Les tricoteuses – Marie Saur

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2017 (Héliotrope noir)
Genre : Enquête
Personnages principaux : Daniel Hurteloup – Sophie (sa sœur)

Marie Saur est née à Rennes en 1978. Diplômée en littérature, langue et communication, elle s’est établie à Montréal. Elle a scénarisé cinq tomes de la série de bandes dessinées Jérôme d’Alphagraph en collaboration avec Nyslo. Les Tricoteuses est son premier polar.

Daniel Hurteloup a purgé sa peine de trafic de drogues et cherche à se réhabiliter auprès de sa sœur, Sophie, et de son beau-frère, Frédéric. On lui offre un poste de gardien de nuit chez TV6, que dirige Patricia Fortin Rousseau, la fille dévergondée de la puissante famille Fortin. Patricia est, cependant, trouvée pendue dans le studio B : meurtre ou suicide ? Comme, par hasard, les caméras de surveillance ne fonctionnaient pas toutes, Daniel et son amie Colette, qui travaillait comme narratrice hors champ à TV6, seront suspectés par la police officielle.

De fait, c’est la famille Fortin qui semble tirer toutes les ficelles et la policière Delphine Constant a l’air de se demander ce qu’elle fait là. Se greffe à cette histoire, un flash-back sur l’épisode lointain des ‘tricoteuses’, femmes courageuses reconnues pour avoir organisé une grève contre l’empire Fortin quarante ans auparavant. La mère de Colette semble être une des meneuses de ce conflit de travail, qui s’est terminé dans la confusion mais au profit de la compagnie. Par ailleurs, un des fils Fortin, Thomas, aurait peut-être trempé dans le meurtre de sa sœur, s’il s’agit bien d’un meurtre et s’il s’agit bien de sa sœur. A-t-on voulu se débarrasser de Patricia et de Thomas pour des avantages financiers? Pendant que la police élabore des hypothèses, la spécialiste en informatique de TV6 découvre ce que personne n’a pensé chercher, et trouve même des preuves qu’il aurait été facile de faire disparaître, n’eût été de la grande confiance en lui et en son impunité qu’éprouvait un autre fils Fortin.

Mais la policière sera promue en Europe, Colette obtiendra son divorce, Daniel recevra un gros montant d’argent, de sorte que personne ne saura vraiment ce qui s’est passé.

C’est un roman déconcertant : plusieurs pistes n’aboutissent pas et l’auteure veut tellement en dire qu’on s’y perd. On ne reprochera pas à Marie Saur de ne pas avoir de souffle, mais trop de souffle risque d’ébranler la précision. Et la grande part accordée aux tricoteuses n’améliore pas la clarté du sujet. Par contre, ceux qui aiment se sentir décontenancés, même quand la lecture est terminée, y trouveront assurément leur compte.

Extrait :
Le chat Gribouille se frotta aux jambes de Marie-Andrée Marquette, qui fit semblant de se fâcher parce que l’animal l’empêchait de mettre ses souliers et qu’elle allait être en retard au bureau. Ils sortirent tous deux dans le petit matin frais de novembre et se séparèrent sur le balcon du deuxième étage.
Gribouille attendit que Marie-Andrée eût tourné au coin de la rue Plamondon, dévala à son tour les marches de l’escalier extérieur, traversa prudemment la rue, grimpa sur un balcon et gratta à la porte de la vieille madame Vigneault. La dame attendait tous les matins son petit Muguet avec de la pâtée en boîte individuelle, bœuf gastronomique ou saumon de l’Atlantique en bouillon. Les jours de fête, elle sortait pour Muguet d’un placard fermé à clef un sachet de Party Mix aux crevettes séchées ou bien saveur Plaines de l’Ouest. Après sa collation, Muguet grimpait sur les genoux de madame Vigneault et y restait jusqu’à l’heure du dîner. La vieille dame entretenait une longue conversation avec le chat, qui répondait par des clignements d’yeux et des miaulements. Quand 11 heures sonnaient à la petite pendule dorée sous cloche, madame Vigneault reposait Muguet par terre, lui ouvrait la porte d’entrée en lui disant « À demain, mon petit Muguet ! » et rejoignait sa cuisine.

Terrasse Dufferin

Niveau de satisfaction :
(3 / 5)

 

 

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