Froid d’enfer – Richard Castle

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2011 (Heat rises)
Date de publication française : 2012 (City Editions)
Genres : Enquête, thriller
Personnage principal : Nikki Heat, inspecteur à la police de New York, Jameson Rook, journaliste

Ne perdons pas trop de temps sur l’identité de la personne qui se cache derrière le pseudonyme de Richard Castle. Castle est, en réalité, le nom de l’écrivain newyorkais, conseiller de la police de New York, particulièrement de la jolie Kate Beckett, dans la série télévisée américaine Castle qui, depuis 2009, a connu plusieurs bonnes saisons à la télévision française. Les romans ont, semble-t-il, été conçus à partir de la série. Castle est devenu le journaliste Jameson Rook, et Beckett est devenue la policière Nikki Heat. On a attribué le nom de Castle à l’auteur de cette série de romans, mais le mystère plane encore sur l’identité réelle de l’auteur. Si vous commencez à vous sentir un peu mêlé, attendez de lire le roman !

Le père Gerald Graf est retrouvé torturé à mort aux Délices du donjon. Le chef et mentor de Nikki Heat, le capitaine Montrose, a depuis quelque temps des comportements bizarres : il devient suspect d’on ne sait quoi aux yeux des autorités policières et il se mêle d’orienter les démarches de Nikki dans l’enquête de la mort du père Graf, ce qui n’est pas coutume. Pourquoi Horst Meuller, le Danseur du Chaud Show, a-t-il essayé d’étrangler Graf et menacé de le tuer ? Et, au moment où Nikki venait interroger le danseur, qui a tiré sur lui et pourquoi? Puis, on découvre que le père Graf était sympathisant de Justicia aguarda, rebelles armés qui militaient pour les opprimés de Colombie. Y a-t-il un rapport entre cette activité et le fait que Graf gardait cachée une grosse somme d’argent ? Nikki établit aussi un rapport entre les blessures de Graf et celles du jeune Huddleston abattu quelques années auparavant, cas sur lequel Montrose semblait vouloir revenir. Qui a le pouvoir de démettre Nikki Heat de ses fonctions et d’où sort l’escadron de professionnels qui cherchent à la tuer dans Central Park?

Vient un temps où Nikki Heat ne sait plus où donner de la tête, et nous non plus. A part quelques moments de répit pendant lesquels Nikki et Jameson réfléchissent en baisant (ou l’inverse), ça n’arrête pas : on ne compte plus les entrevues, les poursuites, les fuites; les personnages se multiplient; grâce aux ordinateurs et à internet, on découvre des informations qui nourrissent des hypothèses variées et variables. Un rebondissement n’attend pas l’autre. Notre héroïne est souvent mal prise, mais il y a du Tintin en elle, et on se doute bien qu’elle va finir par s’en sortir; elle aussi d’ailleurs. Probablement que tout ça passerait mieux au cinéma. Essayer de rassembler toutes ces péripéties dans un gros livre a pour effet de perdre et de lasser le lecteur, même si les pièces de cet énorme puzzle finissent par se mettre en place. Il y a aussi que le charme de Jameson Rook et le sex appeal de Nikki Heat passent mieux à l’écran.

Extrait :
Le truc à New York, c’est qu’on ne sait jamais ce qu’on va trouver derrière une porte, se disait une fois de plus l’inspecteur Heat en se garant dans la 74e au niveau d’Amsterdam, devant les vitrines balayées par les gyrophares de sa Crown Victoria et de l’ambulance. Nikki savait, par exemple, que la porte anodine du caviste cachait une déco tout en beige et ocre imitant l’intérieur d’une cave, où les bouteilles s’empilaient dans des niches ornées de pierres de rivière importées de France. Sur le trottoir d’en face, la porte d’une ancienne banque de l’époque de Roosevelt donnait sur un escalier en colimaçon qui descendait vers une immense salle de base-ball envahie, les samedis et dimanches après-midi, par des jeunes joueurs rêvant de ligue majeure et les enfants venus fêter leur anniversaire. Pourtant, ce matin-là, la plus banale de ces portes − celle en verre dépoli sans la moindre trace d’enseigne, avec juste un numéro autocollant or et noir acheté chez le quincailler pour indiquer l’adresse au-dessus − allait s’ouvrir sur l’un des intérieurs les plus inattendus de ce quartier tranquille.

