Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2025 – HarperCollins
Genres : Judiciaire, roman noir, thriller
Personnages principaux : Alano Garcia, avocat – Vincent Sauriol, accusé de six viols
Alano Garcia est un bon avocat, il a remporté de nombreux procès, mais ce qu’il veut c’est être un grand avocat. Alors quand on lui propose de défendre Vincent Sauriol, accusé de six viols avec actes de barbarie, il y voit l’occasion qu’il attendait pour franchir une étape supplémentaire vers la notoriété. D’autant plus que l’accusé a tout du gentil garçon : il s’occupe seul d’une mère malade et en plus il a une vraie gueule d’innocent avec son visage de grand enfant un peu naïf. Mais voilà, il a contre lui un faisceau de preuves accablantes. Alano va devoir sortir le grand jeu pour l’innocenter, car il a contre lui un adversaire qui compte bien utiliser les résultats d’une enquête de police qui a fourni un grand nombre de solides éléments à charge.
Les personnages principaux sont l’avocat et son client. Alano Garcia, vient d’une famille modeste où les fins de mois étaient difficiles, les études de droit ont été pour lui l’occasion de s’extraire de son milieu social. Il a étudié deux fois plus que les autres, travaillé deux fois plus que les autres, sacrifié deux fois plus. Il avait une telle revanche sociale à prendre que ça tournait à l’obsession. C’est ainsi qu’il est devenu avocat. Un avocat redoutable, cynique, plein de pognon et d’amertume. Ce procès va faire de lui un meilleur avocat et surtout un homme meilleur. C’est ainsi que, pour la première fois, il éprouve de l’affection pour un client. Il va même jusqu’à le considérer comme un fils.
L’accusé, Vincent Sauriol, est le visage même de l’innocence : il semble à peine sorti de l’adolescence, il travaille de nuit pour pouvoir s’occuper le jour de sa mère atteinte de sclérose en plaques. Et pourtant les preuves contre lui sont solides : il y a des témoignages, des vidéos de caméras de surveillance et même des relevés d’ADN. Est-il possible que Vincent soit le violeur, celui qu’on appelle Chien fou parce qu’en plus des sévices, il mord aussi ses victimes ? Alano ne le pense pas, il fera tout pour convaincre les jurés.
L’intrigue est construite de façon maline et astucieuse. L’autrice nous balade en beauté avec une grande maîtrise. L’histoire se déroule dans deux lieux distincts : la ville de Bordeaux où a lieu le procès et à Malameria en Andalousie où se sont retirés l’avocat et son épouse. Il faut atteindre la dernière partie du roman pour comprendre les raisons de cet éloignement.
Au passage, l’autrice dénonce le martyre subi par les chiens galgos en Espagne. Ce sont des lévriers élevés pour la chasse au lièvre. Une chasse sans fusil : le chien doit attraper et rapporter le lièvre à son maître. Si un galgo ne revient pas avec le lièvre dans sa gueule, son maître considère qu’il est coupable de l’avoir humilié. Le chien doit alors payer, on le fait alors mourir de diverses façons, toutes plus ignobles les unes que les autres. Les galgos sont considérés comme des outils de travail, des instruments de chasse, ils ne sont pas considérés comme des animaux, on peut en faire ce que l’on veut.
Avec une intrigue maîtrisée nous réservant quelques belles surprises et des personnages complexes et ambigus, Max Monnehay nous offre un excellent roman judiciaire qui tourne au thriller dans une seconde partie sous haute tension.
Extrait :
Ce procès avait fait de moi un meilleur avocat, c’était une certitude. Mais, plus important encore, il avait fait de moi un homme meilleur. Moins cynique. Moins égoïste. Plus empathique.
Et c’était à ce petit jeune homme dans le box des accusés que je le devais. À ce petit jeune homme que je m’étais mis à considérer comme mon frère d’adoption. Et même parfois comme mon fils, pour être tout à fait honnête.
Niveau de satisfaction : 
(4,5 / 5)
Coup de cœur ![]()


2025







