Dix petits hommes blancs – Jean-Jacques Pelletier

Par Michel Dufour

dixpetitshommesDate de publication originale : 2014 (Hurtubise)Pelletier
Genres : Thriller
Personnage principal : Gonzague Théberge, policier québécois

Pendant une dizaine d’années, Jean-Jacques Pelletier a été mon auteur de romans policiers québécois préféré. J’ai retrouvé, dans son dernier roman, certains de ses procédés familiers, des personnages excessifs aux projets démesurés, et une critique impitoyable de la manipulation des masses au moyen du contrôle des média et des réseaux sociaux.

À Paris, un petit homme blanc a été tué dans le premier arrondissement. Puis, deux autres dans le deuxième. Leclercq, des Services de renseignement, demande à Théberge de l’aider à y voir plus clair. Le policier québécois accompagne en France son épouse qui est en période de réadaptation. Puis, trois petits hommes blancs sont retrouvés assassinés dans le troisième arrondissement. Les journaux et les nouvelles télévisées ne parlent que de cette escalade. Les réseaux sociaux amplifient le phénomène. La panique gagne la population. Des groupes de défense se constituent.

Pendant ce temps, on règle des comptes; on termine des contrats; on crée les conditions favorables pour l’artiste qui veut « sculpter dans l’humanité ».

J’avoue que, cette fois-ci, Pelletier m’a perdu. J’ai bien vu passer la belle Natalya et le talentueux Victor Prose, mais je n’ai pas bien compris ce qu’ils faisaient là. Beaucoup d’autres personnages semblent importants, mais ils n’ont pas assez de substance pour qu’on s’y attache, qu’on les aime ou qu’on les haïsse. Aucun fil directeur, ou alors si bien dissimulé qu’il semble noyé dans tous les récits secondaires.

C’est très rare que je suis ainsi déboussolé par un roman. Surtout quand il s’agit d’un auteur comme Pelletier, qui m’a procuré de si grands plaisirs. Sur le net, j’ai consulté quelques critiques : tous remarquent cette critique de la manipulation des masses, mais personne n’essaie de résumer l’histoire ou d’articuler avec cohérence les différents récits. Puis, j’ai lu dans une entrevue que tout cela prendrait probablement du sens dans le deuxième tome. L’éditeur, peut-être inquiet par le très grand nombre de pages du premier tome (575 pages, réduites à 500 pages sur le site de l’éditeur ?!) n’a pas cru bon d’informer ni sur son site ni dans le livre déjà publié qu’une suite était en préparation.

En espérant que le sens adviendra.

Extrait : 
− La diversité de vos compétences ne cesse de me surprendre. Pour superviser le club, vous aviez certains avantages, votre gabarit notamment, mais là…
− Ce n’est pas différent.
Payne leva les yeux vers elle.
− Manipuler des pervers ou des petits génies de l’informatique, reprit-elle, il n’y a pas vraiment de différence. Il suffit de savoir à quoi ils réagissent.
− Et vous contrôlez bien celui que vous avez recruté ?
− Il a terminé l’essentiel du travail. Tous les chatbots sont prêts à fonctionner.
− Vous êtes sûre qu’il n’y a aucun risque de fuite ?
− Les programmes informatiques sont par nature discrets. Tout ce qu’ils pourraient parfois révéler, c’est l’identité de celui qui les a fabriqués.
− C’est précisément à cet individu que je songeais.
− Je vais m’assurer personnellement de sa discrétion.
Elle avait volontairement employé une formulation ambiguë, sachant que Payne supposerait le pire.
− Vous allez le…?
− Comme je le disais, sa tâche est remplie. La planète peut désormais se dispenser de ses services.

Sans note dixpetitshommes-amb

 

 

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