Le Silence des pélicans – J. L. Blanchard

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2021 (Fides)
Genre :
Enquête
Personnages principaux :
Inspecteur Bonneau et agent Lamouche

C’est le premier roman de J. L. Blanchard, un bon roman de structure classique, traversé par un sens de l’humour qui vire parfois au burlesque. Il met en scène deux policiers, le lieutenant Bonneau, peu intelligent, traditionaliste et gaffeur, qui tombe tellement sur les nerfs de tout le monde que son chef, le directeur St-Pierre, lui impose comme adjoint le jeune Lamouche, original, brillant et indiscipliné. Dans l’espoir que les facéties de Lamouche pousseront Bonneau vers la retraite.

Cet humour en filigrane n’exclut nullement le sérieux du drame ni la rigueur de l’enquête. Premier problème : on repêche dans le Saint-Laurent le cadavre d’un marin amputé des deux pieds. Secundo : une jeune sourde plus ou moins muette est violemment frappée par une automobile au cœur de la ville. S’ajoutera à ces crimes la disparition d’une autre jeune femme. Entre ces trois cas, le rapport n’est pas évident. L’enquête s’oriente bientôt en direction d’une organisation d’importation et de distribution de drogues. Cette organisation s’arrange d’ailleurs pour s’approprier un bon nombre de jeunes filles pour animer les scènes de ses cabarets et, parfois, pour rendre service à domicile. Pour s’assurer de la discrétion des passeurs de drogues, on cherche à enrôler des sourdes et muettes, c’est-à-dire des pélicans, « le pélican peut se déplacer la gorge pleine, et c’est un des rares oiseaux qui ne chante pas », précise le policier Lacoste. Lamouche utilise tous les services du bureau pour traquer les malfrats. Mais chaque fois qu’on s’apprête à mettre la main sur un des criminels impliqués dans l’énorme combine, il se fait assassiner. La tâche n’est donc pas facile d’éclaircir les différents aspects de l’intrigue. Grâce, cependant, à la subtilité de Lamouche et aux gaffes heureuses de Bonneau, les méchants trouveront à qui parler.

La lecture est facile et plaisante. Le tandem Bonneau/Lamouche est bien trouvé et n’a rien à voir avec les Holmes/Watson ou les Poirot/Hastings. L’action se passe à Montréal (Lamouche habite au Carré St-Louis) et un Montréalais appréciera les points de repère. Ici et là, l’auteur pose des petits problèmes qui seront résolus en cours de route. Sans trop entrer dans les détails, les différentes spécialités policières contribuent efficacement à la résolution des énigmes.

Bref, un premier roman prometteur et un espoir de revoir ces deux policiers si mal appariés mais si efficaces.

Extrait :
Monsieur le directeur,
Vous savez comment depuis le tout début de ma carrière j’ûmes à cœur ma vocation des forces de l’ordre. Vous savez comment je fût toujours entiérement dévoué à la cause de la justice et que mes intérêts personnels passèrent sans répit après tout le reste. Or, je me dois de vous faire ce matin un rapport malheureusement défavorable vizavi le jeune assistant que vous me procurates pas plus tard que lundi et ceci pour les raisons graves et suivantes que voici :
Si je mets d’un côté de la balance les défauts, nous obtenons que premièrement, il est assez prétencieux. Deuxièmement il est jeune. Troisièmement, il n’a aucune notion des responsabilités ni des sacrifices qu’il faut s’imposer pour faire ce dur métier et il se permet même de gaspiller des heures de travail précieuses pour aller se balader sur un bicycle sous prétexte qu’il fait beau dehors alors que nous avons un cas probable de céréale killer sur les bras!

Niveau de satisfaction :
4 out of 5 stars (4 / 5)

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