Je tue les enfants français dans les jardins – Marie Neuser

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2011 (Éditions L’Écailler)
Genre : Roman noir
Personnage principal : Lisa Genovesi, professeur d’italien dans un collège difficile

« N’essayez même pas de faire cours, mademoiselle. Sauvez votre peau. » C’est ce que dit l’inspecteur d’académie à Lisa Genovesi. Lisa a 28 ans, elle est professeur d’italien dans un collège difficile de Marseille. Elle ne vit réellement que deux jours par semaine : le samedi et le dimanche. Les autres jours elle doit subir les injures, les menaces de ses élèves. En bon petit soldat de l’Éducation Nationale, elle fait face, cache sa peur et son angoisse, essaie quand même de faire cours. Ainsi se déroule son année scolaire, dans l’indifférence des collègues, de la hiérarchie et des parents, jusqu’à ce qu’un des meneurs de la petite horde que forment ses élèves aille un peu trop loin dans ses manœuvres d’intimidation. Alors, pour se protéger elle et sa famille, elle va réagir, de façon toute aussi inattendue que radicale.

Y-a-t’il encore des gens qui pensent que les enseignants sont des privilégiés ? Si c’est le cas il faut qu’ils lisent ce roman. L’auteure leur fera partager le quotidien d’un professeur de collège. Et c’est assez terrible ! D’autant plus que le professeur est une jeune femme fragile et jeune, que ses élèves ont 15 ans, que des garçons rivalisent pour s’imposer à ses dépends en tant que chef de meute, que des filles les excitent en portant des tenues plus que légères. Affirmer qu’ils n’ont aucun respect pour elle est peu dire : les insultes et les menaces sont courantes. Une seule de ses élèves suit ses cours avec intérêt et application, elle est d’origine étrangère, elle porte un voile. Mais si au moins elle pouvait compter sur le soutien du directeur ou même de ses collègues, s’il y avait un tant soit peu de solidarité entre membres de l’institution, ce serait un peu réconfortant. Mais non, le directeur reste planqué dans son bureau, laissant les profs aller seuls au combat tels des petits gladiateurs. Pire il considère que c’est Lisa qui crée dès problèmes en étant incapable de faire respecter la discipline. Ce genre d’attitude annonçait, dès 2011, le mouvement qui a agité récemment l’Éducation Nationale : sous le mot clé #Pasdevagues les enseignants ont dénoncé les violences dont ils sont victimes et la passivité de leur hiérarchie. Les collègues ont leur propres problèmes à régler pour ne pas avoir à s’occuper de ceux des autres. Quant aux parents, démissionnaires et incapables de se faire obéir par leurs enfants, que peut-on leur demander ?

Lisa est d’autant plus dépitée qu’elle est entrée dans ce métier suivant les traces d’un père lui-même instituteur, mais à une autre époque. Une époque où il allait au travail joyeux et serein, où les marques de respect et même d’affection de la part des élèves étaient nombreuses. Le métier était alors épanouissant, l’enseignant était considéré comme un notable. C’était un autre monde qui a disparu. Aujourd’hui Lisa exerce sous les crachats et les injures. Elle part au travail comme on va à la guerre. Seule face à ses élèves et à ses difficultés. Elle va trouver, seule, la façon de les régler. Façon qui n’est pas enseignée dans les manuels de formation des enseignants, mais sacrément efficace !

Le long titre donne une mauvaise idée de l’œuvre. Ici il n’est pas question de tueur en série opérant dans des jardins d’enfants. Il est tiré d’un fait divers anecdotique datant du début du XXe siècle. Ne vous laissez donc pas abuser ou repousser par ce titre alambiqué.

Faire du récit des malheurs d’une prof d’aujourd’hui un polar tendu et puissant est une performance. C’est que qu’a parfaitement réussi Marie Neuser dans ce livre court mais percutant. Il y a de la tension, du suspense, de la noirceur, ingrédients d’un excellent roman noir. Belle écriture incisive aussi. L’auteure sait de quoi elle parle puisqu’elle est enseignante à Marseille et que certaines scènes du roman sont si réalistes qu’elles doivent être tirées de son propre vécu.

