Les tricoteuses – Marie Saur

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2017 (Héliotrope noir)
Genre : Enquête
Personnages principaux : Daniel Hurteloup – Sophie (sa sœur)

Marie Saur est née à Rennes en 1978. Diplômée en littérature, langue et communication, elle s’est établie à Montréal. Elle a scénarisé cinq tomes de la série de bandes dessinées Jérôme d’Alphagraph en collaboration avec Nyslo. Les Tricoteuses est son premier polar.

Daniel Hurteloup a purgé sa peine de trafic de drogues et cherche à se réhabiliter auprès de sa sœur, Sophie, et de son beau-frère, Frédéric. On lui offre un poste de gardien de nuit chez TV6, que dirige Patricia Fortin Rousseau, la fille dévergondée de la puissante famille Fortin. Patricia est, cependant, trouvée pendue dans le studio B : meurtre ou suicide ? Comme, par hasard, les caméras de surveillance ne fonctionnaient pas toutes, Daniel et son amie Colette, qui travaillait comme narratrice hors champ à TV6, seront suspectés par la police officielle.

De fait, c’est la famille Fortin qui semble tirer toutes les ficelles et la policière Delphine Constant a l’air de se demander ce qu’elle fait là. Se greffe à cette histoire, un flash-back sur l’épisode lointain des ‘tricoteuses’, femmes courageuses reconnues pour avoir organisé une grève contre l’empire Fortin quarante ans auparavant. La mère de Colette semble être une des meneuses de ce conflit de travail, qui s’est terminé dans la confusion mais au profit de la compagnie. Par ailleurs, un des fils Fortin, Thomas, aurait peut-être trempé dans le meurtre de sa sœur, s’il s’agit bien d’un meurtre et s’il s’agit bien de sa sœur. A-t-on voulu se débarrasser de Patricia et de Thomas pour des avantages financiers? Pendant que la police élabore des hypothèses, la spécialiste en informatique de TV6 découvre ce que personne n’a pensé chercher, et trouve même des preuves qu’il aurait été facile de faire disparaître, n’eût été de la grande confiance en lui et en son impunité qu’éprouvait un autre fils Fortin.

Mais la policière sera promue en Europe, Colette obtiendra son divorce, Daniel recevra un gros montant d’argent, de sorte que personne ne saura vraiment ce qui s’est passé.

C’est un roman déconcertant : plusieurs pistes n’aboutissent pas et l’auteure veut tellement en dire qu’on s’y perd. On ne reprochera pas à Marie Saur de ne pas avoir de souffle, mais trop de souffle risque d’ébranler la précision. Et la grande part accordée aux tricoteuses n’améliore pas la clarté du sujet. Par contre, ceux qui aiment se sentir décontenancés, même quand la lecture est terminée, y trouveront assurément leur compte.

Extrait :
Le chat Gribouille se frotta aux jambes de Marie-Andrée Marquette, qui fit semblant de se fâcher parce que l’animal l’empêchait de mettre ses souliers et qu’elle allait être en retard au bureau. Ils sortirent tous deux dans le petit matin frais de novembre et se séparèrent sur le balcon du deuxième étage.
Gribouille attendit que Marie-Andrée eût tourné au coin de la rue Plamondon, dévala à son tour les marches de l’escalier extérieur, traversa prudemment la rue, grimpa sur un balcon et gratta à la porte de la vieille madame Vigneault. La dame attendait tous les matins son petit Muguet avec de la pâtée en boîte individuelle, bœuf gastronomique ou saumon de l’Atlantique en bouillon. Les jours de fête, elle sortait pour Muguet d’un placard fermé à clef un sachet de Party Mix aux crevettes séchées ou bien saveur Plaines de l’Ouest. Après sa collation, Muguet grimpait sur les genoux de madame Vigneault et y restait jusqu’à l’heure du dîner. La vieille dame entretenait une longue conversation avec le chat, qui répondait par des clignements d’yeux et des miaulements. Quand 11 heures sonnaient à la petite pendule dorée sous cloche, madame Vigneault reposait Muguet par terre, lui ouvrait la porte d’entrée en lui disant « À demain, mon petit Muguet ! » et rejoignait sa cuisine.

Terrasse Dufferin

Niveau de satisfaction :
(3 / 5)

 

 

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La découronnée – Claude Amos

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2017 (Rivages)
Genre :
Roman noir
Personnages principaux : Johan et Guy Mesel, Frères – Maïa, nourrice des deux frères – Camille, adolescente – Zahra, belle-mère de Camille

Johan et Guy Mesel sont frères. Ils décident d’échanger les appartements pendant la durée des vacances. Johan ira à la montagne pour faire des randonnées tandis que Guy s’installera à Viâtre dans l’appartement que son frère vient d’acheter dans ce qu’on appelle la montée de la Découronnée. Guy, en fouillant les affaires de son frère, va découvrir l’histoire des anciens propriétaires. Il va être obsédé par le destin tragique d’une ancienne occupante. Il va contacter sa fille, Camille, une adolescente de seize ans. Camille vit maintenant avec Zahra qui a épousé son père après la mort de sa mère. Guy va faire découvrir à Camille sa propre histoire familiale. Elle en sera bouleversée. De son côté Maïa, la nourrice de Johan et Guy , va aussi revenir à Viâtre pour tenter de retrouver un fils enlevé près de soixante ans plus tôt, pendant la guerre. Tous ces personnages ont une histoire liée à un lieu : la montée de la Découronnée.

