Jeux d’été – Diane Vincent

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2021 (Triptyque)
Genre :
Enquête
Personnages principaux :
Josette Marchand, massothérapeute – Vincent Bastianello, policier à Montréal

Dans Peaux de soie, on avait vu à l’œuvre l’enquêteur Vincent Bastianello et sa conjointe Josette Marchand, massothérapeute et co-enquêtrice. On les retrouve ici et c’est toujours Josette la narratrice.

On découvre dans le Parc Baldwin du Plateau Mont-Royal le corps mutilé d’une jeune violoniste française. On lui a apparemment prélevé, avec une dextérité chirurgicale, des tatouages qui ornaient plusieurs parties de son corps. Aucune trace laissée par l’assassin, aucun indice, aucune piste. Les policiers partent de zéro. La première partie du récit se passe à Chambéry dans la Savoie, où avait vécu la victime : on essaie de la connaître à travers les gens qui l’ont fréquentée.

Vincent et Josette reviennent au pays plutôt bredouilles. À Montréal, ils sont aidés par Kevin, le fils de Josette, et Chana, sa femme, que Josette considère comme sa fille. On élabore des hypothèses pour cerner la personnalité du tueur. On finit par imaginer qu’il doit appartenir à un groupuscule de droite, et l’auteure en profite pour décrire les radios et les journaux poubelles, de même que quelques manifestants; on suppose que ces groupes doivent convenir au psychopathe qui a assassiné Sara.

Josette et Vincent admettent qu’ils sont dépassés; leur pseudo-stratégie repose sur l’impression que le tueur va devenir de plus en plus impatient et qu’il va donc commettre des erreurs et, pendant ce temps, ils ne préviennent pas Chana des risques qu’elle court. De fait, le piège qu’ils tendent au collectionneur de tatouages ne marche pas tellement. Et, pendant ce temps, Chana se retrouve à la merci du tueur.

Au fond, l’inefficacité des enquêteurs n’est pas, pour l’auteure, d’une importance capitale. Par l’intermédiaire de Josette, l’auteure se plaît à décrire son plaisir d’être à Chambéry, à souligner les bons moments de l’amitié, puis à stigmatiser la mouvance de droite misogyne, raciste, anti-immigration et suprématiste. De son côté, le lecteur n’est pas branché directement sur l’action; il a l’impression qu’on lui raconte des histoires où les beaux hasards foisonnent.

Extrait :
J’errai de cafés en bistros une bonne partie de l’après-midi, écoutant les uns et les autres parler de l’affaire du jour mais sans chercher à m’infiltrer dans les conversations. Jusqu’à ce que j’aperçoive un bel Italien de quelques années mon cadet en quête d’un lieu pour partager un premier apéro avec une femme accueillante. Le centre de Chambéry était suffisamment circonscrit pour qu’on y retrouve, même sans un rendez-vous fixe, celui ou celle que l’on désirait voir. J’entraînai Vincent jusqu’au Café de Paris, endroit suffisamment animé pour qu’on puisse partager en toute discrétion les dernières nouvelles devant un kir royal à la violette.

Parc Baldwin

Niveau de satisfaction :
3 out of 5 stars (3 / 5)

 

 

Partager sur les réseaux sociaux
Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail
Ce contenu a été publié dans Enquête, Moyen, Québécois. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.