Chaque seconde – Rick Mofina

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2016
(Every Second)

Date de publication française : 2020 (Alire)
Traduction : Pascal Raud
Genres : Thriller, enquête
Personnages principaux : Kate Page, journaliste

Rick Mofina est un écrivain ontarien qui a publié une dizaine de romans depuis l’an 2000. C’est le premier que j’aborde et c’est tout un monde qui vient de s’ouvrir, si on le compare aux autres thrillers canadiens ou québécois que je connais. D’abord, parce que l’action se déroule à New York (ville qu’affectionne Mofina) et dans ses environs (les monts Catskills). Aussi, parce qu’on passe d’un drame familial à un complot international, ce qui est plutôt inattendu.

Un directeur (Dan) d’une succursale de la SkyNational Trust Banking Corp est surpris dans son sommeil, sommé de porter une veste à explosifs, et chargé de voler 250 000 $ à sa banque. Sa femme (Lori) et son fils (Billy) sont gardés en otages et ont dû revêtir une veste semblable. Début somme toute assez banal, sauf qu’il ne s’agit pas vraiment d’un simple cambriolage et que les quatre intrus conduisent leurs victimes au milieu des Catskills, où les attend un sort peu enviable. Et l’argent est confié à un émissaire qui l’utilisera pour financer des opérations anti-américaines.

En détournant de sa succursale le quart de million, Dan parvient à laisser un message décrivant succinctement la situation. La police de New York (NYPD) et bientôt le FBI héritent de la tâche de trouver l’argent et les otages. Et, de son côté, la journaliste du Newlead, Kate Page, enquête sur le passé des trois victimes. Morceau par morceau, patrouilleurs et hélicoptères découvrent le lieu où se sont réunis les captifs et les membres du commando. Mais ils ont disparu. On suppose que les kidnappeurs poursuivent la famille qui serait parvenue à s’enfuir dans les Catskills : quatre mille kilomètres carrés à fouiller. Pas drôle ! … pour les forces de l’ordre non plus, qui poursuivent les poursuivants. Et on n’est pas au bout des rebondissements.

C’est un très bon scénario de film. Mofina est très visuel et il a le sens du rythme. Beaucoup de personnages sans doute, mais même les personnages secondaires ont une certaine épaisseur; on dirait un dessinateur de talent qui, en quelques coups de crayon, peut restituer l’essence d’un individu. Par ailleurs, le résultat des recherches de l’auteur est bien intégré, particulièrement les organismes américains de lutte contre le crime; de même que l’utilisation des plus récentes techniques d’identification à partir des bases de données les plus sophistiquées.

Même si les femmes ont un rôle important, j’ai eu l’impression de lire un roman américain, d’abord parce que, à un moment donné, les otages, les kidnappeurs, les policiers du SWAT et la journaliste Kate Page évoquent Dieu; puis, parce que ce qui se passe à New York et dans les Catskills ne pourraient pas se passer ici, au Québec et même au Canada, du moins à court terme; enfin, parce qu’on sent que la fin sera satisfaisante et les lecteurs rassurés. Ce n’est évidemment pas un reproche, mais ça caractérise un type de thriller à l’américaine.

L’intrigue est construite avec efficacité et est plus séduisante que la journaliste Kate Page, trop ambitieuse pour être vraiment attachante.

Extrait :
Grâce à sa lunette de visée, le tireur d’élite verrouilla sa cible : la fenêtre du salon de la maison à un étage sur Eddywood.
La rue bordée d’arbres était tranquille, si ce n’étaient des pépiements des oiseaux et de l’activité silencieuse de l’équipe SWAT de Springfield. Elle répondait à une piste découverte dans le cadre du braquage/enlèvement dans Queens, à New York, et de la fusillade dans les Catskills, dont Dan Fulton était la victime.
De nouvelles informations concernant une attaque imminente aux États0Unis pointaient vers un suspect à Springfield (…)
Au National Counterterrorism Center à McLean, en Virginie, l’officier des opérations Shane Hudson avait connecté les points entre les interceptions de la NSA en Angleterre et de nouvelles données provenant d’une série de réseaux top secrets aux États-Unis. Il avait examiné les nouvelles analyses de conversations entre les différents dirigeants des JLDI en Irak, en Syrie, en Afghanistan et au Koweït, et, avec l’aide d’autres agents de la sécurité, ils avaient pisté les appels d’un suspect d’importance aux États-Unis : Todd Dalir Ghorbani, de Springfield, Massachusetts.
Le nom de Ghorbani avait fait surface dans plusieurs bases de données hautement confidentielles de potentiels suspects terroristes.

Les Catskills

Niveau de satisfaction :
4.2 out of 5 stars (4,2 / 5)

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