Le Président a disparu – Bill Clinton et James Patterson

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2018 (The President is missing)
Date de publication française : 2018 (JC Lattès)
Traduction : D. Defert, C. Delporte,
S. Todd

Genre : Thriller
Personnage principal : Jonathan L Duncan, Président des
États-Unis

J’ai connu Patterson au moment des premiers Alex Cross (1993-1999). Depuis cette époque et sa croisade en faveur de la lecture (pour laquelle il distribue de généreuses subventions aux écoles), Patterson a la réputation de s’entourer d’une vingtaine de scribes auxquels il confie des idées générales et des scénarios qui finissent en romans qu’il endosse. L’objectif n’est pas de réaliser de grandes œuvres littéraires, mais de publier des romans divertissants, à la lecture facile, et qui plaisent au plus grand nombre. Sa formation en publicité ne lui a pas nui. Il est ainsi devenu un des romanciers les plus lus et les plus riches.

Le Président des États-Unis disparaît et bien des raisons peuvent expliquer sa disparition : est-ce sa santé fragile qui s’est détériorée définitivement ? Est-ce une ruse pour éviter une procédure de destitution ? Est-ce une façon d’échapper à une tentative d’assassinat ? S’agit-il d’un problème encore plus grave ?

De fait, un virus informatique très malicieux risque de détruire tout ce qui est opéré par les réseaux électroniques aux États-Unis. Les experts européens et soviétiques sont convoqués pour tenter de le neutraliser et doivent travailler avec Augie, un jeune musulman, super hacker, récemment encore affilié au Djihad islamique. En même temps, le Président doit débusquer un traître infiltré dans sa garde rapprochée : la vice-présidente Kathy Brandt, la directrice de la CIA Erica Beatty, Rodrigo Sanchez, chef d’état-major des armées, sa chef de cabinet Carolyn Brock, Dominick Dayton, secrétaire à la Défense, son conseiller à la Sécurité nationale Brendan Mohan, et Sam Haber, secrétaire à la Sécurité intérieure. Enfin, le refuge supposément top secret où les spécialistes s’efforcent de neutraliser le fameux virus, et où sont également réunis la première ministre israélienne, le chancelier allemand et le premier ministre soviétique, est attaqué par des mercenaires bien armés.

Ce n’est pas l’action qui manque et on a là le scénario d’un bon film comme on en a vu plusieurs depuis quelques années. Dans la première partie, cependant, le Président se livre à de longues introspections; c’est lui, d’ailleurs, qui raconte une grande partie de cette histoire. Malgré le grand nombre de personnages et les nombreux revirements, ça se lit bien et l’objectif de divertir est atteint.

Le lecteur, cependant, n’est pas troublé par le suspense parce que, dès le départ, les bons sont trop bons et les méchants trop méchants : les bons doivent donc gagner. Même si bien des aspects de la politique américaine sont assez semblables dans le roman et dans la réalité, ce n’est pas le cas du Président : Duncan est parfait de A à Z, courageux, sensible, intelligent, juste, responsable, pieux… et je pourrais continuer longtemps. Le roman est aseptique dans son ensemble et paraît se conformer au Code Hays qui réglementait la dimension morale du cinéma américain de 1933 à 1960. On peut y voir un certain manque de réalisme (ou un réalisme à l’eau de rose) qui transforme ce roman quasi historique en fable pour adolescent. Mais c’est certain qu’un roman pour adolescent n’est pas nécessairement un mauvais roman.

Extrait :
– Je ne vous remercierai jamais assez, dis-je au chancelier Juergen Richter.
Je ne vous cache pas que je suis très déçu de notre échec à Berlin.
Vous n’y êtes pour rien. Il vous attendait, Juergen, continué-je en l’appelant par son prénom, chose rare avec cet homme protocolaire, si on en arrive là, votre influence auprès des membres de l’OTAN sera déterminante.
J’en ai bien conscience (…)
Noya, dis-je en la serrant longuement dans mes bras, profitant du réconfort de cette étreinte.
Je peux rester, Jonny, murmure-t-elle.
Non. Il est déjà plus de 19 heures. Je vous ai retenue plus longtemps que prévu… Si… si le pire… Je ne veux pas devoir veiller à votre sécurité. Et de toute façon, il est préférable que vous rentriez chez vous (…)
Mes experts peuvent rester, propose-t-elle.
Ils ont déjà fait tout ce qu’ils ont pu. Mes équipes travaillent maintenant sur les serveurs du Pentagone. Comme vous pouvez l’imaginer, on doit s’occuper de ça seuls.
Bien sûr.
En plus, c’est notre dernière chance d’arrêter le virus.
Elle prend ma main qu’elle garde dans les siennes.
Israël n’a pas de meilleur allié. Et je n’ai pas de meilleur ami, conclut-elle (…)
Monsieur le Premier ministre, dis-je en serrant la main d’Ivan Volkov.
Monsieur le Président, je crois que nos experts ont fait ce qu’ils ont pu.
Oui, en effet. Ayez l’obligeance de transmettre mes remerciements au président Tchernokev (…)
Nos spécialistes pensent que votre plan pour neutraliser ce virus pourrait marcher, assure Volkov. On est de tout cœur avec vous.

Niveau de satisfaction :
3.7 out of 5 stars (3,7 / 5)

 

 

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