La machine Ernetti – Roland Portiche

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2020 – Albin Michel
Genres : Techno-polar, historique, thriller religieux
Personnages principaux : Pellegrino Ernetti, prêtre musicologue et physicien – Natacha Yadin-Drori, archéologue israélienne

Milan 1955.
Leonardo, prêtre et savant du Vatican, capte par hasard la voix de son père en faisant des essais sur un magnétophone à fil. Le plus étonnant c’est que son père est mort depuis des années et que ses paroles datent de trois quarts de siècle. Leonardo vient d’enregistrer une voix du passé. Il demande à son jeune assistant, le père Pellegrino Ernetti, de l’aider à étudier cet étrange phénomène. Ernetti est prêtre, musicologue, il a aussi étudié la physique quantique. Leonardo est appelé au Vatican pour étudier les travaux du physicien Majorana, mystérieusement disparu, mais dont les résultats de ses recherches sont gardés au Vatican. Le pape Pie XII et son bras droit l’archevêque Montini, futur pape Paul VI, pensent que les plans d’une machine à explorer le temps imaginée par Majorana pourraient les aider à prouver la vérité des Évangiles et relancer la foi chrétienne. C’est ainsi que Leonardo et Ernetti mettent au point le chronoviseur, une machine permettant de voir le passé. L’engin fonctionne au-delà des espérances et permet même de remonter jusqu’à l’époque de Jésus-Christ. Les bases du christianisme vont-elles être confirmées de façon éclatante ? La machine à voir dans le passé réserve aussi quelques mauvaises surprises.

Comme le précise l’auteur dans l’avant-propos, « aussi incroyable que cela paraisse, ce roman est basé sur une histoire vraie. Elle s’est déroulée à Rome, au Vatican. Un homme, un prêtre, aurait construit entre 1956 et 1965, en pleine guerre froide, une machine à voir dans le temps. » Partant de cet événement, Roland Portiche a imaginé un récit où il est question du voyage dans le passé, de neutrinos, de physique quantique mais aussi des luttes intestines à l’intérieur de la hiérarchie catholique, des secrets et de la rétention d’information concernant les manuscrits de la mer Morte, de la rivalité des services de renseignement de la CIA, du KGB, du Mossad et de politique. C’est en mêlant astucieusement des faits réels avec des aventures imaginaires, des personnages historiques et des héros fictifs, que l’auteur a élaboré une intrigue assez complexe mais captivante même s’il faut bien admettre que les possibilités du chronoviseur sont un peu trop ébouriffantes pour être crédibles.

Le père Ernetti a bien existé. Il aurait fabriqué une machine qui lui aurait permis de remonter le temps mais l’engin n’a fait l’objet d’aucune publication scientifique. Il y a eu controverse sur cette invention : pure affabulation ou réalité ? Une rumeur dit que la machine à remonter le temps aurait été démontée et qu’elle serait conservée avec ses plans dans les caves du Vatican, connues pour renfermer bien d’autres secrets.

Roland Portiche nous offre avec ce roman une histoire fascinante et mystérieuse qui excite l’imagination. Un prodigieux voyage dans l’espace et le temps à condition de ne pas s’enfermer dans un esprit rigidement cartésien.

Extrait :
– Je comprends, dit le pape qui se retourna vers Pellegrino. Père Ernetti, il nous faut des images plus fortes. Voyez le padre Pio. Ses stigmates ont déplacé des milliers de personnes parce qu’ils étaient magiques. L’instant d’avant, ses mains étaient intactes. L’instant d’après, il y avait les stigmates. Le miracle se voit au premier coup d’œil !
– Mais le padre Pio souffrait de névroses, objecta Pellegrino. Nos films montrent Jésus en personne !
– Hélas, quand on le dira, personne ne nous croira. Je le déplore, mais c’est ainsi. Il faut montrer un événement vraiment extraordinaire dans la vie de Jésus.
– Un autre miracle ? hasarda Pellegrino.
– Nous nous heurterons aux mêmes objections. Ceux qui y croient contre ceux qui préfèrent une explication naturelle. Je ne vois qu’une chose à filmer, à présent : la crucifixion de Jésus, suivie de sa résurrection. Je craignais que le chronoviseur, par son réalisme, ne rende cette scène trop cruelle. Mais il faut en arriver là. Nous nous sommes bien compris, père Ernetti ?
– Oui, Saint-Père.
Il était abasourdi.

Niveau de satisfaction :
4.2 out of 5 stars (4,2 / 5)

 

 

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