Peaux de soie – Diane Vincent

Par Michel Dufour

peauxdesoieDate de publication originale : 2015 (Triptyque)Vincent-Diane
Genres : suspense, enquêtes
Personnage principal :
Josette Marchand, massothérapeute

Diane Vincent, spécialiste du français québécois parlé, retraitée depuis peu (2011), peut maintenant se consacrer à l’écriture; depuis 2007, elle compte déjà à son actif quelques ouvrages sur l’information et la confrontation sociale dans les médias, et trois romans policiers.

Le quatrième, Peaux de soie, se déroule en bonne partie dans le milieu de la mode : Cosimo Ferretti, designer de mode et concepteur textile, et Irène Wat, top modèle et femme d’affaires, sont retrouvés morts le lendemain d’une audacieuse exposition : suicides ou meurtres? La massothérapeute Josette Marchand, qui a formé au massage Irène Wat, et son ami Vincent Bastianello, détective à la Police de Montréal, se chargent de l’enquête, en grande partie chacun de son côté. Comme l’histoire est écrite à la première personne, nous entendrons surtout parler de ce qui se passe dans le monde et la vie de Josette.

En réalité, Josette n’enquête pas vraiment sur l’assassinat du couple d’artistes; elle sera beaucoup plus intéressée par l’usage pédophilique d’enfants asiatiques dont certains citoyens, riches et plus ou moins célèbres, font le trafic. Elle sera aidée par la jeune thaïlandaise Chana, travailleuse spécialisée pour le couple Ferretti-Wat. Bastianello leur donnera un rapide coup de main pour trouver des maisons délabrées dans lesquelles des photos pornographiques avaient été prises, qui illustraient les comportements pédophiliques.

Puis, il quitte Josette pour l’étranger. Tous semblent chercher un témoin important apparemment disparu. Et qui serait mêlé à une histoire de textures qui produiraient une sorte de vêtements invisibles auxquels s’intéresseraient des vendeurs d’armes qui font affaire avec des armées plus ou moins régulières. Josette et Vincent ne parviennent pas à communiquer et à mettre en commun leurs découvertes. Josette et Chana semblent en danger; ou est-ce un faux danger créé par la bizarre Sofia pour des raisons pas très claires?

Bref, j’aime bien être dérouté par un écrivain qui multiplie quelques fausses pistes, mais ici j’ai été complètement perdu. Raconté par une seule personne, ce qui se passe pour le lecteur est très fragmentaire; et nous sommes rarement directement branchés sur l’action. Josette nous raconte sa vie dont une partie semble préoccupée par une enquête. Pas facile d’embarquer, parce que, entre autres, plusieurs personnages importants ne sont que des noms, alors que d’autres (je pense aux squatters, surtout à Cantin) sont attachants mais pas importants, eu égard au développement des trois problèmes qu’on essaie de suivre. Aussi à cause de quelques invraisemblances (Josette sort le message du coffre alors qu’elle déjeune avec Chana dans un Café; le supposé brillant Matthieu qui, en travesti, prend le nom de Mathilda, lien établi rapidement par Chana…) ou beaux hasards (la robe déchirée découverte par Chana; la rencontre entre Cantin et Matthieu…). Et, enfin, parce que le personnage qui relie ces trois histoires ne survient que vers la fin. Et disparaît pour des raisons pas très claires.

Malgré une écriture facile, c’est un roman que j’ai trouvé plutôt frustrant. Élaborer une belle énigme mystérieuse qui va titiller le lecteur ne nécessite pas qu’on se lance dans des complications à damner un saint.

Extrait : 
Irène revint sur scène avec une robe blanchâtre qui n’avait rien à voir avec la collection. Le tissu était lourd et l’effet, quelconque. Mais lorsqu’un spot projeta sur elle le FeW de la marque, Irène tint la pause et sortit du faisceau pour rejoindre l’ombre. Je ne saisis trop par quel tour de passe-passe, mais le logo était désormais imprimé sur son vêtement. Ça chuchotait et soupirait dans l’assistance. Cependant, les soupirs et les chuchotements provenaient peut-être du fait que la robe avait été tailladée en quelques longues estafilades, laissant voir la véritable peau de cette femme décharnée. Aussi altière qu’à son habitude, Irène avait son regard absent des grands podiums, mais de véritables larmes noircies de rimmel ruisselaient sur ses joues. C’est ainsi que le défilé prit fin.

Ma note : (3 / 5) peauxdesoie-amb

 

 

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