New York sous la neige

Niveau de satisfaction :
(3,5 / 5)

 

 

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Drone Land – Tom Hillenbrand

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2014 (Drobnenland)
Date de publication française : 2017 chez Piranha
Genres : Enquête, thriller, Science-fiction
Personnage principal : Aart van der Westerhuizen, inspecteur-chef d’Europol

Westerhuizen est inspecteur-chef d’Europol. Il est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un député du parlement européen. Avec l’aide de Terry, le super-ordinateur omniscient de la police, la résolution de cette affaire ne devrait pas traîner. Cependant les implications politiques rendent l’affaire plus complexe que prévue. Un suspect finit par être identifié, c’est un anarchiste qui prône le refus d’intégration européenne. Ce suspect est accidentellement tué par un drone hors de contrôle. L’enquête semble terminée mais Westerhuizen n’est pas satisfait, il soupçonne l’intervention de groupes beaucoup plus puissants qu’un petit activiste, d’autant plus qu’il va découvrir qu’il y a eu manipulation des données utilisées par le super-ordinateur. Son entêtement à vouloir comprendre tous les tenants et aboutissants de l’affaire va le mettre en danger.

L’intrigue se déroule dans un futur proche. Si la façon dont se déroule une enquête n’a pas beaucoup évoluée, la technologie au service des policiers s’est considérablement développée. Le chef est toujours irascible et exigeant, il y a encore les pressions de la hiérarchie qui, elle-même, subit les contraintes politiques. Mais maintenant notre inspecteur-chef est assisté d’une analyste chargée du dialogue avec Terry, le super-ordinateur capable de répondre à toutes les questions, de faire des prévisions, des historiques, le tout instantanément … Bref, Terry l’ordinateur sait tout ! Par contre il ne comprend pas l’humour et les sarcasmes, là il demande de reformuler la question. Autre grand progrès, mis à part la prolifération des drones, de toutes tailles et de toutes fonction, c’est la possibilité d’entrer dans un monde virtuel qui recrée exactement les scènes de crime passées. Et ce n’est pas tout : on peut aussi, pour les gens accrédités, se dédoubler dans un mirrorspace, un espace virtuel parallèle à notre univers physique. Tout ce déploiement technologique rend les opérations policières beaucoup plus efficaces, d’autant plus que la surveillance est omniprésente et les données récoltées en nombre considérable. De puissants ordinateurs les exploitent. On connaît tout sur tous … enfin presque ! L’ambiance futuriste s’accompagne d’un vocabulaire spécifique : reflets, specs, colibris, mollys, mirrorspace. Je n’insisterai pas sur la théorie du rasoir d’Ockham ou sur l’anomalie de Markov aussi évoquées dans le livre.

Le cadre est celui des environs de Bruxelles mais de grands changements climatiques se sont produits : outre qu’il ne cesse de pleuvoir, une partie de la Hollande a disparue sous les eaux et la montée des eaux continue.

Hillenbrand ne s’en tient à cet aspect futuriste, il montre aussi ce qui reste immuable : le jeu politique et la soif du pouvoir. Dans le contexte d’un vote pour une nouvelle constitution européenne, il y a ceux qui veulent conserver leurs prérogatives qui s’opposent à ceux qui souhaitent une redistribution des cartes. Les indécis, dont on ne connaît pas les intentions, représentent une incertitude que certains vont s’efforcer de lever de façon définitive.

Drone Land est à la fois une enquête traditionnelle par son déroulement mais aussi une investigation futuriste par l’utilisation de nouvelles technologies. C’est un roman dense et captivant qui aborde avec bonheur de nombreux domaines : les évolutions technologiques, la surveillance généralisée, la géopolitique, les changements climatiques.

Extrait :
Bien. Il y a une bonne dizaine d’années, lorsque le programme Tares a été mis en œuvre dans les territoires occupés par l’Union, certains programmeurs ont compris qu’avec les impressionnants volumes de données en temps réel que nos capteurs relevaient dans les recoins les plus obscurs et qu’on enregistrait sur des espaces de stockage, on pouvait concevoir une copie du monde, un monde virtuel. Ces programmeurs, et surtout un type génial du nom de Peter McDoyle, travaillaient pour Tallan Consolidated. Ils ont construit les premiers prototypes. Lorsqu’ils les ont présentés aux chefs d’états-majors de l’Union ainsi qu’aux responsables de la RR, ils n’en sont pas revenus. La perspective de pouvoir envoyer des espions invisibles dans presque tous les endroits du monde laissait entrevoir un pouvoir immense. Les militaires voulaient ces fantômes, et le plus vite possible. On leur a accordé un budget considérable et les équipes de McDoyle se sont mises au travail. Deux ans plus tard, les premiers esprits ont commencé à se déplacer dans le mirrorspace. Comme je le vois à votre regard impatient, vous connaissez déjà cette partie de l’histoire. Un sourire narquois s’affiche sur son visage.

