Si la bête s’éveille – Frédéric Lepage

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2021 – Éditions Plon
Genres :
Enquête, Thriller
Personnages principaux :
Adam Leaf, policier tétraplégique – Clara, singe capucin

À New York, Angélique Obson et Adam Leaf forment un couple de jeunes policiers. Ils viennent d’acheter un appartement, ils déménagent. Pendant le déménagement un étrange déménageur, portant une perruque de longs cheveux et un masque antipoussière, braque un pistolet sur Adam qui se défend. Un coup de feu part, une balle atteint Adam au cou. Il se retrouve paraplégique. Une longue rééducation commence pour lui. Au centre de réadaptation des blessés, il bénéficie d’un programme pilote qui s’appuie sur une assistance animalière. Pour les gestes de tous les jours, Adam est désormais assisté par Clara. C’est un singe capucin, une femelle.
Pendant ce temps sa compagne, Angélique, est chargée de l’enquête sur le meurtre de la fille d’un peintre célèbre. Longtemps l’enquête n’avance pas. Adam, retrouvant progressivement de la motricité, va s’intéresser à l’affaire, alors des progrès considérables vont être faits.

La première partie du roman montre la relation fluctuante entre un homme lourdement handicapé ne pouvant assumer seul les gestes du quotidien et un singe qui, bien que dressé pour accomplir des tâches domestiques courantes, conserve l’instinct primaire de son espèce. L’adorable bestiole se transforme alors en un animal agressif et hostile. L’homme ne peut se protéger, il devient la victime impuissante du comportement pervers de la bête. Sa seule défense c’est de comprendre les raisons de changement d’attitude du singe capucin. C’est dans l’éthologie qu’il va se mettre à étudier intensément que sera la solution.

Les études d’éthologie d’Adam ont un double effet : elles lui permettent de maîtriser l’agressivité de Clara et aussi d’expliquer certains comportements humains concernant le meurtre de la fille du peintre. On a coutume de dire que les agissements des animaux ressemblent à ceux des humains, l’auteur fait la démarche inverse : des comportements humains s’apparentent à ceux des animaux. D’ailleurs le sujet de la thèse présentée par Adam est significatif : les sources animales de la violence humaine. Fraîchement nanti de ces connaissances, Adam trouvera avant tout le monde le coupable du meurtre.

Frédéric Lepage a réussi à faire à partir d’un sujet aussi singulier un roman intéressant et divertissant. Il montre que l’instinct animal est toujours dans l’homme et qu’il peut s’exprimer si l’occasion est favorable.
Ce livre a obtenu Prix Cognac 2021 du meilleur roman francophone.

Extrait :
Adam et elle se regardent droit dans les yeux. Lui ne voit plus en elle un animal, mais un homoncule, une sorte d’enfant dépravé, une version dégradée et corrompue de tous les ancêtres de l’homme. L’animal en lui jauge l’homme en elle. Ce regard si sombre lui fait perdre ses repères. La peur le gagne, non celle des sévices qu’elle va lui faire subir, mais l’épouvante de ne plus savoir à quelle catégorie du vivant il appartient.

Singe capucin

Niveau de satisfaction :
4.2 out of 5 stars (4,2 / 5)

 

 

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