Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2019 (ILLVILJE)
Date de publication française : 2023 (Gallimard, Folio, Policier)
Traduction (norvégien) : Céline Romand-Monnier
Genres : Enquête, thriller
Personnage principal : William Wisting, policier
Les romans de Horst ne sont pas si exaltants en soi, mais ils sont méticuleux et se veulent pédagogiques. Le thème choisi pour ce roman se prête bien à ces objectifs.
Tom Kerr a été condamné à vingt et un ans de réclusion pour tortures, viols et assassinats d’un bon nombre de jeunes femmes. Ayant accepté de se prêter à la reconstitution d’un de ses crimes, Kerr parvient à s’échapper. Les mesures de sécurité avaient été si bien renforcées qu’il est certain que Kerr a bénéficié d’une complicité intérieure : autrement, comment aurait-il pu se procurer les clés de ses menottes et un révolver ? Et comment aurait-il pu bénéficier d’une grenade qui a servi à ralentir ses poursuivants.
On n’a aucune idée d’où est passé Kerr. Et pourtant, les meurtres se poursuivent. Wisting est chargé de l’enquête, mais il est tenu en bonne partie responsable de la fuite de Kerr. Finalement, on lui retire la direction des recherches et il fait dorénavant l’objet d’une enquête interne. Sauf que, quand Wisting apprend que sa fille Line est probablement en danger, rien ne peut l’empêcher de foncer chez le supposé criminel et d’entraîner avec lui les forces policières disponibles.
Le roman est pédagogique, au sens où Horst voulait nous entretenir de la cruauté, « du désir d’infliger de la douleur et des souffrances à autrui ». Et il y parvient sans sombrer dans le scabreux ou l’exhibitionnisme malsain (gore) : les cadavres sont démembrés mais on n’assiste pas en direct aux mutilations. L’auteur s’est inspiré de plusieurs ouvrages de psychologie qui s’efforcent de comprendre l’origine et le fonctionnement de ce désir de faire souffrir autrui. Le roman aurait pu se ranger dans la catégorie des romans psychologiques si Horst, comme ancien policier, n’avait pas également à cœur de nous montrer comment les différents corps policiers se coordonnent pour suivre une piste et tenter de découvrir le complice de Kerr. De plus, comme dans ses romans précédents, Horst met en scène quelques rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine.
Extrait :
« La cruauté, c’est l’obscurité intérieure. Un besoin impérieux d’infliger des souffrances à autrui.
Son origine est plus difficile à déterminer. Je suis parvenu à la conclusion que c’est un phénomène que nous ne comprenons pas et dont nous ne pouvons pas nous prémunir, que nous ne pouvons ni maîtriser ni empêcher. Comme l’amour ». (Psychiatre Wallberg)

Holmestrand (Norvège)
Niveau de satisfaction :
(4 / 5)


2025








