La vieille fille et la mort – Catherine Sylvestre

Par Michel Dufour

lavieillefilleetlamortDate de publication originale : 2015 (Alire)Sylvestre-Catherine
Genre : enquête
Personnage principal : Catherine Sylvestre, commis dans une bibliothèque de Laval

Catherine Sylvestre a écrit beaucoup pour la jeunesse et quelques nouvelles dans les revues Solaris et Alibis. La Vieille fille et la mort est son premier polar pour adultes. Son nom réel est Francine Pelletier mais, comme ce nom désigne habituellement au Québec une journaliste active et très connue, nous conserverons le pseudonyme qu’elle a choisi pour son premier polar, et qui est aussi d’ailleurs le nom de celle qui raconte ses propres aventures dans le roman.

Née dans la région de Lévis, Sylvestre passe un bac en enseignement du français à l’UQAM et se consacre à l’écriture à plein temps (1999) après avoir remporté deux fois le Grand prix de la science fiction et du fantastique québécois en 1988 et 1999.

Le début de La vieille fille et la mort est original et saisissant : l’auteure nous raconte une histoire d’autant plus mystérieuse que le rêve se mêle à la réalité, et que sa réalité est celle d’une femme qui vient de vider une bouteille de champagne pour fêter son anniversaire en solitaire. On peut donc avoir certains doutes sur sa découverte, dans l’appartement voisin, d’une perruche calopsitte albinos, d’un jeune homme pendu (Guillaume) et d’une jeune femme apparemment morte (Maryse), étendue dans une position indécente. Du moins, jusqu’à l’arrivée de la police.

Catherine travaille comme commis dans une bibliothèque à Laval. Elle a lu beaucoup de romans policiers et est renseignée sur le fonctionnement des forces de l’ordre surtout par les séries télévisées. C’est peut-être ce qui la pousse à enquêter pour comprendre ce qui est arrivé à sa voisine Maryse et au jeune Guillaume, qu’elle connaissait assez bien. Pendant que les policiers enquêtent de leur côté, tout en lui conseillant de se mêler de ses affaires, nous ferons le tour avec Catherine des amis de Guillaume, qui fréquentaient la bibliothèque, et de sa mère. Catherine, qui croit plutôt à un double meurtre, soupçonnera successivement à peu près tout le monde, y compris Marco, un de ses rares amis, et, évidemment, Stéphane, l’époux de sa voisine. Son enquête n’est pas très rigoureuse mais donne l’occasion à l’auteure de nous faire partager ses états d’âme, doutes, hésitations, élans irraisonnés, procrastination, bref un tableau miniaturisé de sa vie quotidienne, la vie d’une femme de 37 ans qui s’ennuie.

Il m’a semblé que l’intrigue intéressait moins Catherine Sylvestre que son personnage de Catherine. Rien ne permet au lecteur de découvrir l’assassin; Sylvestre ne joue pas avec le lecteur et ne le défie pas non plus. On n’observe pas vraiment le travail des policiers ni de son beau sergent-détec’Yves Tremblay. Par contre, bien des pages s’attardent sur son amitié avec Willie et ses relations ambigües (et surprenantes) avec le sergent-détect’Yves.

Bref, ce qui est fort dans ce roman, c’est la description psychologique d’un personnage plus ou moins sympathique (ce n’est pas ça qui est important) qui saute sur l’occasion d’un crime pour briser sa solitude et son ennui. Avec les conséquences négatives que ça entraînera mais, peut-être aussi, la promesse d’un avenir meilleur.

Extrait : 
Guillaume n’a pas tué Maryse pour se suicider ensuite. Quelqu’un l’a pendu au lustre; quelqu’un l’a tué, puis pendu au lustre, qui a cédé sous son poids. Il y a eu mise en scène, l’empreinte des bottes de Guillaume sur la chaise a été délibérément fabriquée. Et Maryse s’est assise dessus après. Donc, Maryse est morte après Guillaume. Ce n’est pas un meurtre suivi d’un suicide, c’est … un double meurtre.
Le cœur me bat tellement fort que je perçois les pulsations du sang jusque dans mes tempes.
Suis-je une pauvre folle dotée d’une trop vaste imagination ? Il y a des tas d’autres hypothèses pour expliquer les résidus de sable sous le postérieur de Maryse… Guillaume a grimpé sur la chaise pour prendre quelque chose dans une armoire située trop haut… Ouais. Guillaume a grimpé sur la chaise avec ses bottes ? Mieux : avec ses bottes pleines de sable ? Un garçon si poli, si attentionné…
Non, non, je ne délire pas : on a simulé les empreintes de Guillaume sur la chaise, puis Maryse, affolée, s’y est laissée choir ou bien elle y a été poussée avant que… avant que…

Ma note : (3,5 / 5) lavieillefille-amb

 

 

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