L’intrigue mêle l’histoire de plusieurs familles. Il faut être attentif pour ne pas perdre les liens qui unissent les principaux personnages et pour les positionner clairement, d’autant plus qu’il y a aussi de nombreux personnages secondaires. Le risque de confusion ou de perte du fil de l’histoire est lié au petit espace qui rassemble un grand nombre de protagonistes. Ce n’est pas toujours évident de s’y retrouver. Passé cet obstacle on peut apprécier les mystères qui planent sur la disparition d’une mère ou d’un fils. Les souvenirs incomplets et flous permettent des interprétations contradictoires. C’est en fonction de leur psychologie et de leurs blessures que ces gens essaient de reconstituer des événements dont il ne reste qu’une souvenance brumeuse. C’est très habilement que l’auteur joue sur ces réminiscences diffuses pour installer le doute jusqu’au bout.

La phrase mise en exergue du roman donne le ton : « Ô l’amour d’une mère, amour que nul n’oublie » (Victor Hugo – Feuilles d’automne). La relation mère – enfant, ou son absence, est l’autre thème après la résurgence du passé. Ainsi les deux frères Johan et Guy n’ont pas été élevés par leur vraie mère, en dépression sévère et incapable de s’occuper d’eux. C’est Maïa, la nourrice, qui les a élevés, elle les considère comme ses enfants. Maïa a eu un fils à quinze ans mais il a disparu dans une rafle en 1944. A-t-il survécu ? Camille a perdu sa mère jeune. Avant ça quelqu’un la maltraitait. Est-ce sa mère ou sa belle-mère Zahra, la deuxième épouse de son père ?

Claude Amos réussit à construire un roman noir dense sans qu’il n’y ait le moindre coup de feu, le moindre mort. Les souvenirs sont parfois la plus violente des agressions.

Extrait :
La montée de la Découronnée est une ruelle en pente raide qui grimpe à l’assaut de la colline, en face de la passerelle. Le nom vient d’une statue de pierre, à l’angle du quai et de la rue, a expliqué Johan. Guy la repère sans peine, à la hauteur du premier étage, éclairée par une guirlande de minuscules ampoules. Une femme enveloppée dans une cape, qui porte sur le front une couronne aux pointes brisées.

Niveau de satisfaction : 
(3,5 / 5)

 

 

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Spada – Bogdan Teodorescu

Par Marielle Pondevy Moënne-Loccoz

Date de publication originale : 2008 (spada)
Date de publication française :
2016 (Agullo)
Genres :
roman noir, politique-fiction
Personnages principaux : Le Poignard, le Président, Ràdoulescou (ancien Président), les médias

Le roman débute par un dimanche d’été sur la place Obor, à Bucarest, où « La Mouche », un Rom doté d’un casier judiciaire, joue au Bonneteau afin de soulager les joueurs de leur argent. Peu de temps après, « La Mouche » est retrouvé égorgé par un poignard (Spada).
La situation s’aggrave rapidement lorsque 3 autres corps sont découverts, assassinés de la même façon et avec un profil identique : roms, avec un casier judiciaire. Et cette série de crimes devient rapidement difficile à gérer pour le Ministre de l’Intérieur, le Premier Ministre et le Président, dans une année préélectorale. La pression de l’Union Européenne et des instances étrangères influent également sur la gestion de cette crise. Alors que les morts du Poignard continuent à s’amonceler, les médias, les différents partis politiques vont tenter de tirer avantage ou de diminuer l’impact de la situation, rendant chaque chapitre un peu plus glauque, sordide, et caustique.
Il faut dire que le Poignard est considéré soit comme un assassin, soit comme un héros national : car il s’attaque à des roms avec des casiers judiciaires. Oui, mais les Roms représentent environ 2 millions de voix… Alors, de décisions politiques en actes idiots, de communiqués de presse en corruption de journalistes, les faits vont s’enchaîner et se déformer de façon caricaturale.