Extrait :
Je suis charmante et souriante, ma voix est posée ; je ne pense pas que je serai agressive ce soir, je n’en ai absolument pas la force. Les mots du type me font l’effet de notes dissonantes à mon oreille, d’un léger mistral de conneries banales contre lesquelles il est inutile de mener croisade. Je parie en mon for intérieur que, dans cinq minutes, il va me sortir le doux refrain des vacances. Et paf, ça ne rate pas : de toute façon ils se plaignent de quoi les profs, avec leurs quatre mois de vacances ? Ils se plaignent tout simplement d’être constamment en danger – je réponds au beau monsieur –, de partir travailler le matin avec la peur au ventre, de se faire cracher à la gueule toute la journée, de devoir tenter de maîtriser par groupes de trente des gamins que les parents ne parviennent même pas à faire obéir individuellement, de se faire insulter et menacer chaque jour, et de rentrer à la maison avec des tonnes de travail qui ne leur permettent même pas de se reposer le week-end, quand ce n’est pas avec des points de suture. Et tout en parlant, je lui montre, en soulevant un peu ma frange, la vilaine estafilade rose qui m’enlaidit. Puis je dis au type, enfin, cette phrase que je rêve d’articuler depuis si longtemps : Venez cher monsieur, venez me remplacer ne serait-ce qu’une heure – encore faut-il que vous ayez quelque chose à enseigner –, venez supporter un tout petit moment des choses que jamais, jamais vous n’accepteriez d’affronter dans la vie courante, venez un jour prendre un bain dans la merde de l’humanité, loin des gentils salamalecs feutrés des bureaux de commerce, et ensuite nous pourrons reparler ensemble du problème des vacances.

Niveau de satisfaction :
4.2 out of 5 stars (4,2 / 5)

 

 

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Piranhas – Roberto Saviano

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2016 (La paranza dei bambini)
Date de publication française : 2018 (Gallimard)
Traduction : Vincent Raynaud
Genres : roman noir, mafia
Personnage principal : Nicolas Fiorillo, jeune garçon de 15 ans qui rêve de faire carrière dans la Camorra 

Nicolas Fiorillo est déjà une graine de mafieux à 15 ans. Il humilie un autre garçon du quartier qui a eu l’impudence de  liker  sur facebook les photos de sa petite amie. Bien sûr il n’est pas seul pour cette opération punitive, il est accompagné de sa paranza (bande). Faut dire que les gamins du quartier de Forcella à Naples ont des ambitions très élevées : il s’agit de se faire un nom dans le Système, c’est à dire dans la camorra. C’est l’idée fixe de Nicolas qui malgré son jeune âge a classé les humains en deux catégories seulement : les baiseurs et les baisés. Lui il veut être baiseur, c’est son obsession. Il va donc faire toutes sortes de magouilles pour entrer dans ce monde idéal : il va organiser des trafics, rencontrer les bonnes personnes, se faire adouber par les parrains.

J’ai choisi ce roman à cause de l’admiration que j’éprouve pour son auteur, pour son engagement et son courage. Je rappelle que Roberto Saviano vit sous protection policière depuis le 13 octobre 2006 suite à son livre Gomorra dans lequel il décrit les activités de la mafia napolitaine, la Camorra. Mal m’en a pris, j’ai souffert tout au long des pages que j’ai lues. Faut dire que je déteste les histoires de mafieux mais alors une histoire avec des gamins qui n’ont qu’un idéal : devenir des gangsters, c’est très pénible. Ce n’est pas le côté moral qui ne gêne, c’est la bêtise, les classifications simplistes : baiseurs et baisés qui rappellent beaucoup les concepts djihadistes. Jamais je n’ai pu accrocher à l’intrigue et encore moins aux personnages. Je n’ai pas réussi à m’intéresser à cette histoire d’apprenti mafieux. Alors j’ai enduré durant 160 pages cette histoire de petits mafiosi et comme j’avais encore plus de 200 pages devant moi, j’ai décidé d’arrêter cette auto-torture.

Je ne sais pas si le livre de Saviano est bon ou mauvais, d’autres ont su l’apprécier. Il a seulement provoqué irritation et ennui chez moi, même si je suis conscient que ce roman montre quelque chose de réel et d’inquiétant dans notre société. À la fois le sujet et la façon de le traiter m’ont parus ennuyeux et soporifiques. Je doute de la réussite de Saviano à devenir romancier de talent. Et comme je ne voyais pas d’amélioration se profiler, j’ai décidé de stopper le supplice. Il ne m’arrive qu’exceptionnellement d’arrêter une lecture avant la fin. Pour ce roman c’est un des rares cas, j’en suis d’autant plus désolé que j’ai la plus grande estime pour son auteur.

Exceptionnellement je ne mets pas de note de satisfaction, le fait que je sois rebuté par ce roman tient davantage de mon allergie au thème qu’à la qualité de l’œuvre elle-même.

