Fournaise – Philippe Le Marrec

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2017 (Éditions Coëtquen)
Genres : roman catastrophe, enquête
Personnages principaux : Fabrice Bromberg, ingénieur – Marie-Laure Duprat, directrice de com. – Karim, jeune délinquant – Béatrice, jeune fille anorexique …

Dans le laboratoire de la Compagnie des Eaux, sur les hauteurs de Nice, l’ingénieur Fabrice Bromberg détecte une pollution de l’eau au benzène. Conjuguée à la sécheresse cette contamination est préoccupante. D’autant plus qu’il s’avère que c’est un acte criminel. La pluie est espérée non seulement pour mettre fin à la canicule mais aussi pour augmenter le débit des rivières et diluer le produit toxique. Mais quand elle survient, c’est la tragédie : le ravinement entraîne des inondations, des ruptures de barrages, des glissements de terrains. Dans ce chaos, Karim, jeune délinquant et Béatrice, jeune fille anorexique, vont s’allier pour essayer de se sortir de ce cataclysme.

L’intrigue est un patchwork qui assemble des histoires indépendantes qui n’ont en commun que le lieu où elles se déroulent : il y a d’un côté la pollution au benzène qui se révélera être une vengeance, d’un autre côté on découvre un cadavre mutilé, là ce sont des mafias qui sont à l’œuvre et enfin nous avons la catastrophe naturelle qui, finalement, règle tout.

Il n’y a pas à vrai dire de personnages principaux. Il y a une galerie de personnages qui sont tour à tour prédominants suivant les parties du roman : parfois ce sont les gens de la Compagnie des Eaux, l’ingénieur Bromberg et la directrice de la communication Duprat, parfois ce sont les enquêteurs de la gendarmerie qui sont au premier plan et parfois ce sont les jeunes, Karim et Béatrice. Tous ces protagonistes sont bien campés et ont suffisamment d’humanité pour être attachants.

Le point d’orgue du roman est la calamité qui frappe la région, provoquée par des pluies torrentielles succédant à une grande sécheresse. L’auteur s’est apparemment bien renseigné sur la situation géologique à risque de la région, sa description du désastre, bien que romancée, est tout à fait réaliste. Contrairement à certains livres ou films apocalyptiques, ce roman ne s’enfonce pas dans un sombre pessimisme concernant l’avenir, au contraire il se termine sur une note d’espoir : les inondations qui ont tout détruit sont aussi l’occasion d’un nouveau départ pour certains.

Malgré une intrigue qui manque un peu de cohérence, ce récit réussit à retenir l’attention grâce à des personnages intéressants et à un scénario catastrophe qui semble plausible.

Extrait :
Le glissement de terrain avait obstrué la gorge à la hauteur du grand pont, formant un barrage étanche qui portait la Vésubie à vingt-cinq mètres au-dessus de son niveau normal. L’embâcle formé d’arbres, de rochers et de terre submergeait le parapet. En amont, les torrents s’étaient déversés dans le cours d’eau. Une partie de la route et le poste électrique avaient disparu, engloutis par les éléments. En contrebas, le clocher de l’église des Templiers émergeait comme un vestige du passé. Une retenue de près de cent mètres de large formait un lac naturel dont le trop-plein tombait en cascade sur le lit inférieur de la rivière. Borelli redoutait que le milieu de l’arche ne cède sous le poids, entraînant tout sur son passage. L’ouvrage n’avait pas été conçu pour subir de telles pressions. Seuls les ingénieurs du génie civil avaient une chance de résoudre l’équation.

Niveau de satisfaction :
(4 / 5)

 

 

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