Code 93 – Olivier Norek

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2013 (Lafon), 2014 (Pocket)
Genre : Enquête
Personnage principal :
Victor Coste, capitaine de police, Seine-Saint-Denis

Bénévole pour Pharmaciens sans frontières, lieutenant de police à la PJ de Seine-Saint-Denis (comme le capitaine Coste), écrivain et scénariste, Olivier Norek est un homme qui connaît son sujet : trois romans dans la série du Capitaine Coste (dont Code 93 est le premier), trois autres romans de 2017 à 2020, 2 scénarios de film. Tout tourne autour du travail policier, sobrement malgré la violence des sujets, et sans tomber dans la mystique du western du genre bons flics/affreux méchants. Norek tient à une certaine forme de réalisme, sans fioritures.

Mars 2011 : une jeune fille d’une vingtaine d’années est retrouvée morte dans un squat de la commune des Lilas, en Seine-Saint-Denis, à moitié nue, usée par les drogues et l’alcool, abimée par des violences sexuelles inédites même pour la légiste Léa Marquant. Pas d’identité connue. Dix mois plus tard, dans un entrepôt désaffecté du canal de l’Ourcq, Coste et son second Ronan sont chargés d’enquêter sur un géant noir, trois trous béants au milieu de la poitrine, émasculé, rigide. Le sang au niveau des balles n’appartient pas au géant mais plutôt à un jeune toxico, Frank Samoy, qu’on retrouve calciné dans un appartement qui n’est pas passé au feu : phénomène d’autocombustion ?! D’autant plus mystérieux que la légiste trouvera un cellulaire dans sa cage thoracique sous les côtes, ou ce qui en reste. Et Coste apprend que le géant noir est passé de la morgue à l’hôpital où il est sous bonne garde !

Pour se distraire de ces cas bizarres, Coste accueille la remplaçante de son ami Mathias Aubin, (son ami depuis dix ans qui prend sa retraite,) la policière à la taille impressionnante, que Ronan surnommera le camion, le lieutenant Johanna De Ritter. Il prend connaissance également de lettres anonymes qu’on lui envoie et qui désignent des cadavres dont toute trace semble disparue. Au beau milieu de l’enquête, un coup monté enverra Coste sous les verrous : pourquoi ? Et qui ?

C’est avec beaucoup d’habileté que Norek assemblera tous ces fils. Les mystères seront démystifiés et nos esprits excités pourront se détendre. La composition des intrigues nous tient en haleine continuellement. La petite équipe de Coste, au rythme trépidant, m’a fait penser à celle de Navarro (série télévisée de 1989 à 2007). Coste n’a pas le charisme de Roger Hanin, mais sa vulnérabilité ne le rend pas moins efficace. Ses coéquipiers, bien distincts les uns des autres, sont crédibles. Bien sûr, les relations avec les supérieurs ne les aident pas, mais ce n’est pas un roman politique : la hiérarchie n’est pas directement critiquée, mais elle n’est pas adulée non plus. Et l’auteur pense plus en termes d’individu qu’en termes de groupe. Ça s’applique aussi à ses coéquipiers et à lui-même : on est dans le gris, pas dans le blanc ou noir.

On a l’impression que c’est une nouvelle sorte d’enquête : le polar de banlieue défavorisée. Nous aurons sûrement l’occasion d’en reparler.

Extrait :
– De Ritter, c’est bien ça ?
– Affirmatif, capitaine.
Malgré le mètre quatre-vingts de Coste, elle avait dû baisser les yeux pour lui répondre.
– OK, on va déjà régler quelques points. Moi, c’est Victor ou Coste, je préfère Coste, c’est plutôt ma mère qui m’appelle Victor. Il y a deux groupes Crime sur le 93 et quasiment tous les homicides nous reviennent. Je suis à la tête du Groupe 1. Pendant ta période d’essai, tu vas prendre le bureau du lieutenant Aubin. J’ai bossé avec lui pendant dix ans, son départ est difficile pour tout le monde, donc ne t’attends pas tout de suite à faire l’unanimité.
– J’y suis habituée.
Coste apprécia son humour.
– Avec nous, tu as Ronan. Après le départ de Mathias il devient automatiquement mon second. Ne fais pas trop attention à ce qu’il dit, retiens juste que si on doit partir au feu, c’est toujours bien d’avoir Ronan à tes côtés. À manier avec précaution, je le considère moi-même comme un explosif instable.
– Noté.
– Enfin tu as Sam. Si on doit partir au feu, Sam ne te sera d’aucune utilité, par contre c’est une tique. Il se met sur un type et ne le lâche jamais. Je lui réserve toutes les investigations techniques sur lesquelles ni Ronan, ni moi ne sommes vraiment calés. Observe, apprends à la fermer, ne te mets pas en avant et tout ira bien.

Seine-Saint-Denis

Niveau de satisfaction :
4.5 out of 5 stars (4,5 / 5)

 

 

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