Avaler du sable – Antônio Xerxenesky

Par Raymond Pédoussaut

avalerdusableDate de publication originale : 2010 (Areianos dentes)Xerxenesky
Date de publication française : 2015 chez Asphalte éditions
Genres : Western, fantastique, horreur
Personnage principal : Juan Ramírez habitant de Mavrak

Mavrak est une petite ville du Far-West perdue au milieu d’un désert de sable et de poussière. Deux familles sont ennemies depuis toujours : les Ramírez et les Marlowe. Miguel, le père de la famille Ramírez, est intrigué par le manège des Marlowe dans leur cave. Il demande à son fils, Martín, d’aller voir de plus près ce qui s’y passe. Martín est surpris lors de sa mission d’espionnage, il doit déguerpir en vitesse. Le lendemain il est retrouvé mort. Le shérif Thortorn arrive sur ces entrefaites. On ne sait pas qui l’a appelé, on n’avait jamais vu de représentant de la loi à Mavrak. Le père Ramírez, toujours obsédé par l’activité des Marlowe dans leur cave, pense qu’ils fabriquent une arme pour exterminer les Ramírez, une mitrailleuse peut être. Alors il va demander à son fils Juan d’aller requérir l’aide d’un chaman qui a le pouvoir de faire revenir à la vie les morts. La mitrailleuse d’un côté, les zombies de l’autre, la guéguerre continue.

Faut bien avouer que c’est un roman déroutant. Au départ ça ressemble à un western. Nous passons ensuite aux élucubrations d’un descendant des Ramírez qui tente d’écrire l’histoire de ses ancêtres. Et enfin nous basculons dans le roman d’horreur avec la résurrection des morts qui ne pensent qu’a dévorer de bonnes tranches de vivants.

Bien sûr on ne va pas s’interroger sur la vraisemblance de l’histoire mais on peut se poser la question du but recherché par l’auteur : écrire une fable, un récit onirique, une parodie, un roman mêlant les genres ? Il y a un peu de tout ça dans ce livre. Il en résulte une impression de confusion que la narration alternée entre la période Far-West et la période actuelle accentue encore. Heureusement que le livre est court, à tel point que les Éditions Asphalte ont senti la nécessité de lui donner un peu plus de volume en y insérant un bon nombre de pages blanches et des illustrations du style Gallmeister.

Un roman excentrique sans nul doute mais c’est a peu près sa seule qualité. Je ne suis pas contre les transgressions de genre quand elles sont faites avec talent. Mais ici :
– L’intrigue est imaginative mais sans aucune cohérence, totalement décousue, avec en prime l’auteur qui écrit sur lui-même en train d’écrire !
– La narration utilise à la fois les clichés du western et ceux des films d’horreur.
– Les personnages n’ont aucune épaisseur.
– Les dialogues sont d’une grande platitude.
– L’écriture est simple et banale.

Antônio Xerxenesky est né à Porto Alegre en 1984. Avaler du sable est son premier roman. C’est un début en littérature qui montre le chemin à accomplir avant de devenir un écrivain honorable.

Extrait : 
L’homme déambula dans la maison en lisant la lettre, tâtant des objets, en quête de son bâton poli. Il le trouva enfin, le frappa sans force contre le sol, une, deux, trois fois. Et il s’exclama dans un castillan trouble et truffé d’erreurs :
« Et les morts reviendront à la vie ! »
Son cri résonna dans la nuit et fut entendu. Non seulement par Juan Ramírez, mais aussi par Samuel Marlowe, qui s’était caché sous la fenêtre.

En s’aidant de son bâton, le sorcier s’assit par terre et ferma les yeux comme pour méditer. Il expliqua en gesticulant comment adviendrait le retour des morts, à moitié en castillan, à moitié dans une langue indigène oubliée.

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Le désert autour de Mavrak

Ma note : (2,5 / 5)

 

 

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