 Extrait :
Il y a ceux qui baisent et ceux qui se font baiser, c’est tout. C’est comme ça partout, depuis toujours. D’où qu’ils viennent, les baiseurs essaient d’obtenir un bénéfice, se faire inviter à dîner, obtenir un trajet en voiture gratuit, piquer la femme d’un autre, rafler une commande ou un marché. D’où qu’ils viennent, les baisés auront le dessous…

… « Les êtres sont différents dès la naissance, faits pour commander ou pour être commandés, affirmait ce bon vieil Aristote. Et ne manquent ni ceux qui commandent ni ceux qui sont commandés. » En gros, on naît baiseur ou baisé. Les premiers arnaquent et les autres se font arnaquer.

Niveau de satisfaction : Aucun
[Non noté]

 

 

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Organigramme – Jacques Pons

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2018 (Hugo Thriller)
Genre : Thriller
Personnage principal : Yasmina Sall, nouvelle venue dans l’équipe des managers de la maison de luxe Louis Laigneau

Bienvenue dans le monde merveilleux de la mode et du luxe ! La maison Louis Laigneau est un fleuron du domaine. Le management y est moderne : pression constante sur les employés, disponibilité permanente exigée, culture des résultats. Le PDG adore les devises creuses du genre : Créativité – Vision – Exécution. En cette fin d’année 2016, les résultats sont bons, afin d’appréhender les nouveaux défis et de stimuler les forces vives, le PDG invite les managers à un séminaire de créativité et de libération des énergies à Marrakech. Pour ne pas pénaliser les performances ce séminaire se déroulera pendant le week-end. Ce qui ne choque que Yasmina Sall, la dernière arrivée, les autres au contraire estiment que c’est super sympa de la part de notre direction de nous récompenser avec un séminaire comme celui-là. En guise de récompense, ce sera l’horreur : un mystérieux personnage harcèle moralement et physiquement les dirigeants. Il paraît animé par une haine féroce contre tous les membres de l’entreprise. Qui est-il et quelles sont ses motivations ? Personne ne le sait mais il semble connaître parfaitement la boîte.

L’auteur développe une intrigue qui lui permet de réaliser un thriller sur fond de vengeance et procéder à une observation critique du monde de la mode. Côté thriller, le scénario de la vengeance est assez classique même si quelques ficelles sont un peu grosses : par exemple le rapatriement de Yasmina en France qui lui permettra d’échapper à la catastrophe finale. Quelques invraisemblances parsèment aussi cette histoire : des civils participent à l’intervention de la BRI, ce sont même eux qui entrent les premiers sur les lieux d’un assaut. C’est dans la description de l’univers de l’industrie du luxe que l’auteur se montre le plus convaincant. C’est avec un œil ironique qu’il examine ce petit monde souvent superficiel. Le style de management, une vraie machine à broyer les individus, y est aussi dépeint de façon sarcastique. Les ConfCall (Conférence à distance) et les CoDir (Comité de Direction) se succèdent, chacun essaie de s’y montrer à son avantage. Les cadres sont à la fois arrogants et pathétiques.

Des personnages un peu caricaturaux et l’utilisation de quelques clichés dans fonctionnement de l’entreprise n’empêchent pas ce roman d’être captivant et d’offrir une lecture divertissante tout en dévoilant l’envers du décor d’une industrie du luxe peu affriolante.

Extrait :
Comme tout cela s’annonce bien !
J’avais prévu d’entamer la partie au retour de Marrakech, mais les circonstances m’ont offert une entrée en matière spectaculaire. J’observe tout, j’écoute tout, j’analyse tout depuis six mois. Louis Laigneau est une petite boîte, après tout, et dans cette volière de perruches surexcitées, il est aisé de glaner toutes les petites informations que l’on qualifie dans ce milieu de croustillantes, que je traite pour ma part comme de l’engrais précieux qui fertilise les modalités de ma vengeance.
Lorsque je mettrai la touche finale à mon projet, tout ce système fait de faux-semblants, d’humiliations, d’infantilisation à outrance, toute cette machine factice qui se nourrit des personnes en annihilant les personnalités sera réduite à néant. Moi aussi, mais ça m’est égal. J’ai eu la faiblesse de supporter le poids de cette machine pendant si longtemps. Je ne veux pas qu’elle me survive. Ils ont semé la destruction et le chaos jusqu’au plus profond de mon être, mais ils perdront tous cette immunité qu’ils pensent détenir sans condition.

Niveau de satisfaction :
4 out of 5 stars (4 / 5)

 

 

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Les Disparus de la lagune – Donna Leon

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2017 (Earthly Remains)
Date de publication française : 2018 (Calmann-Lévy)
Traduction : Gabriella Zimmermann
Genre : Enquête
Personnage principal : Commissaire Brunetti (Venise)

Pas facile de combattre une addiction, surtout quand une série télévisée rehausse les couleurs et les ambiances d’une série de romans. Les Disparus de la lagune a été accueilli comme un bon roman par plusieurs commentateurs; pour ma part, je crois que ce dernier roman de Donna Leon m’a enfin guéri.