Le génie de Bogdan Teodorescu dans Spada consiste à dévoiler le côté sordide des affaires politique et médiatique roumaines sans jamais ennuyer le lecteur. Sous couvert d’une série de meurtres au poignard (Spada), il se livre à une enquête sociologique de grande envergure. Les crimes ne constituent qu’un prétexte pour évoquer le fonctionnement corrompu et ubuesque d’un régime démocratique mais néanmoins sujet à de nombreuses dérives.
En dépit d’une multitude d’intervenants, de ministres, de journalistes, ce roman se lit aisément : sans doute, parce qu’il est vrai qu’à certains moments les discours extrémistes de Varlaam, qui dirige le Parti d’Union Nationale, ressemblent à ceux de certains de nos hommes (ou femmes) politiques français, et que d’autres similitudes apparaissent au fil des pages. Et puis, dans tout ce cirque médiatico-politique subsiste toujours une pointe d’humour : de nombreuses situations en deviennent d’ailleurs cocasses.

Ce roman ne s’adresse aucunement aux adeptes de la chasse aux serial-killers. En revanche, il constitue un bon outil pour comprendre les rouages et mécanismes du cercle politico-médiatique, et si ce Polar atypique est souvent noir, il contient néanmoins un second degré sarcastique par la cruauté et le réalisme des passes d’armes entre les différents intervenants.
Ici, le nerf de la guerre c’est le pouvoir. Et, pour une démocratie encore jeune, ce pouvoir permet à une minorité toutes les bassesses. Dans ce surprenant polar roumain, Bogdan Teodorescu manie avec délice l’humour, l’énergie du désespoir, pour nous présenter une politique-fiction avec un arrière goût de réalité.

Extrait :
Discussion entre le Premier Ministre et Càlin Sélarou (conseiller) :
– Et alors ?
– Nous analysons.
– Bon, mais que faisons-nous, tout de même ? Qu’est ce qu’on attend ?
– Ma proposition que j’ai transmise lors de la dernière réunion du Conseil Suprême de Défense de la Roumanie, il y a deux semaines, est que l’on change de ministre de l’Intérieur.
– Vous croyez qu’il est coupable ?
– Non, bien sûr ! Ce n’est quand même pas à lui d’arrêter l’assassin. Mais un nouveau ministre de l’Intérieur bénéficiera d’une période de grâce, et peut-être que dans l’intervalle l’assassin sera arrêté.

Palais Cotroceni

Niveau de satisfaction :
(4,3 / 5)

 

 

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Froid d’enfer – Richard Castle

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2011 (Heat rises)
Date de publication française : 2012 (City Editions)
Genres : Enquête, thriller
Personnage principal : Nikki Heat, inspecteur à la police de New York, Jameson Rook, journaliste

Ne perdons pas trop de temps sur l’identité de la personne qui se cache derrière le pseudonyme de Richard Castle. Castle est, en réalité, le nom de l’écrivain newyorkais, conseiller de la police de New York, particulièrement de la jolie Kate Beckett, dans la série télévisée américaine Castle qui, depuis 2009, a connu plusieurs bonnes saisons à la télévision française. Les romans ont, semble-t-il, été conçus à partir de la série. Castle est devenu le journaliste Jameson Rook, et Beckett est devenue la policière Nikki Heat. On a attribué le nom de Castle à l’auteur de cette série de romans, mais le mystère plane encore sur l’identité réelle de l’auteur. Si vous commencez à vous sentir un peu mêlé, attendez de lire le roman !

Le père Gerald Graf est retrouvé torturé à mort aux Délices du donjon. Le chef et mentor de Nikki Heat, le capitaine Montrose, a depuis quelque temps des comportements bizarres : il devient suspect d’on ne sait quoi aux yeux des autorités policières et il se mêle d’orienter les démarches de Nikki dans l’enquête de la mort du père Graf, ce qui n’est pas coutume. Pourquoi Horst Meuller, le Danseur du Chaud Show, a-t-il essayé d’étrangler Graf et menacé de le tuer ? Et, au moment où Nikki venait interroger le danseur, qui a tiré sur lui et pourquoi? Puis, on découvre que le père Graf était sympathisant de Justicia aguarda, rebelles armés qui militaient pour les opprimés de Colombie. Y a-t-il un rapport entre cette activité et le fait que Graf gardait cachée une grosse somme d’argent ? Nikki établit aussi un rapport entre les blessures de Graf et celles du jeune Huddleston abattu quelques années auparavant, cas sur lequel Montrose semblait vouloir revenir. Qui a le pouvoir de démettre Nikki Heat de ses fonctions et d’où sort l’escadron de professionnels qui cherchent à la tuer dans Central Park?

Vient un temps où Nikki Heat ne sait plus où donner de la tête, et nous non plus. A part quelques moments de répit pendant lesquels Nikki et Jameson réfléchissent en baisant (ou l’inverse), ça n’arrête pas : on ne compte plus les entrevues, les poursuites, les fuites; les personnages se multiplient; grâce aux ordinateurs et à internet, on découvre des informations qui nourrissent des hypothèses variées et variables. Un rebondissement n’attend pas l’autre. Notre héroïne est souvent mal prise, mais il y a du Tintin en elle, et on se doute bien qu’elle va finir par s’en sortir; elle aussi d’ailleurs. Probablement que tout ça passerait mieux au cinéma. Essayer de rassembler toutes ces péripéties dans un gros livre a pour effet de perdre et de lasser le lecteur, même si les pièces de cet énorme puzzle finissent par se mettre en place. Il y a aussi que le charme de Jameson Rook et le sex appeal de Nikki Heat passent mieux à l’écran.