Niveau de satisfaction : 
(4,3 / 5)

 

 

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La Daronne – Hannelore Cayre

Par Marielle Pondevy Moënne-Loccoz

Date de publication originale : 2017 (Métailié)
Genre :
Roman noir atypique
Personnage principal : Patience, veuve Portefeux (La Daronne)

Si vous examinez consciencieusement la couverture de La Daronne vous vous rendrez compte que c’est Hannelore Cayre qui pose au milieu de deux sacs Tati. Son expérience du milieu judiciaire (elle est avocate pénaliste) transparaît au fil des pages, dans ce roman. La Daronne nous propose une immersion au sein du milieu des interprètes judiciaires, des écoutes des stups, de la magistrature… Mais il nous offre bien plus que ça. Ce Polar tente de répondre à des questions sociologiques préoccupantes sur la place de nos aînés, la fin de la vie, et le rôle de l’argent comme moteur de nos actions. Tout cela, avec un ton sarcastique et humoristique, une bonne dose de noir très noir et des anecdotes qui semblent si vraisemblables qu’on est en doit de s’interroger sur le bon fonctionnement de notre machine judiciaire.

Le personnage central : Patience Portefeux, cette petite Madame, comme Hannelore Cayre l’a décrite elle-même semble éminemment familière : elle est confrontée au même soucis que bon nombre d’entre nous et tente de faire face à sa manière singulière. Il y aura bien quelques victimes collatérales mais qu’aurions nous fait à sa place ???
Patience est née dans une famille où l’argent, gagné principalement de façon malhonnête, occupe une place prépondérante. Mais quand elle devient veuve Portefeux avec deux filles en bas âge, elle se voit contrainte de travailler énormément pour assurer la survie de ses proches. Interprète Franco-arabe non déclarée pour le Ministère de la justice, elle enchaîne les heures et progresse en raison de sa nationalité française, à un moment où tout Arabe est considéré comme un potentiel terroriste. Elle traduit de son domicile les écoutes de la Brigade des stups et tombe accidentellement sur des informations relatives à un trafic de résine marocaine. Patience Portefeux doit, dans ce même temps, gérer la dégradation de l’état de santé de sa mère placée dans une EPHAD.

Les événements s’enchaînent très rapidement, Patience, qui a, jusqu’alors, servi la justice à temps complet, se retrouve grâce à son chien ADN, en possession d’une importante cargaison de cannabis. Elle se crée alors un personnage : La Daronne… et va incarner le rêve de sa mère : la Juive intrépide…

Ce Polar n’est pas qu’un roman de plus sur la drogue. C’est avant tout une incursion dans le milieu judiciaire. Et La Daronne, bien que le personnage central du roman, laisse la part belle à une multitude de personnages secondaires, furieusement attachants : les pensionnaires de l’EPHAD Les Éoliales, Madame Fò (la voisine chinoise de Patience), Philippe (son fiancé flic), Afid (un jeune trafiquant bien sous tout rapport…

En bref, un très bon moment de lecture pour moi en dépit d’une fin qui, seul bémol, ne m’a pas complètement convaincue !

Extrait :
Votre maman est une survivante des camps…
– Et après ?
– L’éthique nous commande de nous appuyer autant que nous le pouvons sur la volonté des malades même s’ils ne sont pas en état de la formuler expressément. Je pense que lorsque l’on a survécu à une épreuve pareille, renoncer à vivre paraît inenvisageable. J’aurais personnellement opté pour la sonde gastrique.

En semaine, leurs journées commencent vers quatorze heures et se terminent à trois heures du matin. Elles se résument à des va-et-vient en scooter ou en Smart entre leur point de réapprovisionnement et de deal et leur bureau sis au kebab du coin ou à la salle de sport.
Si j’avais à les filmer dans leurs activités, je mettrais en fond sonore What a worderful world de Louis Armstrong.

Louis Armstrong – What a Wonderful World

Niveau de satisfaction :
(4,5 / 5)

 

 

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Chemin de croix – Hervé Gagnon

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2017 (Libre Expression)
Genres : Enquête, noir
Personnage principal : Patrick Kelly, détective privé

Hervé Gagnon nous a conquis avec ses polars d’enquête mettant en vedette le journaliste Joseph Laflamme. L’action se situait à la fin du XIXe siècle et, en bon historien, Gagnon nous trimballait dans ce Montréal fin de siècle, dont nous reconnaissons certains vestiges encore aujourd’hui. Changement de cap avec le roman Chemin de croix, très contemporain, avec le détective (et ex-policier) Patrick Kelly.

L’histoire se situe toujours à Montréal, et Gagnon ne se gêne pas pour remettre en question le succès de cette ville dite intelligente, en la comparant à des villes syriennes victimes de bombardements. Partout des cônes rouges, partout des nids de poule et maintenant des ventres de bœuf; plus un transport en commun insuffisant. On reconnaît bien notre ville.

