Canicule – Jane Harper

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2016 (The Dry)
Date de publication française : 2017 aux Éditions Kero
Genre : Enquête
Personnage principal : Aaron Falk, policier

Kiewarra est une petite ville du sud de l’Australie, écrasée de soleil et victime de sécheresse. Tout le monde se connaît dans Kiewarra, alors quand une famille entière est massacrée, c’est la stupéfaction. Selon les apparences, c’est le père, Luke, qui a tué sa femme et son fils avant de se suicider.
Aaron Falk, policier à Melbourne, est originaire de Kiewarra. Quand il reçoit l’étrange message : « Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles », il redoute la résurgence d’un passé qu’il a cherché à oublier. Il ne se trompe pas. Falk va revenir dans sa ville de naissance. Pour certains, il ne sera pas le bienvenu.

L’intrigue est on ne peut plus classique à première vue : une tuerie, un coupable évident, des éléments compliquent l’enquête, la réorientant … C’est du roman policier conventionnel. Cependant ici il s’ajoute la personnalité du policier qui a passé toute sa jeunesse dans la ville où il enquête. Cette jeunesse est marquée par un événement dramatique : une de ses amies s’est noyée dans la rivière proche. Les circonstances de cette mort sont restées obscures. Certains pensent que Falk n’y est pas pour rien, ils vont le lui faire savoir. L’enquête sera rendue difficile par les réminiscences de ce drame ancien.

Le cadre joue aussi un rôle primordial. Outre que dans une petite ville chacun connaît l’autre, la sécheresse durable installe une ambiance pesante. Dans les fermes le bétail meurt, la faillite est proche et le désespoir aussi. C’est donc dans un climat de tension exacerbé que l’enquête se déroule.

Le rythme est lent, on passe alternativement de l’enquête actuelle aux événements passés. Pour simplifier la lecture, l’auteur utilise l’écriture normale pour décrire le présent et une écriture en italique pour le passé.

De facture classique mais avec un cadre et un héros revenant sur ses pas d’enfance qui le particularisent, Canicule est un premier roman de qualité. Il est en cours d’adaptation pour le cinéma.

Extrait :
Très vite, ils découvraient que les légumes poussaient moins vite que dans les jardinières des villes. Que la moindre petite pousse devait être choyée pour se développer sur une terre réticente, et que les voisins avaient trop à faire pour se montrer accueillants. À la campagne, il n’y avait pas d’heures de pointe, pare-chocs contre pare-chocs, mais il n’y avait pas non plus l’embarras du choix quant aux destinations possibles.

Falk comprenait qu’on puisse être déçu, et ne reprochait rien aux Whitlam. Il avait vu ça bien des fois quand il était gamin. Les nouveaux arrivants découvraient la monotonie, l’immensité, l’extraordinaire âpreté du paysage, et il ne fallait pas longtemps avant que leurs visages disent tous la même chose : Je ne savais pas que c’était comme ça.

Bush australien

Ma note : (4 / 5)

 

 

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