Le premier tiers du roman nous initie à l’art de la rame et nous fournit quelques notions élémentaires d’apiculture. Et, comme Brunetti est allé se reposer à l’île de Sant’Erasmo, il a apporté dans ses bagages un livre de Pline, ce qui nous vaudra quelques réflexions de l’auteur latin sur les animaux.

Puis, le gardien de la villa où demeure Brunetti disparaît au cours d’une tempête : meurtre, suicide ou accident ?, telle est la question !

Pour rompre la monotonie des tâtonnements de Brunetti, on fait un tour avec le sympathique Vianello et l’élégante commissaire Griffoni, on utilise les talents informatiques de la jolie Elettra et on accorde quelques paragraphes à Patta.

L’observateur moyen aura remarqué avec Brunetti que le gardien de la villa, Davide Casati, avait ramassé quelques éprouvettes de terre et d’eau, que l’amie de Davide a déjà enquêté sur la mort de la mer d’Aral, et que l’engagement social de Leon, en général, se concentre sur l’immigration et l’écologie. Reliant cela au fait que Casati et ses collègues travaillaient dans une grosse compagnie qui devait exporter une masse imposante de déchets, et sachant que ce genre d’exportation coûte cher, le lecteur devinera, bien avant Brunetti, quelle hypothèse il faut privilégier, surtout s’il a lu au préalable la quatrième de couverture.

Bien sûr, c’est bien écrit et la cause à défendre est louable, mais cela est insuffisant pour faire un bon polar.

Extrait :
« Que se passe-t-il ? » demanda instamment son supérieur. Brunetti trouva intéressant que Patta ne fasse pas allusion à son absence prolongée de la questure, ni à sa santé supposée fragile.

« Si vous parlez de l’homme qui est mort à Sant’Erasmo pendant que j’étais là-bas, je n’en sais pas plus que les habitants de l’île : il a été pris dans une tempête, est tombé de son bateau et s’est noyé. » (…)
« En vérité, je parlais des problèmes qu’a eus l’avocat Ruggieri. » 
« Ha ha, se dit Brunetti. Mais bien sûr, bête que je suis. Comment Patta pourrait-il s’intéresser à la mort d’un homme, alors que le fils d’un notaire bien nanti traverse un moment difficile ? »
« Je suis désolé, vice-questor, répliqua-t-il, mais j’ignore tout de cette affaire. »
« Alors pourquoi êtes-vous ici ? »
« Comme j’ai trouvé le corps de l’homme qui s’est noyé, dottore, je pensais qu’il serait correct d’établir un rapport, avec l’espoir que cela accélère les démarches. »
 « Brunetti vit passer une telle vague de méfiance dans les yeux mi-clos de Patta qu’il craignit de subir sur l’heure une séance de torture.
« Est-ce la vérité ? », s’informa le vice-questeur d’une voix suffisamment grave pour contenir toute la menace qu’il y injectait.
« Oui, signore. Je n’ai plus songé à cet entretien depuis qu’il a été suspendu », confirma Brunetti, réendossant son rôle de victime d’un évanouissement provoqué par un cœur affaibli.

île de Sant’Erasmo

Niveau de satisfaction : 
3 out of 5 stars (3 / 5)

 

 

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L’heure du chacal – Bernhart Jaumann

Date de publication originale : 2010 (Die Stunde des Schakals)
Date de publication française : 2013 (Éditions du Masque)
Traduction : Céline Maurice
Genres : Enquête policière, politique
Personnage principal : Clemencia Garises, inspectrice de police à Windhoek, Namibie

Windhoek, capitale de la Namibie. Dans la chaleur accablante de janvier, un homme se fait flinguer dans son jardin. L’inspecteur Clemencia Garises, une jeune débutante dans le poste, se charge de l’affaire, ses collègues plus âgés n’ayant pas la moindre envie de se rendre où que ce soit un dimanche soir pour ramasser le cadavre d’un Blanc. Un peu plus tard un homme est enlevé à la sortie de l’aéroport, son cadavre sera retrouvé dans une voiture calcinée. Quelques jours après, Clemencia assiste en direct au téléphone au meurtre d’un troisième homme. Toutes les victimes avaient en commun d’appartenir au CCB (Civil Cooperation Bureau), une organisation liée à l’armée sud-africaine qui s’en prenait aux activistes qui luttaient contre l’apartheid. Ces trois hommes avaient participé, vingt ans auparavant, à l’assassinat d’Anton Lubowski, un militant anti-apartheid. Vengeance tardive ou autre motif ? Clemencia se démène pour trouver le coupable et arrêter l’hécatombe.

