Inavouable – Zygmunt Miloszewski

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2013 (Bezcenny)
Date de publication française : 2017 – Fleuve noir
Genres : Espionnage, historique, aventures
Personnages principaux : Zofia Lorentz, chargée du recouvrement des biens culturels – Karol Boznański, marchand d’art – Anatol Gmitruk, major dans les services secrets – Lisa Tolgfors, voleuse de tableaux

Le lendemain de Noël 1944, dans les montagnes des Tatras en Pologne, un homme en pleine tempête de neige, transporte un étui métallique contenant « le plus grand secret de cette guerre ». Épuisé, l’homme réussit à cacher l’objet précieux dans une grotte avant de mourir. Depuis, ce mystérieux objet est recherché par les Américains qui considèrent comme une menace tous ceux qui pourraient s’en approcher d’une façon ou d’une autre.
De nos jours, à Varsovie, Zofia Lorentz, est mandatée par le gouvernement pour retrouver l’œuvre la plus importante perdue par la Pologne pendant la guerre : le tableau du peintre Raphaël Portrait de jeune homme, estimé à cent millions de dollars au minimum. On lui adjoint des équipiers, ayant chacun un domaine d’expertise particulier : – Karol Boznański est un marchand d’art très habile – Anatol Gmitruk est un des agents les plus efficaces des services secrets – Lisa Tolgfors est une voleuse d’objets d’art insaisissable. La recherche commence dans une banlieue de New York où une photo récente montre le tableau accroché à un mur orange, à côté d’une télévision. Une opération illégale de récupération est montée par l’équipe des quatre. Elle va échouer mais déboucher sur des secrets encore plus terribles que les Américains veulent à tout prix dissimuler. Alors leurs vies vont être en danger.

L’intrigue est assez touffue. Elle met en scène, outre nos quatre principaux protagonistes, un nombre importants de personnages secondaires. Elle se déroule dans de multiples lieux : les Tatras, Varsovie, Cracovie, New York, Suède … Donc il faut rester concentré pour ne pas perdre le fil de l’histoire.

Une autre caractéristique de ce roman : il est beaucoup question d’art, de peinture en particulier et des impressionnistes encore plus particulièrement. À travers ses personnages, l’auteur montre un genre de fascination pour les grandes œuvres impressionnistes et une grande admiration pour les peintres de l’époque : Auguste Renoir, Paul Gauguin, Vincent Van Gogh, Camille Pissarro, Édouard Manet … et même de la vénération pour Claude Monet.

Mais ce qui est vraiment au cœur du livre, c’est le secret. Miloszewski en fait beaucoup pour susciter la curiosité et pour laisser penser que c’est d’un énorme secret dont il s’agit. Les expressions pour qualifier la chose ne font pas dans la nuance :  « – terrible secret – le plus grand secret de la guerre – menace pour le nouvel ordre … » L’inconvénient dans ce genre de procédé, c’est qu’à la fin, il faut bien que le secret soit révélé. Alors il doit être à la hauteur de l’attente que l’auteur s’est ingénié à créer. Alors est-ce que c’est bien le cas ? Je pense que oui. Bien sûr je ne vais pas en dire davantage, il faudra lire le livre pour le connaître. Je dirais simplement que la vérité historique n’est pas attestée. Dans ce roman l’auteur est plus proche des théories du complot que de l’histoire officielle. Le roman offre cette liberté sans que quiconque puisse s’en offusquer.

Inavouable est un roman d’espionnage et d’aventures de grande envergure, bâti sur des événements historiques interprétés d’une façon tout à fait personnelle par l’auteur. Il est habilement construit pour provoquer la curiosité et maintenir le suspense, ce qu’il réussit parfaitement. L’écriture cinématographique et un zeste d’humour permettent d’avaler sans indigestion ce pavé de plus de 600 pages.

Extrait :
Pendant qu’ils mangeaient, ils racontèrent en détail leurs aventures à leur hôte. L’apparition des photographies en Pologne, la mise en place d’une équipe spéciale, la quête du Raphaël, le piège à New Rochelle qui avait failli se terminer très mal, rien ne fut passé sous silence. Leur excursion avait prouvé que, premièrement, le tableau était une contrefaçon, et deuxièmement, que rien de cela n’était arrivé par hasard. Il s’agissait d’une machination soigneusement préparée censée interdire à tout jamais la restitution du véritable portrait. C’était leur théorie. Pourtant, ils étaient incapables d’expliquer pourquoi quelqu’un aurait eu intérêt à monter une supercherie aussi complexe.

Il commença à fredonner dans sa barbe, de plus en plus fort à chaque seconde qui passait.
— À tout le monde ! À tous mes amis ! Je vous aime… je dois partir… these are the last words, I’ll ever speak…

Megadeth – À tout le monde

Niveau de satisfaction :
(4,1 / 5)

 

 

 

 

Portrait de jeune homme de Raphaël
(perdu – vu la dernière fois en 1945)

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