Le syndrome Noah – Michael Fenris

Par Raymond Pedoussaut

Date de publication originale : 2016 (Éditions Prisma)
Genres :
biblique, fantastique
Personnage principal : Noah Gibson, survivant d’une catastrophe mondiale

Tout d’abord il y eut l’Onde Rouge. Un sifflement aigu, suivi d’une lumière rouge semblant sortir du sol et des murs. Puis le silence. Quand Noah Gibson remonte de sa cave, il ne retrouve qu’un tas de vêtements ayant appartenu à sa compagne. Celle-ci a totalement disparue. Dans les rues de New York, plus aucun habitant. Ils se sont tous volatilisés, il ne reste d’eux que leurs vêtements. Noah se retrouve seul. Seul survivant d’on ne sait quelle catastrophe. Plus d’humains, mais des animaux. Les animaux ont survécu et retrouvé leur liberté. Après de longues recherches, Noah découvre qu’il y a au moins un autre survivant. C’est une survivante : Nahama. Ensemble, ils vont rejoindre Washington où le colonel Douglas Brennon Maxwell, autre survivant, s’apprête à riposter par l’arme nucléaire aux ennemis ayant mis en œuvre le projet Red Wave. Dans cette ambiance d’apocalypse, Noah, Nahama, des enfants et tous les spécimens d’animaux vont se réfugier dans le Qardu, un supertanker aménagé en arche qui représente leur salut quand viendra le déluge provoqué par le feu nucléaire.

L’auteur a mené un projet ambitieux : revisiter et actualiser le thème biblique du déluge et de l’arche de Noé. Rien que ça ! L’imagination ne lui fait par défaut, c’est certain, mais la réalisation, elle, ne me semble pas à la hauteur de ses prétentions. Même en essayant de contenir un esprit trop cartésien, on a quand même du mal a avaler la série d’événements extraordinaires qui se succèdent pour aboutir à la fin du monde. Que l’homme travaille à sa propre destruction et à celle de toute l’humanité n’a rien d’invraisemblable, mais qu’il disparaisse d’un coup d’un seul, pulvérisé sans aucune autre trace d’un tas de vêtements me paraît difficile à gober. D’autant plus que l’auteur ne s’est pas placé délibérément dans le domaine du fantastique. Ni de la science-fiction d’ailleurs. C’est plutôt une sorte de longue parabole dans laquelle l’auteur insinue que la pulsion de destruction de l’homme pourrait être renforcée par une volonté divine de détruire une humanité qui a mal tournée pour reconstruire un nouveau monde.

Si on peut admirer la témérité de l’auteur de s’attaquer à un sujet aussi énorme, on peut regretter en même temps un certain manque de rigueur. Ce que Fenris réussit c’est mettre en lumière l’acharnement humain à détruire la planète et la folie meurtrière de l’homme. Le message contenu dans le livre est humaniste et finalement plein d’espoir. Cependant ce roman évoque davantage un scénario de bande dessinée ou le spectaculaire est privilégié, qu’un roman à l’intrigue bien construite.

Extrait :
Qu’un supervirus affecte et tue cent pour cent de la population mondiale était incroyable, mais en admettant… Qu’étaient devenus les cadavres ? Au moment de l’Onde Rouge, Noah avait perdu connaissance une heure ou deux, et encore, et lorsqu’il était revenu à lui, il n’avait trouvé que des vêtements vides dans les rues. Pas de trace de corps, ni même de sang ou de résidus corporel, rien. Le Grand Pulvérisateur Universel avait sévi. Mais ce Grand Pulvérisateur, c’était quoi ? Une guerre bactériologique ?

Niveau de satisfaction :
(3 / 5)

 

 

 

Et le premier mot qui lui vint à l’esprit fut forcément
celui qui ne cessait d’obnubiler ses pensées. L’Arche !

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