Le chant des ténèbres – Ian Rankin

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2020 (A Song for the Dark Times)
Date de publication française : 2021 (Lattès, Masque)
Traduction (Écossais) :
Fabienne Gondrand
Genre :
Enquête
Personnage principal :
Rebus, inspecteur plus ou moins retraité

La fille de Rebus lui apprend que Keith, son compagnon, est disparu. Rebus fera donc quatre heures de route pour aller enquêter dans un petit village près de Tongue, où il devra négocier avec le sergent Creasey de la police locale, qui n’apprécie pas tellement qu’un policier à la retraite et à la réputation sulfureuse vienne se mêler de son enquête. Pendant ce temps, Siobhan Clarke, qui a longtemps travaillé avec Rebus, et Malcolm Fox tentent d’élucider, à Édimbourg, le meurtre d’un riche étudiant saoudien, Salman bin Mahmoud.

Keith visait à transformer l’ancien camp de prisonniers de guerre, le Camp 1033, en lieu pittoresque qui attirerait bon nombre de touristes. Ceux qui possèdent les terres ont des desseins plus rentables, économiquement parlant.

Par ailleurs, Salman bin Mahmoud devait financer une partie des sommes nécessaires pour faire avancer les projets immobiliers. Pourrait-il y avoir un lien entre l’assassinat de Salman et la disparition de Keith ?

La situation se détériore parce que Rebus a des problèmes avec sa voiture et avec sa fille. La collaboration avec Creasey n’est pas non plus facile. L’habile et expérimentée Siobhan s’ajuste difficilement à Malcolm Fox, qui entretient des relations ambigües avec le baron de la pègre Big Cafferty.

Les personnages se multiplient, d’autant plus que Keith enquêtait aussi sur un meurtre survenu à l’époque du camp de prisonniers. Les témoins ont des problèmes de mémoire ou sont carrément victimes d’Alzheimer. Rebus fait beaucoup de voiture et pose beaucoup de questions, mais sa bronchopneumopathie est un sérieux handicap.

Tout ça constitue un genre de romans policiers qui plaît sûrement à certains. C’était populaire il y a 20 ans; déjà ça évoquait des romans américains des années 50, l’action en moins. J’avoue que je me suis passablement ennuyé. Sans parler de la manie qu’a Rebus d’appeler « fiston » les plus jeunes que lui (il commence la soixantaine). Peut-être est-ce une question de traduction ?! Souvenons-nous qu’on a déjà traduit « Fuck you! » par « Va te faire foutre ! ». Indépendamment de ça, j’ai trouvé que ça sentait le remplissage : « Beaucoup de bruit pour rien! », comme disait l’autre. Il peut évidemment arriver qu’un coup de fatigue indispose le critique. Mais là, j’ai eu l’impression que la fatigue venait avec la lecture.

Extrait :
Rebus roulait en direction du camp. Le texto de Siobhan avait mis du temps à arriver jusqu’à lui et Creasey ne répondait pas au téléphone. Le camp et son Portakabin jaune étaient sur la route qui menait au commissariat de Tongue. Rebus espérait trouver des réponses à l’un des deux endroits. Il était à peine à mi-parcours lorsqu’il aperçut des lumières – pas sur la route, mais derrière un muret de pierres sèches. Malgré la lumière encore vive qui baignait le ciel de cette fin de journée, deux agents de police en gilets fluo balayaient le bas-côté du faisceau de leur lampe de poche. Rebus ralentit et les deux hommes lui firent signe de poursuivre. Il s’arrêta et se lança dans une marche arrière. L’un des deux agents réagit promptement en se plantant derrière la voiture pour l’obliger à freiner. L’autre s’approcha de la vitre conducteur, que Rebus avait déjà baissée.
– Veuillez continuer, monsieur, ordonna-t-il.
Au lieu de s’exécuter, Rebus détacha sa ceinture de sécurité et sortit.
– Je voulais vous féliciter, lança-t-il.
Face à lui, l’agent était bien déterminé à ne pas lâcher le terrain. Rebus insista :
D’avoir trouvé le pistolet, je veux dire. Je voulais dire bravo au sergent Creasey. Il n’est pas ici ?
Veuillez retourner dans votre véhicule, monsieur, s’il vous plaît.
Ça lui fait une trotte d’Édimbourg, non ? L’aller-retour dans la journée. Mais il aura envie de savoir si vous avez trouvé autre chose – comme le téléphone, ou peut-être l’ordinateur (…)
Je vais devoir vous interpeller. Et je ferai le nécessaire pour qu’on vous emmène dans un joli commissariat bien loin d’ici, monsieur Rebus.

Tongue

Niveau de satisfaction :
3 out of 5 stars (3 / 5)

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