connu pour passer son temps à admirer tout le monde, c’est un groupie par nature. Un enquêteur, fan absolu des célébrités, n’est pas un gage d’efficacité, mais la commandante Martini n’a pas le choix, elle doit faire avec cet adjoint bien encombrant pour essayer malgré tout de retrouver celle qui a été la maîtresse de feu son mari.
Le roman est basé sur le personnage de la commandante Cathy Martini. C’est une figure de la PJ de Paris. Elle se distingue des autres policiers par une complète insensibilité à la pression. Elle n’en fait qu’à sa tête et n’est pas sensible au chantage. Y a pas de petits copains, de réseau, de francs-maçons qui tiennent : elle s’en fout. Le préfet l’engueule, elle s’en fout. Le ministre la menace, elle s’en fout. Les magistrats font pression, elle s’en cogne. L’opinion publique, la presse, les collègues, pareil. C’est ainsi que la décrit le Directeur des brigades centrales. Sa hiérarchie lui pardonne ses excentricités parce qu’elle est efficace et ses dossiers sont en béton. Dans cette affaire, la commandante a été contrainte d’accepter à ses côtés un adjoint, plus pour rendre compte de l’enquête que pour l’épauler. C’est ainsi que le brigadier Titan Payot est incorporé à l’équipe de Martinez. Il en est ravi, lui qui avait postulé trois fois pour l’intégrer et avait été refusé autant de fois. Il faut dire que ce grand dadais a un profil particulier : il aime et admire tout le monde. On l’a même surnommé Titan Fayot. Et bien sûr, il est en totale admiration pour sa cheffe. Titan va finalement se révéler pas si prévisible que ça et finira même par être apprécié au sein de la brigade.
Même si le ton est humoristique, l’intrigue n’est pas négligée pour autant. Un enlèvement avec demande de rançon d’une actrice populaire est le cœur de cette affaire. C’est une enquête célébrité, c’est-à-dire une enquête avec trois fois plus d’emmerdements que les autres : il y a les médias, la pression publique, les faux-semblants. Au passage l’autrice égratigne le monde des people : les stars qui sont des ogres. Elles ont tellement l’habitude d’être assistées qu’elles vampirisent. L’autrice montre le pouvoir des célébrités, mais aussi leur vulnérabilité à cause de leur exposition permanente.
Une intrigue solide et surtout des personnages attachants et hauts en couleur sont la marque de ce roman, souvent décalé, qui se lit en souriant.
Extrait :
– Parce que le je-m’en-foutisme dans la police, ça peut se révéler dramatique, remarqua Alice, pour qui indulgence et nonchalance étaient mères de tous les échecs.
– Ce n’est pas du je-m’en-foutisme, corrigea le directeur avec le plus grand sérieux, c’est du je-vous-emmerdisme. Dès lors, Martini devient notre seul élément inattaquable. Je dirais même incorruptible. On ne peut pas la virer. On ne doit pas.
– Bien, s’inclina Deroucoux en serrant le frein à main. Que suis-je censée faire alors, monsieur le directeur ?
– Vous la mettez au pas malgré tout. Parce que, même la pagaille, elle s’en fout. Et moi non. J’aime l’ordre.

Le Bastion, siège de la Police Judiciaire de Paris.
Niveau de satisfaction :
(4,1 / 5)


2025