Entre le début du XXe siècle et aujourd’hui, le roman américain est passé, et Patrick Kelly s’inscrit assez bien dans cette mouvance. Ce n’est pas encore un paumé mais, sous prétexte de dégustation, il écluse bon nombre de scotchs; avec difficulté, il partage la garde de sa fille et n’est pas vraiment diplomate ni avec elle ni avec son ex; il meuble sa solitude avec des musiques de blues. Somme toute, c’est un gars fermé pas très sympathique. Comme détective, il se contente de traquer les maris volages, les petits fraudeurs, les mauvais payeurs. Une sorte d’antihéros.

Survient Claire Black, une religieuse dans la trentaine : elle lui demande de retrouver un vieux crucifix qui aurait déjà servi à invoquer le diable, et qui aurait pu être récemment volé par un groupe de fanatiques voués au culte de Satan. Ce genre de problèmes n’intéresse vraiment pas Kelly, mais la somme d’argent qui lui est offerte est irrefusable. Il rencontre un indic à la Place Émilie Gamelin qui l’oriente vers des appartements désaffectés où auraient lieu des messes noires. Des jeunes filles sont retrouvées droguées et égorgées, un crucifix enfoncé dans le vagin. Des personnes âgées ont été écorchées dans des églises. Les deux sortes de crimes semblent liées. Violemment tabassé et perturbé par les sautes d’humeur de sa fille, Kelly veut abandonner. Mais Claire joue de ses charmes et de son argent. Il décide donc de persévérer.

Des questions le hantent : pourquoi les adorateurs de Satan l’ont battu et que leur chef ait interdit qu’on le tue ? Pourquoi Claire tient-elle tellement à ce maudit crucifix en bois, sans valeur même pour un antiquaire ? Et où est donc passée sa fille?

Gagnon se laisse aller à partager avec nous ses fantasmes transgressifs, intégrés dans une histoire complexe aux multiples ramifications. Son art des rebondissements nous bouscule un peu mais, comme c’est bien écrit et que les descriptions des lieux reflètent la réalité, le lecteur est aisément entraîné dans un courant démentiel et pourtant cohérent. Évidemment, je me suis un peu ennuyé de Joseph Laflamme et de ses complices, d’autant plus que ce Montréal-là avait le charme suranné des choses désuètes. Par contre, ce Patrick Kelly pourrait être le petit-fils de Sam Spade, de Philip Marlowe ou de Mike Hammer. Les amateurs du roman d’enquête américain, variante québécoise, se sentiront chez eux.

Extrait :
Kelly s’éveilla en sursaut en ayant l’impression de manquer d’air. La voix de la fillette et le ronflement des flammes semblaient encore résonner sur les murs de sa chambre. Son cœur s’était emballé et il avait froid. Dehors, le jour s’était levé. Sur la table de chevet, son portable sonnait. Il le prit. Il indiquait 8h 12. Il répondit
− Pat ? C’est Stéphan.
− C’est juste un hasard ou tu le fais exprès pour me réveiller ? ronchonna-t-il, heureux de penser à autre chose.
− Tu sais bien que je le fais exprès. Qu’est-ce que tu voulais ?
− J’ai un meurtre à te signaler. Enfin, je crois.
Il passa la demi-heure suivante à raconter à Doré ce qu’il avait découvert dans le squat. Après avoir mis son portable sur le haut-parleur, il lui fit parvenir ses photos et sa vidéo. Il omit de mentionner le crucifix de 1742.
− Pis qu’est-ce que tu foutais là, au juste ? s’enquit Doré.
La veille, Kelly avait préparé une histoire totalement crédible − pas un mensonge, mais une restriction mentale − qui lui permettrait de garder le nez de son ami hors d’une lucrative enquête.
− Je cherchais un sans-abri qui détenait possiblement des renseignements qui me seraient utiles, dit-il. Il n’était pas là, finalement.
− Ouais… OK. Mettons… lança son vieux copain, sceptique. Je vais envoyer une équipe. T’as touché à rien, j’espère ?
− J’ai fait très attention, enquêteur Doré.
− Je suppose que je devrais te remercier de l’avoir signalé. T’étais quand même pas obligé. Des satanistes… Tabarnak… soupira le policier.

