Retour à Waterbridge – James Scott

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2014 (The Kept)
Date de publication française : 2015 chez Seuil
Genres :
Roman noir, grands espaces
Personnages principaux : Elspeth Howell, mère d’une famille dont les membres ont été abattus – Caleb, son fils de 12 ans

Quand Elspeth revient chez elle, elle retrouve sa famille massacrée. Son mari et quatre de ses enfants ont été abattus, un seul a survécu. Son fils survivant, tire sur elle croyant avoir affaire à un des tueurs. Elle est blessée, sérieusement mais pas mortellement. Quand elle est à peu près rétablie, elle part avec Caleb, son fils rescapé, sur les traces des assassins. Rien ne la retient à ce qui était son foyer, la ferme familiale a été incendiée involontairement par son fils. Tous deux arrivent à Waterbridge, ville chargée de souvenirs. En attendant de repérer les meurtriers, Elspeth se fait embaucher à la Compagnie des Grands Lacs en prenant l’aspect d’un homme, tandis que Caleb se fait engager pour faire le ménage dans un bordel. C’est à Waterbridge que leur sort va se jouer.

L’histoire commence comme un western : une famille assassinée, les survivants se lancent à la poursuite des bandits pour venger les leurs. À part qu’ici les vengeurs n’ont pas le profil des justiciers classiques : une femme et un enfant de douze ans. Face à trois hommes aux foulards rouges, lourdement armés ne reculant devant rien, on craint pour eux. En fait l’intrigue bifurque vers deux histoires parallèles : le retour vers le passé, sur les lieux de ses crimes pour Elspeth et la recherche de ses origines pour le jeune Caleb. La vengeance passe au second plan pendant une bonne partie de l’histoire avant d’être de nouveau réactivée dans la partie finale.

Il y a de la tension et du rythme dans les deux parties extrêmes du roman; par contre la partie centrale, celle où l’auteur détaille le boulot d’Elspeth d’un côté et de Caleb de l’autre, se traîne en longueur. Même si c’est là que les secrets de famille sont révélés, on supporterait facilement plus de concision. La fin du roman est étonnante : elle n’est pas totalement écrite, elle est plutôt suggérée.

Les deux personnages principaux, la mère et son fils, attirent la compassion à cause des énormes problèmes auxquels ils sont confrontés, mais ils ne suscitent guère la sympathie ni l’adhésion. On reste un peu à distance d’eux. Par contre les paysages de neige et de glace sont bien décrits et donnent une ambiance hivernale parfaitement restituée. L’auteur a su montrer la dureté, l’âpreté du travail et de la vie dans cette région, près du lac Érié.

Retour à Waterbridge est un roman qui débute bien mais qui ensuite s’enlise un peu dans d’ennuyeuses longueurs. Impression en demi-teinte pour moi.

Extrait : 
Après avoir craqué une allumette, elle alluma la mèche de la lampe à pétrole, et la soudaine clarté l’amena à détourner la tête. Elle régla la flamme et laissa ses yeux s’accoutumer à la luminosité. À moins d’un mètre d’elle, Mary était avachie sur la cuisinière. Elspeth reconnut l’imprimé de sa robe — un tissu qu’elle lui avait rapporté d’un précédent voyage. Elle aussi avait été abattue, mais par-derrière. Le vêtement s’était coincé dans les accessoires du fourneau, et seules les solides coutures de l’ouvrage réalisé par la jeune fille elle-même l’empêchaient de glisser sur le sol. Alors qu’Elspeth reculait en baissant sa lampe, elle distingua Amos par terre, à quatre pas de sa sœur aînée – sans doute tué alors qu’il lui donnait un coup de main pour préparer le repas.

Lac Érié pris dans les glaces

Ma note : (3,5 / 5)

 

 

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