Le cadre et les personnages de ce roman ne sont pas communs. La Namibie, auparavant protectorat sud-africain, a acquis son indépendance en 1990. L’enquête menée par l’inspectrice Clemencia Garises remonte à des événements qui se sont déroulés peu avant l’indépendance, notamment l’assassinat de l’avocat Lubowski, dirigeant blanc de la SWAPO (South-West Africa People’s Organisation), organisation de libération de la Namibie. Cette affaire remonte à la surface quand les assassins présumés, peu inquiétés jusqu’alors, ont commencé à se faire descendre. Quelqu’un sait ce qui s’est passé et n’a pas oublié.

Dans ce pays jeune, c’est une jeune policière de 31 ans qui enquête. Elle est noire, habite avec sa famille nombreuse et envahissante dans un quartier pauvre, elle a bénéficié d’une bourse pour faire ses études. Elle n’a pas d’expérience mais elle est tenace et persévérante. L’exécuteur des hautes œuvres est tout aussi atypique. D’abord il se signale par une toux intermittente. Il est impitoyable mais il n’est pas guidé par la soif de destruction, plutôt par le besoin de faire rendre des comptes aux assassins de Lubowski. Il sait qu’il court à sa perte, et cela lui est complètement égal. Il n’a pas d’avenir, uniquement une tâche à accomplir. Cela le rend d’autant plus redoutable.

L’auteur aborde aussi le thème de la difficulté de connaître toute la vérité dans certaines affaires politiques entraînant ainsi une incapacité à faire appliquer une justice équitable. Cela donne à ce roman une fin quelque peu frustrante pour les amateurs de polars bien ficelés.

L’heure du chacal est un roman inspiré de faits réels mais avec des acteurs imaginaires. Il est complexe, dépaysant par son cadre et étonnant par ses personnages singuliers.

Extrait :
« Angula, on enquête sur quoi, en ce moment ?
— Comment ça ?

— Notre enquête ! Trois meurtres ! Janvier 2009 !
— Janvier 2009 ! répéta Angula en hochant la tête. Et les vrais coupables de l’époque continuent à se frotter les mains. »
Il déraille complètement, pensa Clemencia. Ils étaient partis de la supposition que les membres du CCB avaient été abattus parce qu’ils avaient eux-mêmes tué Lubowski. S’ils n’étaient pas coupables, ce motif n’était plus valable, et il n’y avait donc plus de raison de se plonger dans des histoires datant du siècle précédent ; en tout cas pas maintenant, pas tant qu’un tueur se baladait dehors avec une kalachnikov. Plus tard, il serait toujours temps de…

Angula commença à fredonner la première mesure de l’hymne national namibien, Land of the Brave, « Le Pays des braves ».

Hymne national de la Namibie

Windhoek, capitale de la Namibie

Niveau de satisfaction :
4 out of 5 stars (4 / 5)

 

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Vengeance assassine – Alain Fabre

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2018 (Éditions De Borée)
Genres : Enquête, psychosociologique
Personnage principal : Commissaire Dezuiver

J’ai déjà fait le compte rendu de cinq romans de Fabre, dont le très bon C’est une lampe qui s’éteint, qui s’est retrouvé finaliste du Prix du Quai des Orfèvres en 2014. Vengeance assassine avait été écrit en grande partie avant C’est une lampe qui s’éteint mais n’a finalement été publié qu’en 2018. On y retrouve avec plaisir le commissaire Dezuiver et son équipe enquêtant dans la région de Lille et collaborant avec Gérôme Piens, inspecteur principal de la police judiciaire de Tournai où est retrouvé le premier cadavre, et le commissaire Baudoin du Centre de Coopération policière et douanière (CCPD) franco-belge de Tournai.

Conseil d’ami au lecteur et à la lectrice : avant de commencer la lecture du roman, ne lisez pas la quatrième de couverture.

Redouane Ben Diff, délinquant dans la vingtaine, bien connu des policiers à cause de multiples condamnations, est retrouvé mort à Tournai. Deux balles dans le corps. Il avait mené un gang de petits truands, mais était parti pour la Syrie où il avait été tué (une première fois). Revenu en France sous le nom de Nordine Youssef, il avait été tué pour de bon. Puis, deux autres membres de son gang de Tourcoing sont retrouvés assassinés à leur tour. L’enquête révèle qu’ils étaient très actifs il y a quatre ans, notamment à propos d’activités liées au groupe du stock car. Les policiers entreprennent d’utiliser le quatrième du groupe pour piéger le tueur qui semble mener une vengeance contre le quatuor de jeunes malfrats. Et, de fait, une quatrième personne se fait descendre par la même arme, mais ce n’est pas l’homme qu’avaient prévu les forces de l’ordre.