Extrait :
Le truc à New York, c’est qu’on ne sait jamais ce qu’on va trouver derrière une porte, se disait une fois de plus l’inspecteur Heat en se garant dans la 74e au niveau d’Amsterdam, devant les vitrines balayées par les gyrophares de sa Crown Victoria et de l’ambulance. Nikki savait, par exemple, que la porte anodine du caviste cachait une déco tout en beige et ocre imitant l’intérieur d’une cave, où les bouteilles s’empilaient dans des niches ornées de pierres de rivière importées de France. Sur le trottoir d’en face, la porte d’une ancienne banque de l’époque de Roosevelt donnait sur un escalier en colimaçon qui descendait vers une immense salle de base-ball envahie, les samedis et dimanches après-midi, par des jeunes joueurs rêvant de ligue majeure et les enfants venus fêter leur anniversaire. Pourtant, ce matin-là, la plus banale de ces portes − celle en verre dépoli sans la moindre trace d’enseigne, avec juste un numéro autocollant or et noir acheté chez le quincailler pour indiquer l’adresse au-dessus − allait s’ouvrir sur l’un des intérieurs les plus inattendus de ce quartier tranquille.

New York sous la neige

Niveau de satisfaction :
(3,5 / 5)

 

 

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Drone Land – Tom Hillenbrand

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2014 (Drobnenland)
Date de publication française : 2017 chez Piranha
Genres : Enquête, thriller, Science-fiction
Personnage principal : Aart van der Westerhuizen, inspecteur-chef d’Europol

Westerhuizen est inspecteur-chef d’Europol. Il est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un député du parlement européen. Avec l’aide de Terry, le super-ordinateur omniscient de la police, la résolution de cette affaire ne devrait pas traîner. Cependant les implications politiques rendent l’affaire plus complexe que prévue. Un suspect finit par être identifié, c’est un anarchiste qui prône le refus d’intégration européenne. Ce suspect est accidentellement tué par un drone hors de contrôle. L’enquête semble terminée mais Westerhuizen n’est pas satisfait, il soupçonne l’intervention de groupes beaucoup plus puissants qu’un petit activiste, d’autant plus qu’il va découvrir qu’il y a eu manipulation des données utilisées par le super-ordinateur. Son entêtement à vouloir comprendre tous les tenants et aboutissants de l’affaire va le mettre en danger.

L’intrigue se déroule dans un futur proche. Si la façon dont se déroule une enquête n’a pas beaucoup évoluée, la technologie au service des policiers s’est considérablement développée. Le chef est toujours irascible et exigeant, il y a encore les pressions de la hiérarchie qui, elle-même, subit les contraintes politiques. Mais maintenant notre inspecteur-chef est assisté d’une analyste chargée du dialogue avec Terry, le super-ordinateur capable de répondre à toutes les questions, de faire des prévisions, des historiques, le tout instantanément … Bref, Terry l’ordinateur sait tout ! Par contre il ne comprend pas l’humour et les sarcasmes, là il demande de reformuler la question. Autre grand progrès, mis à part la prolifération des drones, de toutes tailles et de toutes fonction, c’est la possibilité d’entrer dans un monde virtuel qui recrée exactement les scènes de crime passées. Et ce n’est pas tout : on peut aussi, pour les gens accrédités, se dédoubler dans un mirrorspace, un espace virtuel parallèle à notre univers physique. Tout ce déploiement technologique rend les opérations policières beaucoup plus efficaces, d’autant plus que la surveillance est omniprésente et les données récoltées en nombre considérable. De puissants ordinateurs les exploitent. On connaît tout sur tous … enfin presque ! L’ambiance futuriste s’accompagne d’un vocabulaire spécifique : reflets, specs, colibris, mollys, mirrorspace. Je n’insisterai pas sur la théorie du rasoir d’Ockham ou sur l’anomalie de Markov aussi évoquées dans le livre.

Le cadre est celui des environs de Bruxelles mais de grands changements climatiques se sont produits : outre qu’il ne cesse de pleuvoir, une partie de la Hollande a disparue sous les eaux et la montée des eaux continue.

Hillenbrand ne s’en tient à cet aspect futuriste, il montre aussi ce qui reste immuable : le jeu politique et la soif du pouvoir. Dans le contexte d’un vote pour une nouvelle constitution européenne, il y a ceux qui veulent conserver leurs prérogatives qui s’opposent à ceux qui souhaitent une redistribution des cartes. Les indécis, dont on ne connaît pas les intentions, représentent une incertitude que certains vont s’efforcer de lever de façon définitive.

