Fatal – Johanne Seymour

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2025 (Libre Expression)
Genres : Suspense, psychologique
Personnage principal :
Camille Ladouceur, responsable des événements spéciaux chez Sinclair-Volt

 

C’est le quatrième roman que je lis de cette femme-orchestre (scénariste, réalisatrice, comédienne, organisatrice) qu’est Johanne Seymour. Dans les histoires qu’elle raconte,  la dimension policière n’est pas nécessairement la plus importante. Tout en abordant des thèmes souvent délicats (le monde des gais, les tentatives d’intégration des Chinois immigrés dans la vie montréalaise, les néo-nazis ici et aujourd’hui), Seymour aime bien développer des problématiques psychosociologiques.

Dans ce roman-ci, par exemple, tout tourne autour de femmes séduites, manipulées, violentées et terrorisées par des hommes. C’est ainsi que Camille Ladouceur a été traitée il y a vingt ans et elle ne s’en est jamais vraiment remise. Après avoir rencontré le gentil Étienne Fortin, elle connaît un court répit, mais elle a l’impression de plus en plus forte que Luc Dupré, ce pervers narcissique qui l’avait accablée, s’efforce de se rapprocher d’elle en commençant par charmer son collègue Sugar Taylor et sa bonne amie Amélie.

Pendant ce temps, le sergent Daniel Jasmin et la sergente-détective Kim Tran enquêtent sur des meurtres possibles dans lesquels serait impliqué Dupré. Mais ce fin manipulateur s’en est toujours bien tiré : il est riche et sa réputation le place au-dessus de tout soupçon. D’où sa certitude de finir par mettre la main sur Camille pour lui faire chèrement payer le fait qu’elle l’ait quitté et qu’elle ait perdu son enfant (suite à des coups de pied dans le ventre), alors qu’elle était enceinte et n’avait pas encore vingt ans.

À la Fête de l’Équinoxe qui a lieu chez Sinclair-Volt, tout est en place pour le dénouement : Dupré s’enferme dans un ascenseur avec Camille, alors que ses amis et les forces de l’ordre fouillent le grand magasin de fond en comble.

Dans la section Remerciements, Seymour remercie son père « de m’avoir enseigné à me protéger ». L’essentiel du roman illustre les sévices dont souffre une victime de harcèlement vingt ans après. C’est là un sujet cher à l’auteure. Dans ses romans, les femmes ont habituellement un plus beau rôle que les hommes. L’intrigue policière apparaît un peu comme un prétexte pour illustrer les difficultés du couple (Juliette et Hugues), les pièges de la solitude (Amélie) et les dommages quasi irréversibles dont souffrent les victimes du harcèlement.

Extrait :
14 février 2005
« C’est ton cadeau de Saint-Valentin, dit Julie (c’était le nom de Camille à cette époque). Tu vas être pap… »
Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Luc s’était emparé du bouquet qu’elle avait déposé dans un vase sur la table, et la fouettait au visage avec les fleurs. Comme elle tentait de se protéger des assauts répétés, ses bras, à l’instar de son visage, se couvrirent de lacérations infligées par les épines des roses (…). Étourdie par la logorrhée qu’il lui servait, ainsi que par ses coups répétés, elle perdit conscience et s’écrasa au sol.

Niveau de satisfaction :
3.4 out of 5 stars (3,4 / 5)

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