Pas facile de connaître cet événement qui se serait produit il y a quelques années et qui aurait rassemblé au moins quatre des types qui ont déjà payé une dette mystérieuse. Heureusement, la cinquième personne liée à cet événement se sent traquée et envisage de dénoncer le tueur sans se trahir elle-même. De sorte que la victime éventuelle et le tueur avéré sont maintenant sous surveillance. Sera-ce suffisant pour empêcher le justicier de parachever son œuvre ?

Après avoir terminé ce résumé de la trame policière proprement dite, je sens que je n’ai pas noté l’essentiel : la collaboration entre les forces policières et l’esprit qui règne dans l’équipe de Dezuiver, les outils qui sont à la disposition des enquêteurs ( Fabre n’est pas un ancien policier comme le Finlandais Jørn Lier Horst, mais il a suffisamment fréquenté les milieux policiers pour en connaître les procédures), les relations interpersonnelles ( principalement hommes/femmes, de l’amour naissant à l’amour mûr) et surtout les problèmes philosophiques liés au travail policier aux prises avec des dilemmes moraux. « En tant que flic, je n’ai pas le droit de me poser ce genre de questions » (Dezuiver) ! Mais, en tant que lecteurs, ces questions deviennent inévitables.

Nous avions l’impression de nous livrer à un sain divertissement et nous voilà piégés comme les disciples de Socrate.

Extrait : Si le chien de Joseph Batoit ne s’était pas détaché, le cadavre aurait, peut-être, mis plus longtemps à être découvert.
Comme chaque matin, ce retraité tournaisien promène Kiki sur les berges quand ce dernier, à la vue d’un chat, tire brutalement sur sa laisse qui échappe des mains de son maître.
Le matou, considérant que tout combat serait inégal, préfère prendre la fuite et se réfugier dans un arbre d’où il nargue Kiki. Joseph Batoit, pour récupérer le coquin, quitte le chemin et s’engage derrière les haies.
Comme il l’explique aux policiers qu’il a prévenus par téléphone, il a failli tomber, réellement et physiquement, sur le cadavre.
L’inspecteur principal Gérôme Piens, de la police judiciaire de Tournai, arrive avec son groupe.

La Grande Place de Tournai

Niveau de satisfaction :
4 out of 5 stars (4 / 5)

 

 

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Top 10 de l’année 2018

Sélection des meilleurs livres que nous avons lus et chroniqués en 2018, mais pas obligatoirement publiés cette même année.
Nous nous sommes limités à 10 livres, 5 livres par chroniqueur.
Il n’y a pas d’ordre de préférence, pas de classement de 1 à 10. Mais comme il faut bien un ordre pour présenter les livres, c’est de la chronique la plus récente (en haut) à la plus ancienne (en bas), en alternant les choix de chaque chroniqueur.
Un clic sur l’image ou le titre renvoie à la chronique correspondante.

La mort selon Turner
de Tim Willocks


Choix de Raymond
Le Lecteur de cadavres
d'Antonio Garrido


Choix de Michel
Le dernier invité
d'Anne Bourrel


Choix de Raymond
Dans l'ombre
d'Arnaldur Indridason


Choix de Michel
Taqawan
d'Éric Plamondon


Choix de Raymond
Les chiens de chasse
de Jorn Lier Horst


Choix de Michel
Les mauvaises
de Séverine Chevalier


Choix de Raymond
La Vie rêvée de Franck Bélair
de Maxime Houde


Choix de Michel
L'été circulaire
de Marion Brunet


Choix de Raymond
Deux coups de pied de trop
de Guillaume Morrissette


Choix de Michel
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Complot – Nicolas Beuglet

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2018 (XO éditions)
Genre : Thriller
Personnage principal : Sarah Geringën, inspectrice de police norvégienne

Sarah Geringën, inspectrice de police, est requise par le ministre de l’Intérieur de Norvège pour s’occuper d’une affaire importante. Elle doit se rendre de toute urgence sur l’île de Hornøya. Une femme a été tuée dans des conditions étranges, mais c’est surtout son identité qui rend l’enquête délicate. D’autant plus que le déroulé de l’exécution est très bizarre et laisse penser à un crime rituel. L’enquête de Sarah va prendre une ampleur considérable, elle va devoir remonter loin dans le passé et étendre ses investigations bien au delà de la Norvège : de l’antique cité de Byblos au Liban, jusqu’au Vatican, en passant par l’Allemagne. Elle va découvrir un complot mondial très ancien qui se perpétue au fil des siècles. Ses déductions l’amèneront à penser que la victime de l’île de Hornøya n’est que la première d’une série. Il lui faut identifier, puis sauver les prochaines cibles. Une tâche colossale rendue encore plus difficile par des trahisons qui apparaissent au sein même de la police.

