Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2025 (Libre Expression)
Genres : enquête, thriller
Personnages principaux : Victor Lessard, sergent-détective – Jacinthe Taillon, policière
Depuis 2010, Michaud est le plus percutant des auteurs québécois de romans policiers, notamment à cause de sa série des Victor Lessard/Jacinthe Taillon, qu’il a contribué à transformer en série télévisée qui a eu beaucoup de succès. Il a souvent essayé de se libérer de Lessard-Taillon, mais d’une façon plus ou moins convaincante. Ce n’est donc pas surprenant qu’il revienne aujourd’hui avec une nouvelle enquête de notre duo préféré.
Suite à la guérison du cancer de l’estomac de Jacinthe, Victor obtient qu’elle et lui soient mutés à l’unité des Crimes non résolus, moins turbulente, en principe, que l’unité des Crimes majeurs. Les voilà donc en train d’enquêter sur le meurtre sordide en 1995 d’une jeune femme de dix-huit ans, Julie Allard, sauvagement abattue dans l’ouest de Montréal. Au début de l’enquête, un condamné à mort demande à les rencontrer pour se disculper du meurtre d’une jeune femme dont on l’accuse et pour leur indiquer où retrouver plusieurs cadavres de femmes disparues qui auraient été enterrés dans un même trou.
Jacinthe et Victor enquêtent donc sur ce qui semble être un tueur en série. Mais, leur informateur se fait quasiment tuer; il semble donc qu’ils ont affaire à un scénario plus complexe. Au quartier général de la police, des dossiers ont disparu, et d’autres informations demeurent inaccessibles. Le (ou les) tueur serait-il protégé par des instances importantes des forces de l’ordre ? Et pour quelle raison ?
Le sergent-détective et sa collègue devront franchir plusieurs épisodes où, pas à pas, ils s’approcheront de la vérité, mais Victor sortira de là passablement amoché physiquement et moralement.
Comme dans une série télévisée, nos enquêteurs auront à régler plusieurs petits mystères qui s’inscrivent dans une problématique qui n’est pas toujours claire. Victor, toujours plus prompt que brillant, se fait rudement malmener mais, comme dans Jusqu’au dernier cri, on finit par le prendre un peu pour Tintin, et on ne s’en fait plus tellement pour lui. Même que son complexe de culpabilité qui refait surface nous lasse à la longue. Par contre, on retrouve une Jacinthe Taillon vulgaire comme il se doit, ce qui donne du piquant au binôme.
L’action se passe à Montréal; Michaud est à Montréal ce que Chrystine Brouillet est à Québec. Pour un Montréalais, ça rend le récit plus réaliste, d’autant plus que Michaud insiste beaucoup sur la nécessité de lutter contre la violence faite aux femmes, thème qui touche beaucoup les Montréalais depuis le massacre de Polytechnique[1]. En prenant de l’âge, Michaud, comme plusieurs dont Donna Leon, consacre un espace de plus en plus grand pour témoigner d’engagements sociaux progressistes.
Le roman se lit lentement; le lecteur doit rencontrer beaucoup de personnages. Heureusement que le hasard favorise Victor, qui n’a pas trouvé de pistes particulièrement éclairantes. La finale, rapide, est un peu décevante et j’ai eu la malheureuse impression que, pour boucler la boucle, un roman subséquent ne ferait pas de tort.
[1] La tuerie de l’École polytechnique est une tuerie en milieu scolaire ayant eu lieu le 6 décembre 1989 à l’École polytechnique de Montréal, au Québec (Canada). Marc Lépine, âgé de 25 ans, ouvre le feu sur vingt-huit personnes, tuant quatorze femmes et blessant quatorze autres personnes (dix femmes et quatre hommes)[1], avant de se suicider. Cet assassinat est perpétré en moins de vingt minutes à l’aide d’une carabine obtenue légalement. Il s’agit de la tuerie en milieu scolaire la plus meurtrière de l’histoire du Canada et d’une tuerie à caractère politique, puisque le tueur a déclaré à la fois à voix haute ainsi que dans les lettres retrouvées sur lui qu’il souhaitait tuer des féministes. (Wikipedia)
Extrait :
Cette affaire avait une ampleur qui les dépassait. Ils n’enquêtaient désormais plus sur un seul meurtre, mais sur la disparition et la mort potentielle de plusieurs autres jeunes femmes tombées dans l’oubli. Et, ce qui ne simplifiait en rien les choses, ils étaient aussi potentiellement sur les traces d’une opération de dissimulation orchestrée au sein même du SPVM, où des éléments corrompus jusqu’à la racine semblaient protéger un tueur en série utilisé comme atout opérationnel par la police.

Le nouveau centre opérationnel du SPVM
Niveau de satisfaction :
(3,8 / 5)

Date de publication originale : 2024 (TÆLLE TIL EN, TÆLLE TIL TO)
(4,5 / 5)
Date de publication originale : 2022 (Todo arde)
(4,3 / 5)
Date de publication originale : 2025 (The Secret of Secrets)
(4,1 / 5)
Date de publication originale : 2024 (Presses de la Cité)
(3,5 / 5)
Date de publication originale : 2025 – Hugo Publishing
(3 / 5)



Date de publication originale : 2024 (A Refiner’s Fire)

Date de publication originale : 2024 (Holy City)




Date de publication originale : 2024
(4,4 / 5)
Date de publication originale : 2018 (Nullpunkt)
(4,2 / 5)










