Wazházhe – Hervé Jubert & Benoît Séverac

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2018
(Le Passage)
Genres : Enquête, fantastique
Personnages principaux : Chef Jack Marmont, indien Osage et ranger – Claire Tourment, lieutenant de gendarmerie à Montauban

En 1829, trois indiens Osages, se sont rendus à Montauban pour rechercher l’aide de l’évêque qu’ils avaient connu lors d’une mission d’évangélisation. Complètement perdus en France, victime d’un escroc, l’évêque était la seule personne qu’ils connaissaient susceptible de les aider à rentrer chez eux. Ce qu’il fit. De nos jours l’entente Oklahoma-Occitanie entend célébrer cet événement par un don de terre dans la commune de Laprade près de Montauban. Le chef Jack Marmont, indien Osage et Ranger en Oklahoma est délégué par le Conseil des Anciens pour les représenter à la cérémonie du don. Marmont est aussi homme-médecine, il dialogue avec les esprits. Or dans la prairie que l’on a attribuée aux Osages, Marmont ne ressent rien, la terre ne lui parle pas. Il refuse le don en attendant un signe. C’est le début d’une série d’événements dramatiques : enlèvement d’une petite fille, découverte d’un cimetière sauvage, affrontements des pro-don et des anti-don … La gendarmerie sous l’autorité du lieutenant Claire Tourment essaie de démêler cet imbroglio.

L’intrigue est inspirée d’événements vrais. L’épisode des trois Osages venus requérir l’aide de l’évêque en 1829 est authentique. Les auteurs ont ensuite brodé autour des ces événements. Même si ça a l’air d’une blague, l’association Oklahoma-Occitanie, Ok’Oc1, existe bel et bien. Les auteurs ont imaginé qu’il y avait un quatrième Osage mais celui-ci ne serait pas arrivé à Montauban. Son sort tient une grande place dans une intrigue où les rebondissements sont aussi nombreux que les victimes et les coupables. Pas toujours facile à suivre ! On se demande aussi pourquoi l’esprit est allé chercher si loin, à Montpellier à près de 300 kilomètres, une jeune fille qui portera ses exigences. Aucune n’était disponible sur place ? Heureusement encore qu’il n’a pas choisi une Parisienne² ! Les mystères des esprits sont insondables !

Dans les personnages principaux le chef Marmont tient une place de choix. Ce colosse de 2 mètres et 120 kilos sait parler aux âmes des morts. Le dialogue n’est pas toujours facile, mais il sait attendre le bon moment. D’autres n’ont pas cette patience, ils manifestent leur irritation en attendant que l’emplumé reçoive le signe qui permettrait de procéder à la cérémonie du don. Plus prosaïquement Marmont est aussi capable de participer à une enquête.
Claire Tourment, lieutenant de gendarmerie, mène l’enquête sur l’enlèvement de la jeune fille. Elle est entourée de mystère :
à 35 ans, pas de mari, pas d’enfant, pas d’amis, elle ne dort pas à la gendarmerie, mais on ne sait pas où, certains pensent qu’elle est homosexuelle. Cependant elle est respectée car elle est capable et compétente.

Washáshe (signifie enfants de l’eau du milieu) est l’autre autre nom des indiens Osages. Le livre se base sur des événements assez méconnus qui se passèrent il y a près de deux siècles dans la région de Montauban. Les auteurs en ont tiré un roman à la fois instructif et divertissant. On appréciera d’autant plus cet ouvrage en mettant de côté toute conception trop cartésienne. Il faut admettre que les morts puissent se manifester, parfois avec véhémence.
Les auteurs préparent une suite à cet ouvrage.

1 Site de l’association Ok’Oc (Oklahoma-Occitanie) http://oklahoccitania.canalblog.com/

²Parisien(ne) désigne pour les autochtones toute personne venue du nord de la Loire

Extrait :

L’homme raccrocha, laissant Bergougnoux haletant, adossé à un arbre qui l’empêchait de s’affaler de tout son long. Sa tête tournait, des étoiles dansaient derrière ses paupières fermées. Il crut un instant qu’il allait avoir un infarctus et crever là, seul, comme un con, dans cette forêt. Tout ça à cause d’un salopard d’Indien ! Tout ça à cause de ces connards de post-soixante-huitards, Richardson et sa bande, qui avaient eu l’idée débile de refiler le bois de Peyregoux à d’autres connards venus d’Amérique. Au nom de quoi ? Putain ! On était peinards avant que tous ces zozos ne débarquent à Laprade. C’était mieux, avant.

Niveau de satisfaction :
(4 / 5)

 

 

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