Lynwood Miller – Sandrine Roy

Par Raymond Pédoussaut

lynwoodmillerDate de publication originale : 2016 (Éditions Lajouanie)roy-sandrine
Genres : Enquête, fantastique, sentimental
Personnages principaux : Lynwood Miller, américain installé dans les montagnes françaises – Élisabeth Kellermann, jeune fille possédant d’étranges pouvoirs – Simon Borrie, expert en informatique.

La bergerie d’un voisin de Simon Borrie, a été rachetée par un inconnu qui se lance dans de gros travaux. Cet inconnu est un grand gaillard américain peu bavard et mystérieux mais qui finit par sympathiser avec Simon. Il s’appelle Lynwood Miller. Il pensait prendre une retraite paisible dans un coin perdu des montagnes françaises. Il a bien fait de venir là, Lynwood : peu de temps après son arrivée il sauve une jeune fille agressée par deux bandits que Lynwood met en fuite. Après avoir porté secours à la fille, il la fait soigner à l’hôpital. En sa présence il se produit d’étranges phénomènes : la télévision explose, les aiguilles de la pendule se mettent à tourner très rapidement, des objets se déplacent tout seuls … Elle s’appelle Élisabeth, elle a le don de télékinésie, entre autres. D’abord fasciné, Lynwood tombe éperdument amoureux. Avec son ami Simon et le commissaire Marchand, ils vont mener l’enquête sur l’agression. Cela les amènera en Allemagne. C’est dans le passé de la jeune fille qu’ils espèrent trouver les raisons des récents événements.

L’auteure nous fait voyager des montagnes françaises (les Pyrénées, bien que n’étant pas explicitement citées) jusqu’en Allemagne où tout se dénouera. Les conditions de la naissance d’Élisabeth expliquent la suite de son histoire. L’intrigue est bien élaborée et le scénario se déroule parfaitement bien jusqu’à l’explication finale.

Si on a gardé la fraîcheur de sa jeunesse on trouvera les personnages originaux et intéressants. Les amateurs de romans noirs risquent de les juger un peu trop parfumés à l’eau de rose. Élisabeth est une fille solaire, fragile, mais aussi redoutable grâce à ses pouvoirs. Elle est capable de déplacer les objets à distance, de guérir avec ses mains, de s’introduire dans l’esprit des gens ou de clouer au mur  un ennemi, comme un papillon. Lynwood est un grand bel homme qui fait rêver les dames, mais lui n’en voit qu’une : Élisabeth. Il ne faut pas lui chercher des noises, ni l’énerver, c’est un ancien des forces spéciales, il sait se battre et il est costaud. Simon est un personnage très contrasté : il ressemble à ce que serait un assemblage entre un berger des Pyrénées et un surdoué sortant de Harvard : il vit chez sa maman, vend des cloches à moutons et à vaches sur les marchés de son bled, ne se lave pas (ou peu) mais c’est aussi un génie de l’informatique, sollicité par les plus grandes boites du monde pour résoudre des problèmes compliqués. Il parle couramment cinq langues.
Avec de tels protagonistes il y en a pour tous les goûts. Les dames vont adorer Lynwood, un type viril, protecteur, attentionné, avec un grand cœur. Les messieurs vont fantasmer sur  Élisabeth, capable de se glisser à distance dans le lit de son chéri. Les branchés techno vont admirer Simon, l’incontournable hacker présent dorénavant dans tous les polars d’enquête, un gars capable de pénétrer tous les réseaux et même d’accélérer une liaison internet sur ligne téléphonique poussive de montagne, ce qui tient plus de la magie que de compétences techniques poussées.

L’écriture est simple, sans complication ni recherche. Le livre se lit facilement mais il n’y a aucun style personnel. Le style, l’histoire d’amour, la happy end peuvent donner l’impression d’être dans un roman pour la jeunesse.

Sur la couverture, on peut lire : Roman policier mais pas que… Effectivement ça correspond bien à ce qu’est ce livre, un mélange de polar, de fantastique et de littérature sentimentale. Bien réussi toutefois, ce qui n’est pas évident avec de tels ingrédients.

Lynwood Miller est un roman agréable à lire, reposant, recelant une certaine fraîcheur plutôt rare dans le domaine polars. Il conviendra parfaitement à ceux qui n’ont d’autre objectif que se distraire.

Extrait :
– Cent pour cent de réussite, dit Kellermann avec un soupçon de fierté. Et c’est là le moindre de ses talents. Vous n’imaginez pas l’étendue de ses facultés. Si elle se découvrait au grand jour, on la traiterait comme un rat de laboratoire au mieux, ou comme une bête de foire. Elle a très rapidement pris conscience de sa différence, même en vivant enfermée comme vous l’avez souligné. À partir du moment où elle a réalisé qu’elle pouvait soigner, faire le bien autour d’elle, il y a eu comme un déclic. Elle est parvenue à canaliser ses pouvoirs, à gérer ses émotions. Il était même envisageable de l’intégrer dans un établissement scolaire à cette époque-là. Mais c’est elle qui s’y est opposée. Elle avait pris l’habitude de suivre des cours à domicile, avec des professeurs particuliers, et cela lui convenait. Les premiers ne sont pas restés longtemps, ils prenaient peur rapidement dès qu’elle déplaçait leurs livres, plus par jeu que par malice.

Ma Note : (3,8 / 5) lynwood-amb

 

 

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