Drone Land est à la fois une enquête traditionnelle par son déroulement mais aussi une investigation futuriste par l’utilisation de nouvelles technologies. C’est un roman dense et captivant qui aborde avec bonheur de nombreux domaines : les évolutions technologiques, la surveillance généralisée, la géopolitique, les changements climatiques.

Extrait :
Bien. Il y a une bonne dizaine d’années, lorsque le programme Tares a été mis en œuvre dans les territoires occupés par l’Union, certains programmeurs ont compris qu’avec les impressionnants volumes de données en temps réel que nos capteurs relevaient dans les recoins les plus obscurs et qu’on enregistrait sur des espaces de stockage, on pouvait concevoir une copie du monde, un monde virtuel. Ces programmeurs, et surtout un type génial du nom de Peter McDoyle, travaillaient pour Tallan Consolidated. Ils ont construit les premiers prototypes. Lorsqu’ils les ont présentés aux chefs d’états-majors de l’Union ainsi qu’aux responsables de la RR, ils n’en sont pas revenus. La perspective de pouvoir envoyer des espions invisibles dans presque tous les endroits du monde laissait entrevoir un pouvoir immense. Les militaires voulaient ces fantômes, et le plus vite possible. On leur a accordé un budget considérable et les équipes de McDoyle se sont mises au travail. Deux ans plus tard, les premiers esprits ont commencé à se déplacer dans le mirrorspace. Comme je le vois à votre regard impatient, vous connaissez déjà cette partie de l’histoire. Un sourire narquois s’affiche sur son visage.

Niveau de satisfaction : 
(4,3 / 5)

 

 

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La Daronne – Hannelore Cayre

Par Marielle Pondevy Moënne-Loccoz

Date de publication originale : 2017 (Métailié)
Genre :
Roman noir atypique
Personnage principal : Patience, veuve Portefeux (La Daronne)

Si vous examinez consciencieusement la couverture de La Daronne vous vous rendrez compte que c’est Hannelore Cayre qui pose au milieu de deux sacs Tati. Son expérience du milieu judiciaire (elle est avocate pénaliste) transparaît au fil des pages, dans ce roman. La Daronne nous propose une immersion au sein du milieu des interprètes judiciaires, des écoutes des stups, de la magistrature… Mais il nous offre bien plus que ça. Ce Polar tente de répondre à des questions sociologiques préoccupantes sur la place de nos aînés, la fin de la vie, et le rôle de l’argent comme moteur de nos actions. Tout cela, avec un ton sarcastique et humoristique, une bonne dose de noir très noir et des anecdotes qui semblent si vraisemblables qu’on est en doit de s’interroger sur le bon fonctionnement de notre machine judiciaire.

Le personnage central : Patience Portefeux, cette petite Madame, comme Hannelore Cayre l’a décrite elle-même semble éminemment familière : elle est confrontée au même soucis que bon nombre d’entre nous et tente de faire face à sa manière singulière. Il y aura bien quelques victimes collatérales mais qu’aurions nous fait à sa place ???
Patience est née dans une famille où l’argent, gagné principalement de façon malhonnête, occupe une place prépondérante. Mais quand elle devient veuve Portefeux avec deux filles en bas âge, elle se voit contrainte de travailler énormément pour assurer la survie de ses proches. Interprète Franco-arabe non déclarée pour le Ministère de la justice, elle enchaîne les heures et progresse en raison de sa nationalité française, à un moment où tout Arabe est considéré comme un potentiel terroriste. Elle traduit de son domicile les écoutes de la Brigade des stups et tombe accidentellement sur des informations relatives à un trafic de résine marocaine. Patience Portefeux doit, dans ce même temps, gérer la dégradation de l’état de santé de sa mère placée dans une EPHAD.

Les événements s’enchaînent très rapidement, Patience, qui a, jusqu’alors, servi la justice à temps complet, se retrouve grâce à son chien ADN, en possession d’une importante cargaison de cannabis. Elle se crée alors un personnage : La Daronne… et va incarner le rêve de sa mère : la Juive intrépide…

Ce Polar n’est pas qu’un roman de plus sur la drogue. C’est avant tout une incursion dans le milieu judiciaire. Et La Daronne, bien que le personnage central du roman, laisse la part belle à une multitude de personnages secondaires, furieusement attachants : les pensionnaires de l’EPHAD Les Éoliales, Madame Fò (la voisine chinoise de Patience), Philippe (son fiancé flic), Afid (un jeune trafiquant bien sous tout rapport…

En bref, un très bon moment de lecture pour moi en dépit d’une fin qui, seul bémol, ne m’a pas complètement convaincue !

Extrait :
Votre maman est une survivante des camps…
– Et après ?
– L’éthique nous commande de nous appuyer autant que nous le pouvons sur la volonté des malades même s’ils ne sont pas en état de la formuler expressément. Je pense que lorsque l’on a survécu à une épreuve pareille, renoncer à vivre paraît inenvisageable. J’aurais personnellement opté pour la sonde gastrique.

