La mort au pluriel – Hélène Potvin

Par Michel Dufour

lamortaupluriel2Date de publication originale : 2014 (Éd La Semaine)Potvin
Genre : Suspense numérologique
Personnage principal : Madeleine Bonneau, policière (Alma)

Originaire du Saguenay, Hélène Potvin signe son septième roman.
Deux cas sont portés à l’attention de Madeleine Bonneau, policière à Alma : un riche homme d’affaires semble s’être suicidé; une jolie femme disparaît et sera retrouvée noyée; elle était l’amante de l’homme d’affaires.

Pour être franc, je ne pensais pas lire tout le roman : l’auteure est passionnée par plusieurs formes d’irrationalisme et, dans La mort au pluriel, la policière se lie d’amitié avec une numérologue, sur qui elle compte beaucoup, et dont les intuitions la mettront sur la piste.
La présence d’une parapsychologue dans un roman n’est pas suffisante, cependant, pour répudier le livre en question. Il fallait donc traverser le roman pour évaluer l’importance de la numérologue dans l’enquête. Or, en un sens, elle est très importante, parce que la policière Madeleine Bonneau s’inspire des révélations de son amie Marie Bouchard pour comprendre les personnages impliqués dans cette histoire et, surtout, pour suivre des pistes qui devront conduire à l’assassin éventuel. Et ces pistes seront déterminées par la numérologie et par un test d’associations libres (très librement inspiré de la méthode psychanalytique). D’un autre côté, les révélations ne règlent pas tout; elles désignent un suspect et mènent à un interrogatoire et à une perquisition. L’interrogatoire déroute les policiers et la perquisition n’aurait abouti à rien sans l’erreur incroyable de l’assassin. Cette erreur joue ici le rôle d’un deus ex machina, et c’est ce qui affaiblit considérablement la qualité du roman.

On ne reprochera donc pas au roman de baigner dans une irritante irrationalité, mais plutôt d’omettre les véritables qualités d’enquêteuse de Madeleine et, pire, de priver la détective de toute capacité de déduction rationnelle basée sur une collecte de faits indéniables.

La forme de la composition condamne d’ailleurs la détective à l’usage presqu’exclusif des grandes intuitions : les chapitres procèdent par description d’un personnage, véritable galerie de tableaux juxtaposés à propos desquels Madeleine et Marie passent leurs commentaires. Récit, donc, passablement statique, où l’enquêteuse principale sort rarement de sa tête. D’ailleurs, la révélation finale, elle l’obtient dans un rêve ! Degré 0 de l’action comme telle, bavardages incessants, introspections complaisantes ou auto culpabilisantes, rien là de très excitant.

Dommage, parce que les principaux personnages sont bien décrits, le problème posé à l’origine est pertinent, l’assassin est intelligent et le texte est écrit avec aisance.

Extrait : 
En prenant place au volant, Bonneau repensa aux dernières paroles de Marie :
« Nos métiers ne sont pas si différents dans le fond, nous cherchons toutes deux à découvrir la vérité. Et nous sommes parfaitement disposées à prendre les moyens disponibles pour y parvenir. Vous œuvrez dans le monde tangible, visible, réel, connu, et moi dans l’autre. Il y a toujours deux expressions pour chaque entité, chaque chose, chaque situation, chaque être, tout ce qui constitue l’univers : le yin et le yang. Il s’agit de complémentarités, non de dualités. Disons que je suis du yin, et vous du yang. M. B. : ces initiales dans les agendas de vos deux victimes, celles qui vous ont conduite jusqu’à moi, s’appliquent aussi à votre nom, y aviez-vous songé ? La vie ne laisse rien au hasard, vous l’avez dit vous-même, et c’est tellement vrai puisqu’elle n’est qu’intention… »
Madeleine Bonneau était loin de se douter que l’enregistrement qu’elle venait de réaliser avec Marie Bouchard contenait plusieurs clés de l’énigme Fleury-Després. Le seul hic est qu’elles étaient codées en quelque sorte. Codées dans un langage symbolique, vieux de plusieurs siècles.

Ma note : (3 / 5) lamortaupluriel-amb

 

 

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