Fleurs sanglantes – Colleen McCullough

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2010 (Nacked Cruely)
Date de publication française : 2012 (L’Archipel)
Genre : Enquête policière
Personnages principaux : Carmine Delmonico, capitaine de police – Helen MacIntosh nouvelle recrue de police, riche et belle.

Le roman commence par un viol. Le violeur se fait appeler Didus Ineptus, l’ancien nom du Dodo, un oiseau si stupide qu’il a fini par disparaître. Le très distingué capitaine Carmine Delmonico mène l’enquête et l’on finit par découvrir que c’est toute une série de jeunes femmes qui ont été victimes du Dodo. Parallèlement à cette affaire de viol, l’équipe de Delmonico découvre une cache d’armes dans un établissement scolaire. Une boutique de bibelots est vandalisée en même temps qu’une banque est dévalisée. Comme si cela ne suffisait pas, un enlèvement avec demande de rançon vient s’ajouter aux charges de l’équipe de Delmonico. Heureusement que le capitaine est un mec efficace car en plus de tout ce qui lui dégringole sur la tête il doit faire face à la dépression de son épouse, à un lieutenant qui picole parce que sa femme couche avec le premier venu et qu’il doit aussi canaliser l’ambition d’une stagiaire aussi riche que canon. Mais Super Delmonico fait avancer la résolution de tous ces problèmes avec calme, détermination et intelligence ! Quel homme !

D’abord on se demande pourquoi l’auteur a éprouvé le besoin multiplier les histoires, genre morceaux de puzzle, plutôt que de traiter complètement une seule intrigue. D’autant plus que ces récits marginaux n’apportent pas grand-chose à l’enquête principale. Et puis il y a ce mélange d’une certaine violence tout à fait actuelle : les viols, un double meurtre sanglant, avec des émois de bourgeoises de la classe supérieure qui semblent d’une autre époque : les adultes  qui se courtisent sans aller au-delà du léger flirt, le goût des objets de décoration, la recherche vestimentaire, l’élégance… La bourgeoise excédée qui jure violemment, ça donne « flûte » ! J’ai eu l’impression que l’auteure s’est efforcée d’introduire de la violence pour faire moderne. Puis au fil du récit, elle retombe dans son penchant naturel pour une autre époque peuplée de gens distingués, raffinés et courtois qui même si ce sont des criminels, restent quand même très classe ! Une volonté de s’intégrer à notre époque, de faire un polar moderne, que son âge (75 ans) rend un peu artificielle. La fin du roman apporte quand même un peu de complexité et de noirceur à travers le portrait de la brillante Helen MacIntosh. Le style est assez plat, sans relief et sans recherche.

Un polar assez reposant qui se laisse lire quand on n’a pas besoin d’une grosse dose d’adrénaline. Si vous cherchez un thriller palpitant, vous êtes priés de passer votre chemin.

Ma note : (3 / 5) 

Partager sur les réseaux sociaux
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Ce contenu a été publié dans Australien, Enquête, Moyen, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

6 réponses à Fleurs sanglantes – Colleen McCullough

  1. ingannmic dit :

    Colleen McCullough… n'est-ce pas celle qui a écrit "Les oiseaux se cachent pour mourir" ?!

  2. Athalie dit :

    L'auteure de "Les oiseaux se cachent pour mourir" …. Voilà qui explique tout ! même dans mes pires déviances pour le kitsch, je n'ai pas pu avaler la guimauve. Mais du coup, j'ai savouré ta critique en la lisant tranquillement, sans peur d'avoir envie de croquer dans le bouquin. La bourgeoise qui dit "flûte", ça doit être marrant (horripilant). A bientôt.

    • Ray dit :

      Je crois que je ne donne pas trop envie de croquer dans le bouquin ! Quand à l'affreux juron (flûte!) c'est peut être un problème de traduction, je ne sais pas ce que ça donne en anglais. On avait perdu l'habitude d'entendre jurer si grossièrement ! Ah! ces bourgeoises, quand elles se lâchent !

  3. Cassiopée dit :

    Bien d'accord avec vous, il vit mieux lire autre chose.

    Bravo pour vos articles de fond d'une qualité qui fait plaisir à lire.

    Cassiopée du blog collectif un polar

  4. Cassiopée dit :

    Il vaut mieux, pardon pour la coquille!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*