Profanation – Jussi Adler-Olsen

Par Raymond Pédoussaut

profanationDate de publication originale : 2008 (FASANDRÆBERNE)
Date de publication française : 2012 (Albin Michel) olsen
Genres : Enquête, Thriller
Personnages principaux : Carl Mørck inspecteur du département V à Copenhague et son assistant syrien Assad Hafez el Assad

De retour de vacances Carl Mørck retrouve son bureau dans la cave de la préfecture de police où est installé le département V dont il est le chef et le seul représentant officiel. Son assistant, le syrien Assad, a un statut particulier, pas très clair : il n’est pas policier, c’est l’homme à tout faire de Mørck et il l’aide dans ses investigations. L’équipe très restreinte du département V est renforcée par une nouvelle secrétaire. Un sourire à se damner, une coiffure ébouriffée courte et noire, des vêtements sombres, perchée sur des talons vertigineux : c’est Rose. Elle a les qualités pour être policière, mais elle n’a pas son permis de conduire. Elle fait donc du secrétariat. Dans d’autres services, elle à déjà sévi semant la pagaille. Carl n’est pas vraiment ravi, il n’a pas le choix il doit accepter provisoirement la nouvelle assistante mais il pense se débarrasser d’elle le plus vite possible. Dans les dossiers des affaires à traiter, qu’il trouve sur son bureau, il y a une ancienne affaire dans laquelle se sont trouvés impliqués des gosses de riches, autrefois pensionnaires d’une école privée huppée. Ils étaient accusés d’avoir battu à mort deux jeunes gens. Ces fils à papa sont devenus depuis des notables au sommet de l’échelle sociale : l’un est propriétaire de plusieurs cliniques privées, le second est designer mondialement connu et le troisième est un célèbre analyste financier. Un quatrième membre, celui qui était d’origine sociale modeste, est en prison, après avoir avoué être l’auteur de l’agression. Un autre membre de cette bande, Kirsten-Marie Lassen dite Kimmie, a disparu, on ne sait pas ce qu’elle est devenue. Ce qui paraît étrange à Carl et Assad, c’est que l’on ait ressorti ce dossier, puisque l’affaire a été classée, le coupable arrêté et emprisonné. D’autant plus qu’on ne sait pas qui a déposé le dossier sur le bureau de Carl. Pendant ce temps les trois nantis continuent de se fréquenter. Ils participent ensemble à des activités qui leur procurent des émotions fortes : agresser et battre sauvagement des gens pris au hasard ou des parties de chasse spéciales. Mais ils sont inquiets car Kimmie est réapparue en SDF. Ils la redoutent beaucoup. Ils décident de la retrouver et de la neutraliser. On devine qu’entre eux et Kimmie il s’est passé des choses terribles des années auparavant. Carl, lui, trouve cette affaire de plus en plus bizarre et il décide d’enquêter de nouveau surtout parce qu’on lui a ordonné d’arrêter ses investigations.

Dans ce deuxième tome consacré au départementV, le duo Carl – Assad devient un trio avec l’intégration de Rose dans l’équipe. On ne peut pas dire que Carl soit enchanté d’avoir du renfort. Lui, se trouve très bien avec Assad. Ils forment une équipe atypique mais complémentaire. Carl est assez bourru et parfois cynique. Il est aussi intelligent et très réfractaire aux ordres : il n’accorde à personne le droit de le commander. Il sait se montrer fin stratège quand il s’agit de ne pas obéir à la hiérarchie sans provoquer de crise. Assad reste mystérieux avec des comportements parfois assez brusques mais aussi avec des intuitions fulgurantes. Il est malin, roublard et montre des ressources insoupçonnées quand c’est nécessaire. Rose ne dépare pas cette fine équipe: elle n’est pas docile du tout, se moque ouvertement de son chef, n’en fait qu’à sa tête mais elle est efficace et offre une Profanation-Kimmieaide précieuse lorsque les deux autres ont besoin d’obtenir des renseignements. Dans les personnages secondaires les trois riches pervers et malfaisants sont rendus de façon à ce qu’il soient totalement haïssables. Le personnage de Kimmie, la SDF, est bien réussi : elle est guidée par des voix intérieures, à la fois complètement cinglée, intelligente mais aussi redoutable.

Mon collègue Michel a fait une chronique élogieuse du premier tome Miséricorde. Ce deuxième volet, Profanation, confirme le bon niveau de cette série. Sans atteindre l’engouement phénoménal de Millenium de Stieg Larsson, la série est promise à un grand succès.

Extrait :
Carl alluma une cigarette et acheva sa lecture. Les dernières pages parlaient de ses remords. Elle ne regrettait pas d’avoir fait sauter Aalbaek de son balcon. Elle s’en voulait pour l’overdose de Tine. Il y avait de la tendresse derrière les mots qu’elle avait choisis. Il y avait une empathie et une compréhension qu’on ne retrouvait dans aucun de ses autres crimes. Des mots comme au revoir ou encore la toute dernière fois où Tine a été heureuse.
Il y avait dans ce cahier de quoi rendre fous les médias et faire tomber les cours de la bourse, quand les noms des coupables seraient dévoilés.

Ma note : (4 / 5) profanation-amb1

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