Place E Gamelin

Niveau de satisfaction :
(4,3 / 5)

 

 

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Le pain perdu – Pierre Pelot

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 1974 (G.P.) – Réédition 2016 (Bragelonne/Milady)
Genre : Roman noir
Personnage principal : Lou Carmaux, de retour chez lui après 10 ans de prison

Lou Carmaux est de retour chez lui après dix ans de prison. Il a été condamné suite à une bagarre de bal qui a mal tourné, il a tué accidentellement son adversaire. Lou retrouve la maison familiale abandonnée. Ses anciens amis d’enfance ne sont pas vraiment ravis de le revoir, sauf celui qu’ils surnomment Patte-folle, qui n’était pas pourtant son plus proche copain. Et puis il y a la tribu Millot : le père, la mère, cinq frères et une sœur. C’est de cette famille qu’il a tué un des enfants. Ils n’ont pas oublié, bien sûr. Ils espéraient même qu’il reviendrait. Maintenant il est là. Il y a des comptes à régler.

L’intrigue est simple : un ancien taulard revient dans le village de son enfance et se heurte au désir de vengeance de la famille de sa victime. Le roman est court (150 pages) mais dense. L’accueil que reçoit Lou et ses rapports avec les gens du village sont subtilement analysés. L’amitié, les rapports humains et leur évolution dans le temps sont aussi intelligemment décrits. Il y a également une belle réflexion sur le passé, sur l’impossibilité de retrouver ce que l’on a laissé. On ne retrouve pas, on recommence. Tout est à reconstruire.

Ce roman est un mélange de nostalgie et de violence. La nostalgie est symbolisée par la recette du pain perdu, une recette ancienne, la seule qui soit une affaire d’homme, c’est en général le père qui s’en occupe : du pain rassis, du lait, des œufs, des épices … et il faut que ça fume ! La violence c’est celle de la vengeance. Même si Lou a payé, pour les parents de la victime ce n’est pas assez puisque lui est vivant alors que le fils, le frère, est mort. Une ambiance semblable à celle du western est alors mise en place par l’auteur.

Le pain perdu est un roman d’une grande humanité qui, sous l’aspect de la simplicité, aborde des thèmes aussi complexes que l’amitié, le passé, la vengeance, la paternité.

Ce livre a été adapté pour la télévision par Pierre Cardinal en 1977.

Extrait :
Le passé, dit-il, ça n’existe plus. Je le sais, maintenant. On veut recommencer en s’accrochant à ce qui reste d’avant, et ce n’est pas possible. Parce que toujours, ce qui reste, c’est avant, justement. Tu comprends ?

— Dis pas de bêtises, Lou.
— Non, Janot, c’est pas des bêtises.
Il baissa les yeux, et Patte-Folle aussi – il n’y avait que sa sœur pour l’appeler Janot, parce qu’un jour il lui avait avoué qu’il n’aimait guère son surnom.
— C’est pas des bêtises… Que tu te souviennes dans n’importe quelle direction, à un moment donné il y a le trou. Il y a ce qui sépare avant de maintenant.
Lou eut un sourire forcé. Il soupira et dit :
— Tu sais pourquoi je suis revenu ? Pour mon gamin. Voilà. Pas pour Huguette, ni rien. Pas même pour les copains, Janot, ni toi ni un autre… C’était pour le gamin que j’avais jamais vu. Combien de fois je me suis dit : « Tu as un fils, mon vieux », et je m’écoutais pour savoir quelle impression ça faisait. Rien. Pas d’impression. Je me suis forcé, tu entends ? Avoir un fils, c’était des mots. Je me suis forcé pour que ça représente autre chose. Et, finalement, ça a représenté quelque chose…

Niveau de satisfaction : 
(4 / 5)

 

 

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Le 16e Gala du roman policier de Saint-Pacôme (Québec/Canada)

Par Michel Dufour

Cette soirée de Gala du 7 octobre 2017 mettait un terme à une fin de semaine bien remplie alors que, le vendredi soir, le chroniqueur judiciaire Claude Poirier a donné une conférence devant plus de 80 personnes à l’église de Saint-Pacôme. Le lendemain, la première édition du Salon du polar avait lieu : dès 10h30, le critique bien connu (et très estimé) Norbert Spehner a présenté les auteurs; une foule d’une centaine de personnes est venue entendre les conférenciers et rencontrer les personnalités et auteurs présents pour l’occasion.

Ce Gala a été l’occasion de remettre les prix Saint-Pacôme à plusieurs compétiteurs.

GRAND PRIX SAINT-PACÔME : Patrick Senécal, L’autre reflet (Alire)

C’est la deuxième fois que Senécal se mérite le prix : en 2007, son roman Le vide avait aussi été élu le meilleur roman policier de l’année.

« L’auteur confronte le processus de création, le rôle de la muse et questionne la société sur le prix du succès, le tout à travers la structure du suspense. Il propose un roman noir qui flirte avec l’horreur, alors qu’un auteur sans envergure est pris à plagier les scènes d’action d’une détenue», de mentionner Daniel Marois, président du jury et chroniqueur littéraire web au Huffington Post.