En semaine, leurs journées commencent vers quatorze heures et se terminent à trois heures du matin. Elles se résument à des va-et-vient en scooter ou en Smart entre leur point de réapprovisionnement et de deal et leur bureau sis au kebab du coin ou à la salle de sport.
Si j’avais à les filmer dans leurs activités, je mettrais en fond sonore What a worderful world de Louis Armstrong.

Louis Armstrong – What a Wonderful World

Niveau de satisfaction :
(4,5 / 5)

 

 

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Chemin de croix – Hervé Gagnon

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2017 (Libre Expression)
Genres : Enquête, noir
Personnage principal : Patrick Kelly, détective privé

Hervé Gagnon nous a conquis avec ses polars d’enquête mettant en vedette le journaliste Joseph Laflamme. L’action se situait à la fin du XIXe siècle et, en bon historien, Gagnon nous trimballait dans ce Montréal fin de siècle, dont nous reconnaissons certains vestiges encore aujourd’hui. Changement de cap avec le roman Chemin de croix, très contemporain, avec le détective (et ex-policier) Patrick Kelly.

L’histoire se situe toujours à Montréal, et Gagnon ne se gêne pas pour remettre en question le succès de cette ville dite intelligente, en la comparant à des villes syriennes victimes de bombardements. Partout des cônes rouges, partout des nids de poule et maintenant des ventres de bœuf; plus un transport en commun insuffisant. On reconnaît bien notre ville.

Entre le début du XXe siècle et aujourd’hui, le roman américain est passé, et Patrick Kelly s’inscrit assez bien dans cette mouvance. Ce n’est pas encore un paumé mais, sous prétexte de dégustation, il écluse bon nombre de scotchs; avec difficulté, il partage la garde de sa fille et n’est pas vraiment diplomate ni avec elle ni avec son ex; il meuble sa solitude avec des musiques de blues. Somme toute, c’est un gars fermé pas très sympathique. Comme détective, il se contente de traquer les maris volages, les petits fraudeurs, les mauvais payeurs. Une sorte d’antihéros.

Survient Claire Black, une religieuse dans la trentaine : elle lui demande de retrouver un vieux crucifix qui aurait déjà servi à invoquer le diable, et qui aurait pu être récemment volé par un groupe de fanatiques voués au culte de Satan. Ce genre de problèmes n’intéresse vraiment pas Kelly, mais la somme d’argent qui lui est offerte est irrefusable. Il rencontre un indic à la Place Émilie Gamelin qui l’oriente vers des appartements désaffectés où auraient lieu des messes noires. Des jeunes filles sont retrouvées droguées et égorgées, un crucifix enfoncé dans le vagin. Des personnes âgées ont été écorchées dans des églises. Les deux sortes de crimes semblent liées. Violemment tabassé et perturbé par les sautes d’humeur de sa fille, Kelly veut abandonner. Mais Claire joue de ses charmes et de son argent. Il décide donc de persévérer.

Des questions le hantent : pourquoi les adorateurs de Satan l’ont battu et que leur chef ait interdit qu’on le tue ? Pourquoi Claire tient-elle tellement à ce maudit crucifix en bois, sans valeur même pour un antiquaire ? Et où est donc passée sa fille?

Gagnon se laisse aller à partager avec nous ses fantasmes transgressifs, intégrés dans une histoire complexe aux multiples ramifications. Son art des rebondissements nous bouscule un peu mais, comme c’est bien écrit et que les descriptions des lieux reflètent la réalité, le lecteur est aisément entraîné dans un courant démentiel et pourtant cohérent. Évidemment, je me suis un peu ennuyé de Joseph Laflamme et de ses complices, d’autant plus que ce Montréal-là avait le charme suranné des choses désuètes. Par contre, ce Patrick Kelly pourrait être le petit-fils de Sam Spade, de Philip Marlowe ou de Mike Hammer. Les amateurs du roman d’enquête américain, variante québécoise, se sentiront chez eux.

