Dans la forêt du croque-mitaine – Ivar Leon Menger

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2024 (FINSTER)
Date de publication française :
2025 – Belfond
Traduction (allemand) :
Justine Coquel
Genre : Enquête policière
Personnage principal :
Hans J. Stahl commandant de police retraité

1986 dans l’Odenwald (Allemagne).
Hans Jörg Stahl, soixante-douze ans, commandant de police à la retraite, est de retour dans le village de Katzenbrunn. Dix ans auparavant, quand il était encore en activité, il avait enquêté sans succès sur la disparition d’enfants. Aujourd’hui, un autre garçon a disparu. Comme en 1969, 1973, 1975 et 1976. Il l’avait toujours su que le croque-mitaine reviendrait. Au moment de prendre sa retraite, il avait mis en garde ses collègues, le maire, la communauté. Personne n’avait voulu l’écouter. Hans J. Stahl obsédé par ces disparitions, va utiliser son temps libre pour reprendre l’enquête où il l’avait laissée, mais cette fois à son propre compte.

Le cadre du roman est un petit village où il n’y a pas grand-chose, à part une forêt qui peut être à la fois un refuge et un danger. Nous sommes en 1986, l’année de la catastrophe nucléaire dans la centrale de Tchernobyl. Les vents d’est amènent des radiations et les pluies sont radioactives. Une étrange clinique psychiatrique domine le village. Dans cet environnement vraiment pas folichon, sévit un monstre qui enlève des enfants dont on ne retrouve aucune trace. Ce n’est pas le lieu idéal pour passer sa retraite, mais les motivations de l’ancien policier ne sont pas de dénicher un cadre idyllique, c’est de trouver le croque-mitaine.

Le personnage principal est un ex-policier pas vraiment charismatique. C’est un vieux monsieur de 72 ans, qui boite, qui a des douleurs dans la poitrine et des brûlures d’estomac. Ce n’est pas James Bond, mais il a quand même tapé dans l’œil de Geli, l’aubergiste de 68 ans. Tous deux vont vivre une véritable romance de tourtereaux et trouver une nouvelle jeunesse.

Le rythme est lent, alourdi par des observations pas vraiment indispensables qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’enquête. On ne s’ennuie pas, mais on n’est pas non plus totalement captivé. L’intrigue avance tranquillement, mais de façon efficace. Si vous cherchez un thriller haletant, ce n’est pas le meilleur choix. Si vous aimez les romans qui finissent bien, alors vous serez comblés.

Avec son titre qui ressemble à celui d’un livre pour enfants, ce roman offre un agréable divertissement, avec une intrigue bien ficelée et des personnages atypiques pour ce genre de littérature.

Extrait :
Notre village compte dix-huit maisons et demie. Et puis un arrêt de bus sans toit, une chapelle avec un cimetière, une charcuterie, une boutique photo fermée par des planches clouées, un distributeur à chewing-gums et, à côté, celui pour les cigarettes de maman. Un peu plus haut, à la sortie du village, un kiosque à l’abandon, la Menuiserie et pompes funèbres Wenner, la ferme G. Müller, une auberge et une épicerie. Et une fois par an, la fête foraine se tient ici, sur le champ de foire.

Mais le bâtiment le plus célèbre chez nous, c’est la villa. Avec ses fenêtres sombres, les colonnes décorées et la clôture de sécurité. La bâtisse se trouve de l’autre côté de la rue. Je l’appelle le Palais noir.
Car ils y disparaissent tous.
Les uns après les autres.

Je me suis même construit un refuge dans la forêt. (Oskar)

Niveau de satisfaction :
4 out of 5 stars (4 / 5)

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