Les autres membres du jury étaient Robert Laplante, journaliste bédé et de littérature de l’imaginaire, ainsi que Lise Audet-Lapointe, grande lectrice et libraire à la retraite. Rappelons que les deux autres finalistes étaient Marie-Ève Bourassa pour Frères d’infortune publié chez VLB et Jacques Côté pour son polar Où le soleil s’éteint publié chez Alire. Chacun a reçu une bourse de 500$, gracieuseté de la Caisse Desjardins de l’Anse de La Pocatière et de Canadian Tire/La Pocatière et Montmagny.

Sang d’Encre Polars a déjà publié le compte rendu des romans de Bourassa et de Côté, celui de Senécal paraîtra bientôt.

PRIX SAINT-PACÔME JEUNESSE

Le Prix Saint-Pacôme Jeunesse a été attribué pour une deuxième année. Ce prix, qui récompense l’auteur du meilleur roman policier destiné aux jeunes de 10 à 16 ans, a été remis pour une seconde année à Laurent Chabin, pour son roman La maison du silence, publié aux éditions Hurtubise HMH. Une bourse de 1 500 $, offerte par la Municipalité de Saint-Pacôme, est également attribuée à ce prix.

PRIX SAINT-PACÔME INTERNATIONAL

Les Librairies indépendantes du Québec, coopérative qui regroupe sous la bannière Les libraires plus d’une centaine de librairies indépendantes à travers le Québec, sont un fier partenaire pour une troisième année de la SRPSP (Société du roman policier de Saint-Pacôme) en vue de la remise du Prix Saint-Pacôme International du roman policier. Ce prix de reconnaissance a été remis à Don Winslow pour Cartel paru aux Éditions du Seuil. Rappelons que, pour ce prix, le jury est composé de libraires membres de la coopérative.

Sang d’Encre Polars a aussi recensé ce roman de Winslow.

PRIX JACQUES-MAYER (meilleur premier polar)

Ce prix a été attribué à Eric Forbes pour Amqui (Héliotrope).

Compte rendu publié dans nos pages.

PRIX COUP DE CŒUR

Remis pour la toute première fois par le vote du grand public via le nouveau site Internet de la SRPSP. Ce prix a été a été décerné à Patrick Senécal pour L’Autre reflet.

PRIX DE LA RIVIÈRE OUELLE (de la nouvelle policière)

Le premier prix est allé à Madame Sonia Galopin de Québec pour sa nouvelle Loup solitaire.

Le deuxième prix a été accordé à Madame Chantal Lecours de Montréal pour son texte intitulé Lola.

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9e Festival international des littératures policières de Toulouse 2017 – Les prix décernés

Par Raymond Pédoussaut

Les prix attribués lors de cette édition 2017 :

Prix Violeta Negra

Ce prix récompense un polar traduit d’une langue du sud : espagnol, italien, portugais, grec, turc … ou autre langue du Sud.

Le Fleuve des brumes
de Valerio Varesi

 

Prix de l’Embouchure

Prix qui porte le nom du siège de la Police Judiciaire de Toulouse. Il est décerné par l’Amicale du Personnel de la Police Nationale.

 L’affaire Jane de Boy
de Simone Gelin

 

Prix Thierry Jonquet de la nouvelle

Le thème imposé en 2017 était la photo d’une œuvre exposée au musée Paul Dupuy de Toulouse dont le concurrent devait s’inspirer librement :

Montre de Pierre BERGIER, en forme de vanité, Paris, vers 1650, boîte et cadran en argent, dimensions H:3,4cm, L:3,2cm © Musée Paul Dupuy

Le 1er prix est attribué à Patricia Portmann pour
                     Faux et usage de faux

Tous les détails sur le site Toulouse Polars du Sud

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Divine Providence – Donald Westlake

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 1967, 1995 (God Save the Mark )
Date de publication française : 2008 (Payot et Rivages/Noir, nouvelle traduction par rapport à celle du Pigeon récalcitrant, Gallimard 1968)
Genres : Noir mais aussi amusant – thriller
Personnage principal : Fred Fitch, homme ordinaire

Dans le monde francophone, on connaît Westlake surtout à partir de bons films tirés de ses romans : Le couperet, de Costa Gavras, Mise à sac d’Alain Cavalier, La divine poursuite de Michel Deville et Made in USA de Godard (bien que, dans ce cas-ci, on ait plus affaire à un Godard qu’à un Westlake). Westlake a commencé à publier des romans en 1960; le succès est venu avec La divine providence, en 67, qui lui a valu l’Edgar du meilleur roman policier de l’année.

