On ne mange pas les cannibales – Stéphanie Artarit

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2025 – Belfond
Genre : Roman noir
Personnages principaux :
Bambi Rapaz, adolescente de 17 ans – Martin Rapaz, frère violent de Bambi – Noël Rivière, propriétaire de zoo – Adam, grand chimpanzé

Bambi, jeune fille de 17 ans, a une vie difficile : malgré son jeune âge, elle est chargée de famille, elle doit s’occuper d’une mère invalide, de deux frères attardés mentaux, sans compter sur un autre frère aîné qui exerce une pression négative sur elle. Son seul plaisir est de s’introduire clandestinement dans le parc du zoo voisin pour observer les animaux. Un jour elle est prise par un garde qui l’amène s’expliquer devant Noël Rivière, le propriétaire du zoo. Ce dernier, touché par sa spontanéité et par son attirance pour les animaux, lui propose de l’embaucher en apprentissage, puis définitivement si elle montre de bonnes aptitudes. Bambi ne tarde pas à se montrer indispensable non seulement pour le fonctionnement du zoo, mais aussi pour son propriétaire qui finalement décide de l’épouser. Tout serait alors parfait si le passé sombre ne refaisait surface pour compromettre ce bonheur inespéré.

Une des originalités de l’intrigue est la présence des animaux, en particulier celle d’un grand chimpanzé, rescapé d’un braconnage en Afrique, qu’on a baptisé Adam. C’est un animal solitaire, tenu en isolement à cause de son agressivité. Adam est un observateur neutre et très perspicace, ses pensées et ses réflexions s’expriment en italique. Les humains sont montrés souvent plus vulnérables que les animaux : ils n’ont pas leur intuition, leurs sens ne sont pas développés, ils ne sont pas connectés à la nature et ils ont beaucoup de problèmes. Par contre aucun animal n’est aussi cruel que l’homme.

Bambi est une fleur qui a poussé dans une décharge. Dans une famille totalement dysfonctionnelle dans laquelle le père a étrangement disparu et dont la mère infirme reste prostrée dans son lit, c’est elle qui fait bouillir la marmite, qui s’occupe de ses deux petits frères déficients mentaux et qui subit la violence d’un grand frère incapable de contrôler ses instincts sauvages. Noël Rivière, le propriétaire du zoo, est un grand gaillard de près de deux mètres, charitable envers les démunis, une bonne pâte en général, mais il est capable de se transformer en un redoutable vengeur quand on l’atteint au plus profond de son être.

On ne mange pas les cannibales est un roman âpre, sombre et d’une grande intensité. Dans une ambiance pesante, l’autrice a développé une belle histoire d’amour passionné et de vengeance implacable.

Extrait :
Depuis ce dernier choc sur ta tête, nous vivons dans une complicité paisible et naturelle. Tu murmures les histoires d’hommes que tu lis dans tes livres. Je m’habitue à votre langage. Pas aussi beau que celui des oiseaux, pas aussi vibrant que celui des éléphants, mais il rend bien compte des émotions assez fades qui sont les vôtres. Votre vie est sans mouvement. Vous ne grimpez pas, vous ne courez pas, vous ne traversez pas de forêt. Vous êtes comme des animaux malades. Vos livres qui racontent tout cela sont pour moi d’un ennui total. Même vos guerres sont lasses.

Elle découvrait la musique de Bach, Brahms, Mozart, Tchaïkovski. Les Nocturnes opus 9, nos 1 et 2, de Chopin étaient ses morceaux préférés, et elle remettait inlassablement le diamant du tourne-disque sur ces deux pistes.

Chopin – Nocturne op.9 No.2

Niveau de satisfaction :
4.2 out of 5 stars (4,2 / 5)

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