Ce roman est d’abord un thriller avec toutes les caractéristiques du genre : du rythme, des retournements, du suspense. Mais il se distingue des autres ouvrages de ce genre par le sujet traité : l’origine de la domination masculine dans nos sociétés. Il y a une enquête dans l’enquête. L’enquête principale, du moins celle qui apparaît en premier, est la recherche du meurtrier. Mais quand les investigations de l’inspectrice l’amènent à se demander pourquoi on a tué cette femme, ses recherches vont s’ouvrir sur un champ d’une étendue considérable : à savoir comment les hommes, et les religieux en particulier, se sont organisés pour passer d’une société matriarcale, qui était celle de l’origine, à un patriarcat. Aujourd’hui trois femmes remettent en cause cette domination masculine, et pas n’importe lesquelles : ce sont des femmes qui ont atteint les plus hautes fonctions. Elles se sont taillé une place élevée parmi les hommes. Elles se sont mises d’accord pour faire trois révélations qui devraient changer la face du monde. Elles ont des ennemis qui ont décidé qu’elles doivent mourir. La première est déjà morte. Sarah veut sauver les deux autres, encore faut-il découvrir leur identité.

L’intérêt du roman est double : – le thriller et le suspense qu’il engendre et – l’argumentaire justifiant la remise en cause de la place dominante des hommes. Et les arguments sont forts, certains prêtent à sourire, pas par leur légèreté mais par leur originalité. Ainsi nous apprenons que Jésus Christ a choisi douze apôtres hommes pas parce qu’ils étaient plus aptes à comprendre son enseignement mais qu’au contraire c’était eux qui avaient le plus à apprendre. Ils partaient de plus loin en quelque sorte, alors que les femmes avaient tout compris tout de suite, eux, tels les mauvais élèves, avaient des difficultés, donc Jésus les gardait près de lui pour qu’ils finissent par assimiler ses leçons. En fait les apôtres étaient des cancres ! Il y a de quoi stupéfier les catholiques. Nous découvrons, sidérés, d’autres arguments du même calibre. Même si j’ironise, je dois reconnaître la pertinence du raisonnement, basé d’ailleurs sur des recherches approfondies et des sources historiques. De quoi apporter de l’eau au moulin des féministes.

Complot est un roman intéressant, tant par son aspect thriller captivant que par la question de l’égalité hommes-femmes traitée sous un angle original.

Extrait :
Comment fut-il possible qu’en cette période de libération universelle, de combat pour l’égalité absolue et d’explosion des intelligences les plus fines, la femme soit de nouveau traitée par le mépris et la soumission ?
La situation m’a longtemps semblé aberrante. Jusqu’à ce qu’une réponse inattendue se dégage de mes recherches. Elle tient en un mot : conditionnement. Ces penseurs des Lumières, comme leurs prédécesseurs et comme nous tous aujourd’hui, ont été victimes d’un redoutable plan d’endoctrinement de notre inconscient collectif, mis en place à l’époque de l’apparition de l’écriture, aux alentours de 3000 avant J.-C.
Car il fut un temps précédant cette époque où la femme occupait une place prédominante dans la société. Jusqu’au jour où des militants du patriarcat ont décidé que le pouvoir ne serait plus partagé avec les femmes, mais en leur possession, unique et exclusive jusqu’à la fin des temps.
Et si l’on doit reconnaître à ces usurpateurs un génie, c’est celui d’avoir choisi la meilleure des ruses pour aboutir à leurs fins : en réécrivant l’inconscient collectif. Cette mémoire collective de l’espèce humaine qui guide nos vies de génération en génération à travers les mythes, les traditions et la religion.
C’est ainsi que, depuis presque cinq mille ans, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants sont nourris de récits religieux maquillés, de mythes réécrits, et d’une Histoire où la féminité est sans cesse rabaissée et diabolisée pour nous faire accepter l’inacceptable : la soumission de la femme à l’homme. »

Niveau de satisfaction :
4.1 out of 5 stars (4,1 / 5)

 

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Le Pape du polar est mort

Claude Mesplède est mort. Son incomparable érudition dans le domaine de la littérature noire lui a valu le titre de Pape du polar. Nous n’oublierons pas son regard malicieux et son sourire. Il nous reste ses nombreux ouvrages. Le monde de la littérature et particulièrement celui du polar est en deuil.