Fred Fitch est un gars bien ordinaire, loin d’être idiot, mais absolument naïf, un maudit bon gars ou une sacrée bonne poire, c’est selon. Depuis le jour où il est revenu de l’école sans pantalon, qu’il avait échangé contre on ne saura jamais quoi, on n’a pas cessé de lui monter des bateaux. Fred se sait crédule et promet toujours de se méfier; pourtant, il retombe inlassablement dans la naïveté comme d’autres dans l’alcool ou la drogue.

Quand on lui apprend qu’il vient d’hériter de 300 000$ de son oncle Matt, sa méfiance se manifeste avec d’autant plus de force qu’il n’a pas d’oncle Matt. Pourtant, l’avocat de son oncle, chargé de régler les questions testamentaires, l’assure que c’est vrai. Cet avocat est quand même un drôle de zigue et Fred apprend que son oncle était un expert ès-arnaques. Il continue donc de se méfier, jusqu’à ce qu’il apprenne que son oncle s’est fait assassiner et qu’on se mette à tirer sur lui à partir d’une automobile noire aux fenêtres opaques. En croyant maintenant qu’il hérite, il croit qu’on veut le faire disparaître lui aussi. D’où des épisodes de poursuites et des personnages louches qui tentent de lui vendre des renseignements, dont un qui est retrouvé mort. Caché tantôt chez Karen, l’amie de Reilly, un chasseur d’escrocs, tantôt chez Gertie, ex-compagne apparente de l’oncle Matt, c’est finalement chez lui que Fred est le mieux protégé.

Comme il semble que des criminels, déjà floués par Matt, cherchent à récupérer leur argent par tous les moyens, Fred en vient à la conclusion qu’il devrait remettre cet argent à une œuvre de charité, et le faire savoir publiquement, pour avoir la paix. Alors qu’il s’apprête à léguer la somme héritée, un doute saisit Fred à la gorge : et s’il était en train d’être victime d’une formidable arnaque ?!

Ce qui fait le charme des héros de Westlake, c’est qu’ils sont assez lucides pour constater la situation ambigüe et dangereuse dans laquelle ils se trouvent. Fitch serait moins intelligent, on aurait affaire à une banale histoire de pigeon plumé par des profiteurs mal intentionnés. Alors que, dans ce cas-ci, Fitch n’est pas une victime passive : il tombe, se relève, retombe, se relève encore, apprenant un peu plus à chaque fois, et on se dit qu’il peut finir par se sortir de sa situation alambiquée. Ce n’est pas non plus un personnage tragique : il peut rire de lui-même et ne blâme pas les autres de ses gaffes. Ses rapports avec ses voisins sont corrects, et ses relations avec les femmes, marquées par une certaine méfiance, n’en sont pas moins fructueuses, même si l’arbre est lent à porter des fruits.

La force de Westlake, c’est aussi de multiplier les situations quasi inextricables dans lesquelles le personnage principal doit se débattre. Les rebondissements se suivent et ont un air de famille. Malgré tout, rien ne déconcerte longtemps Fred Fitch; on sent que l’auteur, amicalement , le manipule lui aussi avec un certain sourire, qui finit par nous gagner également.

Bref, c’est un roman qui nous fait du bien, à cause de certaines affinités qu’on partage avec Fred. Et, anticipant quelque déprime éventuelle, on se promet d’avoir un Westlake sous la main.

Extrait :
Ma vie a été une série sans fin de découvertes tardives. Les arnaqueurs me voient venir, déballent leur boniment et vont en rigolant s’offrir un steak au restaurant pendant que je me morfonds à la maison en me rongeant les ongles en guise de dîner. J’ai suffisamment de reçus inutilisables et de chèques sans provision pour en tapisser mon salon. J’ai acquis des kilomètres de tickets de participation à des tombolas, des matchs, des danses, des kermesses et des concerts de casseroles tous plus inexistants les uns que les autres. Mes placards sont pleins de petits appareils qui se sont arrêtés de produire des miracles dès que le vendeur a tourné les talons et, de toute évidence, mon nom doit figurer sur la liste des victimes en puissance de tous les arnaqueurs, empileurs, faisans et estampeurs de l’hémisphère Nord.