Extrait :
Kelly s’éveilla en sursaut en ayant l’impression de manquer d’air. La voix de la fillette et le ronflement des flammes semblaient encore résonner sur les murs de sa chambre. Son cœur s’était emballé et il avait froid. Dehors, le jour s’était levé. Sur la table de chevet, son portable sonnait. Il le prit. Il indiquait 8h 12. Il répondit
− Pat ? C’est Stéphan.
− C’est juste un hasard ou tu le fais exprès pour me réveiller ? ronchonna-t-il, heureux de penser à autre chose.
− Tu sais bien que je le fais exprès. Qu’est-ce que tu voulais ?
− J’ai un meurtre à te signaler. Enfin, je crois.
Il passa la demi-heure suivante à raconter à Doré ce qu’il avait découvert dans le squat. Après avoir mis son portable sur le haut-parleur, il lui fit parvenir ses photos et sa vidéo. Il omit de mentionner le crucifix de 1742.
− Pis qu’est-ce que tu foutais là, au juste ? s’enquit Doré.
La veille, Kelly avait préparé une histoire totalement crédible − pas un mensonge, mais une restriction mentale − qui lui permettrait de garder le nez de son ami hors d’une lucrative enquête.
− Je cherchais un sans-abri qui détenait possiblement des renseignements qui me seraient utiles, dit-il. Il n’était pas là, finalement.
− Ouais… OK. Mettons… lança son vieux copain, sceptique. Je vais envoyer une équipe. T’as touché à rien, j’espère ?
− J’ai fait très attention, enquêteur Doré.
− Je suppose que je devrais te remercier de l’avoir signalé. T’étais quand même pas obligé. Des satanistes… Tabarnak… soupira le policier.

Place E Gamelin

Niveau de satisfaction :
(4,3 / 5)

 

 

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Le pain perdu – Pierre Pelot

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 1974 (G.P.) – Réédition 2016 (Bragelonne/Milady)
Genre : Roman noir
Personnage principal : Lou Carmaux, de retour chez lui après 10 ans de prison

Lou Carmaux est de retour chez lui après dix ans de prison. Il a été condamné suite à une bagarre de bal qui a mal tourné, il a tué accidentellement son adversaire. Lou retrouve la maison familiale abandonnée. Ses anciens amis d’enfance ne sont pas vraiment ravis de le revoir, sauf celui qu’ils surnomment Patte-folle, qui n’était pas pourtant son plus proche copain. Et puis il y a la tribu Millot : le père, la mère, cinq frères et une sœur. C’est de cette famille qu’il a tué un des enfants. Ils n’ont pas oublié, bien sûr. Ils espéraient même qu’il reviendrait. Maintenant il est là. Il y a des comptes à régler.

L’intrigue est simple : un ancien taulard revient dans le village de son enfance et se heurte au désir de vengeance de la famille de sa victime. Le roman est court (150 pages) mais dense. L’accueil que reçoit Lou et ses rapports avec les gens du village sont subtilement analysés. L’amitié, les rapports humains et leur évolution dans le temps sont aussi intelligemment décrits. Il y a également une belle réflexion sur le passé, sur l’impossibilité de retrouver ce que l’on a laissé. On ne retrouve pas, on recommence. Tout est à reconstruire.

Ce roman est un mélange de nostalgie et de violence. La nostalgie est symbolisée par la recette du pain perdu, une recette ancienne, la seule qui soit une affaire d’homme, c’est en général le père qui s’en occupe : du pain rassis, du lait, des œufs, des épices … et il faut que ça fume ! La violence c’est celle de la vengeance. Même si Lou a payé, pour les parents de la victime ce n’est pas assez puisque lui est vivant alors que le fils, le frère, est mort. Une ambiance semblable à celle du western est alors mise en place par l’auteur.

Le pain perdu est un roman d’une grande humanité qui, sous l’aspect de la simplicité, aborde des thèmes aussi complexes que l’amitié, le passé, la vengeance, la paternité.

Ce livre a été adapté pour la télévision par Pierre Cardinal en 1977.

Extrait :
Le passé, dit-il, ça n’existe plus. Je le sais, maintenant. On veut recommencer en s’accrochant à ce qui reste d’avant, et ce n’est pas possible. Parce que toujours, ce qui reste, c’est avant, justement. Tu comprends ?

— Dis pas de bêtises, Lou.
— Non, Janot, c’est pas des bêtises.
Il baissa les yeux, et Patte-Folle aussi – il n’y avait que sa sœur pour l’appeler Janot, parce qu’un jour il lui avait avoué qu’il n’aimait guère son surnom.
— C’est pas des bêtises… Que tu te souviennes dans n’importe quelle direction, à un moment donné il y a le trou. Il y a ce qui sépare avant de maintenant.
Lou eut un sourire forcé. Il soupira et dit :
— Tu sais pourquoi je suis revenu ? Pour mon gamin. Voilà. Pas pour Huguette, ni rien. Pas même pour les copains, Janot, ni toi ni un autre… C’était pour le gamin que j’avais jamais vu. Combien de fois je me suis dit : « Tu as un fils, mon vieux », et je m’écoutais pour savoir quelle impression ça faisait. Rien. Pas d’impression. Je me suis forcé, tu entends ? Avoir un fils, c’était des mots. Je me suis forcé pour que ça représente autre chose. Et, finalement, ça a représenté quelque chose…

Niveau de satisfaction : 
(4 / 5)

 

 

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Le 16e Gala du roman policier de Saint-Pacôme (Québec/Canada)

Par Michel Dufour

Cette soirée de Gala du 7 octobre 2017 mettait un terme à une fin de semaine bien remplie alors que, le vendredi soir, le chroniqueur judiciaire Claude Poirier a donné une conférence devant plus de 80 personnes à l’église de Saint-Pacôme. Le lendemain, la première édition du Salon du polar avait lieu : dès 10h30, le critique bien connu (et très estimé) Norbert Spehner a présenté les auteurs; une foule d’une centaine de personnes est venue entendre les conférenciers et rencontrer les personnalités et auteurs présents pour l’occasion.

