19500 dollars la tonne – Jean-Hugues Oppel

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2017 (La Manufacture de livres)
Genre : Thriller géopolitique
Personnages principaux : Falcon, assassin professionnel – Lucy Chan, agent de la CIA – Killer Bob, trader à la City de Londres – Mister K mystérieux imprécateur

Falcon est un assassin professionnel comme il se définit lui-même. Après une mission à Caracas il est contraint d’en assurer une autre à Londres. Ses commanditaires n’ayant pas joué franc-jeu, cette mission facile lui permettra de récupérer la totalité de sa prime. Pendant ce temps Lucy Chan, nom de code Lady-Lee, analyste de la CIA, est en mission au Nigéria et au Congo où, entre autre, elle devra faire le point sur la politique expansionniste de la Chine en Afrique. Après son séjour africain, elle aussi devra rejoindre Londres pour localiser le mystérieux Mister K qui émet des newsletters dénonçant les méthodes de la finance. Plus que le contenu des lettres c’est la technique de diffusion qui inquiète les pontes de la CIA. Killer Bob est trader à la City de Londres. Il analyse les mouvements boursiers et les événements politiques en attendant de réaliser la super opération boursière. Tout ce petit monde va se retrouver dans la capitale anglaise où tout va se dénouer.

L’intrigue de ce roman est un peu déconcertante. On passe d’un sniper qui opère au Venezuela à un agent de la CIA en mission en Afrique Centrale pour se retrouver à Londres dans le monde de la haute finance. Les personnages et les situations arrivent un peu comme des cheveux sur la soupe et n’ont aucun rapport entre eux pendant la majeure partie de l’histoire. Il faut attendre la dernière partie du roman pour assister à la convergence des protagonistes à Londres. En fait j’ai eu l’impression que ce qui intéressait l’auteur c’est de montrer les conspirations au Venezuela, la lutte pour l’obtention des minerais en Afrique, l’économie virtuelle, les méthodes de la finance, la cyber guerre, dans les pays occidentaux. L’intrigue, bâtie de façon artificielle, essaie d’amalgamer tant bien que mal tous ces éléments.

Les personnages ne sont là que pour soutenir une analyse géopolitique. Sur ce sujet l’auteur est bien renseigné. Le propos est instructif et parfois didactique, même si « tout a été dit. Mais comme personne n’écoute, il faut recommencer. » Par le biais du polar, l’auteur pense probablement être mieux entendu. Un ironie certaine et un humour décalé ne peuvent que l’aider dans ce sens.

19500 dollars la tonne est un polar géopolitique dont l’intrigue et les personnages passent au second plan au profit d’une mise en lumière des stratégies développées par les pays dominants et les individus puissants pour contrôler l’économie. Sans se prendre trop au sérieux, l’auteur montre le dessous des cartes de la politique. Pour lui les relations internationales sont plus gouvernées par la finance et les services secrets que par les assemblées démocratiquement élues.

Extrait :
– Les États-Unis ne négocient pas avec les terroristes.

– Je ne suis pas un terroriste, je suis un savant. Les États-Unis négocient avec les savants, d’où qu’ils viennent. Sans les scientifiques nazis, pas de Zyklon B et pas de Solution finale, mais aussi pas de programme Apollo sur la Lune. Pas de petit pas pour l’homme et de grand bond pour l’Humanité. Ce n’est pas moral, mais c’est comme ça, et cela le sera toujours. La souplesse de la morale dépend de l’intérêt général… Ça, c’est de moi !

Niveau de satisfaction :
(3,5 / 5) 

 

 

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