Central Park

Niveau de satisfaction : 

(4,5 / 5)

 

 

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L’exil des mécréants – Tito Topin

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2017 (La Manufacture de livres)
Genres : Science-fiction, aventures, société
Personnages principaux : Boris Prévert, journaliste – Soledad, son amie – Anissa, femme enceinte – Pablo, braqueur de banques

Dans un futur proche la théocratie mondiale sévit. Les réformés, les catholiques, les juifs, les sunnites, les chiites, sont tombés d’accord : l’ennemi c’est celui qui n’a aucune religion. Les livres saints remplacent les constitutions trop compliquées. Les religieux de tout bord exercent le pouvoir. La foi est obligatoire. Les païens, les hérétiques, les athées, les rationalistes, les libres-penseurs, les polythéistes, sont des mécréants qui doivent retrouver le chemin de Dieu en passant par les centres d’inoculation de la foi pour les cas les moins graves où quitter le pays, déchus de leur nationalité, leurs biens confisqués, pour les cas les plus critiques. Dans ce contexte Boris Prévert, journaliste, est recherché pour avoir commis le crime de dénoncer par voie de presse les activités pédophiles de Monseigneur le ministre de la police. Les sbires du prélat ont déjà liquidé sa femme et sa fille en faisant croire à un accident, mais lui a les ressources et la ruse nécessaires pour passer entre les mailles du filet. Dans sa fuite il va aider une femme, enceinte sans être mariée, ce qui est interdit par le nouveau pouvoir, avant de rejoindre son amie en Avignon. Mais la police retrouve sa trace, il doit poursuivre sa cavale vers l’Espagne et le Portugal, accompagné de Soledad, son amie de toujours, d’Anissa, qu’il a aidé à échapper à la police et d’un vieux braqueur de banques, Pablo, qui se retrouve embarqué malgré lui dans le groupe des fugitifs.

L’intrigue est celle d’un roman d’aventures : des fuyards sont traqués à travers une France soumise au pouvoir catholique puis en Espagne et au Portugal pas encore tombés sous la coupe des religieux. Outre le côté aventures, le roman contient une critique d’un pouvoir religieux qui rappelle l’Inquisition. L’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il se livre à un pamphlet au vitriol contre le clergé catholique qui a confisqué le pouvoir en France. Les prélats sont montrés hautains, méprisants, vaniteux, misogynes, criminels et pédophiles bien sûr. Rien que ça ! Mais heureusement le ton est celui de la satire et l’humour est toujours présent. Ce qui fait que, même si l’auteur force quelque peu le trait, le livre ne tourne jamais à la diatribe lourde et pesante. Au contraire, malgré le thème assez noir, le roman recèle une certaine légèreté, il est aussi plein d’énergie et de tonicité. Des dialogues percutants accentuent encore cette impression.

Les personnages sont hauts en couleurs : Boris Prévert est un gars coriace, débrouillard qui a un grand cœur : il n’hésite pas à prendre des risques pour sortir des griffes de la police une inconnue, Anissa, enceinte jusqu’aux yeux. Soledad, son amour de jeunesse, de parents émigrés espagnol, avec sa démarche de reine et sa grâce folle, est une fille qui n’a pas froid aux yeux. Et enfin Pablo, le vieux braqueur de banques, sait choisir une succursale à dévaliser, mais aussi comment se procurer une voiture ou trouver de l’or dans une église.

L’exil des mécréants allie le roman d’aventures plein d’énergie avec une critique virulente du pouvoir théocratique. L’humour, le cynisme parfois et le ton blasphématoire sont les autres composants d’un réel plaisir de lecture.

Extrait :
Sous l’impulsion des réformés aux États-Unis, des catholiques au Vatican, des juifs en Israël, des sunnites en Arabie Saoudite, des chiites en Iran, les États, lassés des guerres interconfessionnelles, ont décrété d’une seule voix que l’ennemi n’était pas celui qui pratiquait une autre religion que la leur, mais celui qui n’en avait aucune. Ainsi, la foi devenue obligatoire, les livres saints devenus constitutions, les païens, les hérétiques, les athées, les rationalistes, les libres-penseurs aussi bien que les polythéistes, tous réunis sous la dénomination de mécréants, ou de voltairiens, se sont vus pourchassés et condamnés à des peines d’intérêt religieux plus ou moins sévères selon leur degré d’impureté, ou enfermés dans des camps d’inoculation de la foi afin d’y retrouver l’esprit divin d’une des religions monothéistes ou des sectes s’y référant. Les réfractaires étaient déchus de leur nationalité, exilés, leurs biens confisqués.

Niveau de satisfaction :
(4,3 / 5)

 

 

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Annonce du 9e Festival international des littératures policières – Toulouse 2017

La 9ème édition du festival international des littératures policières de Toulouse se tiendra du 6 au 8 octobre 2017.

Programme 2017

Plus de cinquante auteurs présents, venus comme chaque année d’horizons lointains et différents : France, Espagne, Argentine, Italie, Roumanie, Belgique, Québec, Norvège, Pérou, Etats-Unis…

Tous les détails sur le site Toulouse Polars du Sud

Bande annonce du festival :

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