Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2025 – Hugo Publishing
Genre : Thriller
Personnages principaux : Adjudante Joy Morel – Chloé Mesnil, psychocriminologue
Des membres du gouvernement ont mis en place un projet fou, celui de rassembler les pires psychopathes sur une île pour les laisser finir leurs jours entre eux. En contrepartie de cette fausse liberté, l’identité des criminels est supprimée, ils n’existent plus aux yeux de la société. Quand quatre d’entre eux réussissent à s’échapper et rejoignent le continent, c’est la panique en haut lieu, d’autant plus que des cadavres attestent qu’ils ont repris leur activité criminelle. La psychocriminologue, Chloé Mesnil, est chargée de localiser le plus terrible d’entre eux, Braco, qui a juré de la retrouver et la faire mourir dans d’atroces souffrances. Chloé sera aidée dans sa tâche par l’adjudante Joy Morel, son amie. Toutes les deux sont allées sur l’île maudite, elles en gardent des traumatismes. La chasse est lancée, dans tous les sens.
Ce livre est le cinquième de la série Adjudante Joy Morel et surtout la suite du numéro quatre, L’Île des damnés (chroniqué en septembre 2022 par mon collègue québécois Michel Dufour). Rien ne l’indique à l’achat. C’est donc à la lecture qu’on s’aperçoit que La résurrection du pire n’est qu’une suite de L’Île des damnés. On finit quand même par recoller les morceaux et avoir une bonne idée de l’épisode précédent, mais le procédé n’est pas terrible, je n’aurais jamais acheté ce livre si j’avais su que c’était une suite.
L’intrigue est plutôt complexe, surtout si on a manqué le tome précédent. Elle met en scène des personnages qui ont tissé précédemment des liens amicaux ou de haine . Ce sont maintenant des psychopathes ou des personnes fortement traumatisées. La formation de psychothérapeute de l’autrice doit y être pour quelque chose dans ce choix. Nous avons même droit à des cours de psychanalyse pour expliquer le comportement des protagonistes.
Les personnages, relativement nombreux, sont presque tous des malades, soit parce qu’ils ont subi dans leur jeunesse de mauvais traitements qui ont affecté durablement leur comportement, soit parce que adultes ils ont subi des traumatismes si importants qu’ils en sont psychologiquement affaiblis. Mais surtout, ils sont tellement exagérés qu’ils en deviennent invraisemblables. Ainsi, le terrible Braco, bien que traqué par la police depuis son retour de l’île maudite, assassine et torture tranquillement, en prenant son temps et du plaisir à le faire. Il est partout, serein et menaçant, à croire qu’il a le don d’ubiquité. Il lit aussi dans les pensées. Mais cet effrayant tortionnaire n’était, petit, qu’un enfant maltraité ! Alors que la pauvre Chloé Mesnil, chargée de le retrouver, est psychologiquement tellement perturbée qu’elle paraît inapte à accomplir sa mission. Il serait préférable qu’elle fasse soigner sa dépression. Que dire de Charlie, cette jeune femme à personnalités multiples, capable de passer en un clin d’œil de proie fragile à une combattante sans pitié ? Dans ce monde de psychopathes et de malades mentaux, les pires sont ces hommes de pouvoir, qui, bien à l’abri dans leur confortable bureau, envoient sans sourciller à l’abattoir ceux qui interviennent sur le terrain.
L’idée de base de ce thriller est intéressante, toutefois l’autrice, de formation psychothérapeute, a tendance à voir des malades partout par déformation professionnelle. Mais surtout la recherche du sensationnel et du spectaculaire se fait au détriment de la vraisemblance et la rigueur.
Extrait :
La violence, les abus, la souffrance… elle y a été confrontée très jeune. Si précocement et si régulièrement qu’elle a vite appris à déconnecter. Alors, en général, quand son corps subit l’horreur, son esprit fuit. Seulement, aujourd’hui, impossible d’esquiver en attendant que ça passe. Lydia doit rester au contrôle et gérer ce passage qui donne l’impression qu’on vous déchire les entrailles. Voici maintenant huit heures qu’elle fait face, sans jamais se plaindre, sans crier, sans même prier pour que ça s’arrête. Au contraire, elle donnerait tout pour que ce moment soit sans fin. Son sentiment d’être vivante n’a jamais été aussi puissant qu’à cet instant.
Niveau de satisfaction : 
(3 / 5)