Raymond Pédoussaut.Partager sur les réseaux sociaux
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Ces femmes aux yeux cernés – André Jacques

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2018 (Druide)
Genres : Enquête, Thriller
Personnage principal : Alexandre Jobin, antiquaire…

Ce n’est pas une bonne idée de vendre des tableaux qui se révèlent être des faux à Grigor Chukaliev, le violent caïd de la mafia russe. Pour son malheur, Alexandre Jobin est malgré lui impliqué dans cette affaire. Maintenant antiquaire, Jobin a travaillé longtemps pour les services de renseignements de l’armée canadienne, mais cette expérience est insuffisante pour affronter Chukaliev. Quand un cocktail Molotov est lancé dans sa boutique, qu’une de ses employés est blessée, et que le faussaire est tué, Jobin décide de partir à la recherche du peintre espagnol Jordi Carvalho pour lui acheter un tableau et le donner à son client frustré.

Tel est le thème de ce qui ressemble à un road movie à travers Barcelone et Paris. Comme Carvalho fuit un passé plutôt trouble, il n’est pas facile à repérer. Jobin est aidé par son amie Chrysanthy qu’il retrouve à Paris, où le peintre semble s’être réfugié. Mais, pisté par les Russes, Jobin est aussi recherché par la police française à la demande de l’inspecteur Latendresse de Montréal, qui ignore les intentions précises de Jobin mais le croit mêlé à la magouille russe. Au moment où Jobin rattrape le peintre et sa compagne, les Russes interviennent, menacent de kidnapper Carvalho et de tuer Jobin. Survient, cependant, un coup de théâtre qui permet à l’antiquaire blessé de rentrer au pays. Mais la partie est loin d’être finie.

On s’attache, les femmes surtout apparemment, à Jobin, entêté, fonceur, imprudent, curieux, amateur de scotch et de bières. Et qui aime faire la barbe à Latendresse, qui se méfiera toujours de lui avec raison. Ses aventures à Barcelone et à Paris sont intéressantes, surtout parce qu’André Jacques, avec la minutie d’un historien, se complaît dans la description des lieux, des odeurs, des modes de vie. Il ravive aisément les souvenirs des voyageurs qui ont connu ces villes et fait rêver les autres. On parle souvent de l’épaisseur des personnages; ici, il faut surtout remarquer l’authenticité des décors. Le personnage de Pavie qui, dans le roman précédent (La Bataille de Pavie), ressemblait à la fameuse Lisbeth Salander, apparaît aussi dans ce roman mais, malgré quelques égorgements, reste un peu sur la retenue, comme si Jacques voulait éviter que la dimension sociologique et esthétique de son roman soit occultée par la confusion et le brouhaha suscités par les romans d’action. On lit André Jacques comme on écoute l’andante d’une symphonie : plutôt modéré, parfois un peu lent, mais tellement plaisant qu’on souhaiterait que ça s’éternise.

Extrait :
Il marche. D’un pas un peu hésitant. Se redresse. Après tout, t’es un ancien militaire, non! Il se retrouve dans le lacis des rues étroites. À gauche d’abord, puis à droite, a-t-elle dit. Ou l’inverse ? Il parvient à un carrefour où convergent trois ruelles.
Soudain, il perçoit des pas derrière lui. Il s’arrête. Silence. Aussitôt, les douleurs à l’épaule et au côté, oubliées depuis une heure, reviennent (…) Il se tapit dans l’ombre d’un portique. Les pas résonnent de nouveau. Plus rapides. Plus proches. Les pas d’un homme. Il voit l’ombre sur les pavés.
Alors, il plonge sur l’inconnu, le saisit au bras, le retourne, lui plaque le visage contre un mur de pierre, lui remonte le bras vers le haut du dos (…)
Alors, la douleur à l’épaule devient intolérable. Et les images resurgissent Les images et les cris. Il relâche la pression. Et repousse l’autre qui trébuche et continue à hurler. À peine s’il aperçoit l’inconnu qui se relève et sort un couteau dont la lame luit un instant dans la semi-obscurité. À peine aussi voit-il cette autre ombre vêtue de noir qui arrive en courant, qui frappe du pied la main tenant le couteau, et qui assène un coup sec du tranchant de la main à la gorge de l’agresseur, qui s’écroule (…)
– Spèce de cave !

Rue Georges-Lardennois, Paris

Niveau de satisfaction :
4 out of 5 stars (4 / 5)

 

 

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