Bienvenue à Gomorrhe – Tom Chatfield

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2019 (This is Gomorrah)
Date de publication française :
2020 (Hugo Thriller)
Traduction :
Valéry Lameignère
Genre :
Thriller
Personnage principal :
Azi Bello, hacker

C’est le premier roman de Tom Chatfield (Prix Douglas Kennedy 2020 du meilleur thriller étranger), considéré au Royaume-Uni comme un des grands penseurs de la révolution digitale. Son expérience dans la signification et la manipulation des outils propres à l’ère numérique sert de base essentielle à ce roman. C’est évidemment un peu risqué parce que bien des romans policiers ont été détériorés par le recours aux ordinateurs qui rendaient pratiquement inutiles les enquêteurs.

Le roman est touffu, les personnages nombreux, et les intrigues confuses (ce qui est probablement voulu par l’auteur). D’une part, un jeune Anglais musulman, Kabir, expert en informatique, est devenu un valeureux partisan de l’armée islamique, mais il cherche maintenant à s’en sortir. Son cousin Hamil a été abattu devant lui. Sa cousine Munira sert de lien avec l’histoire principale, alors qu’elle entre en contact avec Azi Bello, hacker super compétent et super secret, qui pitonne dans une bicoque quelque part en Angleterre. Spécialiste du darknet et de la plupart des sites encore plus secrets, dont Gomorrhe, c’est avec une grande prudence qu’il communique avec Munira, qui prétend avoir peur pour sa vie parce qu’elle possède des documents préjudiciables à l’état islamique. En fait, Azi ne veut pas vraiment la rencontrer, mais on le force à le faire : il devient le pion d’une organisation secrète, qui a découvert toutes ses ruses et tous ses trucs de hacker, et on compte sur lui pour piéger Munira pour, prétend-on, mieux la protéger. Mais elle-même sera enlevée par une autre organisation (est-ce vraiment une autre ?) et Azi devra se sauver à Athènes, puis à San Francisco où, lui et son vieil ami Ad, tomberont sous les ordres de ce qui est peut-être la NSA. Une nouvelle mission les oblige à infiltrer les bâtiments sophistiqués de Gomorrhe, l’Existential Institute, protégés par des robots géants, et par un système de détecteurs agressifs, dont ils ne s’extirperont pas indemnes. Une fois sortis de là, comment pourront-ils empêcher la mise à mort de milliers de personnes et la destruction de la ville de Görlitz ?

J’ai tâché de simplifier un peu les multiples intrigues qui caractérisent ce roman long et complexe. Il y a là-dedans beaucoup de personnages, mais ils apparaissent plutôt comme des annexes de machines alambiquées, dont les objectifs ultimes sont fixés par des organisations secrètes, qui se piègent les unes les autres. Les passages par Berlin, Athènes et San Francisco n’atténuent pas l’embrouillamini de l’ensemble : pour un passionné des technologies numériques, toutes les villes se ressemblent plus ou moins. Surtout quand on est poursuivi par on ne sait qui, et qu’on ne sait vraiment plus avec qui on communique sur le net. Même nos héros ne comprennent pas ce qui se passe, et ce n’est pas le lecteur qui va pouvoir les aider.

Extrait :
À l’instant où Munira est partie, Azi s’est précipité sur l’ordinateur, ses doigts parcourant le clavier à toute vitesse (…) Ils ont créé une attaque du dauphin à partir de ce laptop et, en théorie, le hack reste prêt à jaillir des haut-parleurs – à retentir silencieusement au moment précis décidé par Azi. S’il est parvenu à régler le déclenchement de l’attaque sur l’instant où Munira a donné ses instructions orales au système, le MacBook devrait pouvoir accéder à son compte d’administratrice.
Toujours en théorie (…)
Ils sont entrés. Azi peut le voir sur l’écran du MacBook. Un log des événements système générés par le compte principal d’Amira Dewan. Il est définitivement trop tard pour empêcher le centre de données d’être noyé sous l’eau – l’opération semble irréversible – et la brèche ouverte par le robot-méduse est bien trop haute pour être atteinte par des hommes blessés, dont l’un grièvement. Mais il a repéré une fonction intitulée Sortie neuf que Munira a manifestement utilisée pour quitter les lieux.
Azi regarde la sortie neuf s’ouvrir quelques secondes sur l’écran, puis se refermer. Ça doit correspondre au moment où Munira est partie. Il attend les quelques secondes qu’il lui a fallu pour la franchir, et qui passent comme des heures. Puis il déclenche à nouveau le déverrouillage, regarde la porte s’ouvrir… et rester comme par miracle dans cette position.

Niveau de satisfaction :
3 out of 5 stars (3 / 5)

 

 

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