Ce Gala a été l’occasion de remettre les prix Saint-Pacôme à plusieurs compétiteurs.

GRAND PRIX SAINT-PACÔME : Patrick Senécal, L’autre reflet (Alire)

C’est la deuxième fois que Senécal se mérite le prix : en 2007, son roman Le vide avait aussi été élu le meilleur roman policier de l’année.

« L’auteur confronte le processus de création, le rôle de la muse et questionne la société sur le prix du succès, le tout à travers la structure du suspense. Il propose un roman noir qui flirte avec l’horreur, alors qu’un auteur sans envergure est pris à plagier les scènes d’action d’une détenue», de mentionner Daniel Marois, président du jury et chroniqueur littéraire web au Huffington Post.

Les autres membres du jury étaient Robert Laplante, journaliste bédé et de littérature de l’imaginaire, ainsi que Lise Audet-Lapointe, grande lectrice et libraire à la retraite. Rappelons que les deux autres finalistes étaient Marie-Ève Bourassa pour Frères d’infortune publié chez VLB et Jacques Côté pour son polar Où le soleil s’éteint publié chez Alire. Chacun a reçu une bourse de 500$, gracieuseté de la Caisse Desjardins de l’Anse de La Pocatière et de Canadian Tire/La Pocatière et Montmagny.

Sang d’Encre Polars a déjà publié le compte rendu des romans de Bourassa et de Côté, celui de Senécal paraîtra bientôt.

PRIX SAINT-PACÔME JEUNESSE

Le Prix Saint-Pacôme Jeunesse a été attribué pour une deuxième année. Ce prix, qui récompense l’auteur du meilleur roman policier destiné aux jeunes de 10 à 16 ans, a été remis pour une seconde année à Laurent Chabin, pour son roman La maison du silence, publié aux éditions Hurtubise HMH. Une bourse de 1 500 $, offerte par la Municipalité de Saint-Pacôme, est également attribuée à ce prix.

PRIX SAINT-PACÔME INTERNATIONAL

Les Librairies indépendantes du Québec, coopérative qui regroupe sous la bannière Les libraires plus d’une centaine de librairies indépendantes à travers le Québec, sont un fier partenaire pour une troisième année de la SRPSP (Société du roman policier de Saint-Pacôme) en vue de la remise du Prix Saint-Pacôme International du roman policier. Ce prix de reconnaissance a été remis à Don Winslow pour Cartel paru aux Éditions du Seuil. Rappelons que, pour ce prix, le jury est composé de libraires membres de la coopérative.

Sang d’Encre Polars a aussi recensé ce roman de Winslow.

PRIX JACQUES-MAYER (meilleur premier polar)

Ce prix a été attribué à Eric Forbes pour Amqui (Héliotrope).

Compte rendu publié dans nos pages.

PRIX COUP DE CŒUR

Remis pour la toute première fois par le vote du grand public via le nouveau site Internet de la SRPSP. Ce prix a été a été décerné à Patrick Senécal pour L’Autre reflet.

PRIX DE LA RIVIÈRE OUELLE (de la nouvelle policière)

Le premier prix est allé à Madame Sonia Galopin de Québec pour sa nouvelle Loup solitaire.

Le deuxième prix a été accordé à Madame Chantal Lecours de Montréal pour son texte intitulé Lola.

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9e Festival international des littératures policières de Toulouse 2017 – Les prix décernés

Par Raymond Pédoussaut

Les prix attribués lors de cette édition 2017 :

Prix Violeta Negra

Ce prix récompense un polar traduit d’une langue du sud : espagnol, italien, portugais, grec, turc … ou autre langue du Sud.

Le Fleuve des brumes
de Valerio Varesi

 

Prix de l’Embouchure

Prix qui porte le nom du siège de la Police Judiciaire de Toulouse. Il est décerné par l’Amicale du Personnel de la Police Nationale.

 L’affaire Jane de Boy
de Simone Gelin

 

Prix Thierry Jonquet de la nouvelle

Le thème imposé en 2017 était la photo d’une œuvre exposée au musée Paul Dupuy de Toulouse dont le concurrent devait s’inspirer librement :

Montre de Pierre BERGIER, en forme de vanité, Paris, vers 1650, boîte et cadran en argent, dimensions H:3,4cm, L:3,2cm © Musée Paul Dupuy

Le 1er prix est attribué à Patricia Portmann pour
                     Faux et usage de faux

Tous les détails sur le site Toulouse Polars du Sud

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