Le procès des otages – Park Eun-Woo

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2017
Date de publication française : 2021 – Matin Calme
Traduction :
Son Mihae & Jean-Pierre Subiate
Genre :
Thriller
Personnage principal :
Kim Yiha dit Le Maître, chef des ravisseurs

Sur le mont Cheonggye, près de Séoul, dans une grande villa se tient une fête dans laquelle une trentaine de jeunes gens riches sont conviés. Dès l’arrivée chaque invité doit choisir un masque et ne doit pas le quitter durant toute la soirée. Alcool, drogue et sexe sont au programme. Tout bascule quand un homme ivre s’en prend à une jeune femme. Un coup de feu retentit, l’homme s’écroule, mort. Trois personnes sortent alors des armes et la fête tourne à la prise d’otages. Les ravisseurs demandent aux familles des otages une rançon de 5 milliards de wons (3,75 millions d’euros) en diamants d’un carat, soit environ 500 diamants. Rassembler la rançon n’est pas un gros problème pour les familles riches. Les diamants sont livrés, mais la police encercle la villa. Des otages sont libérés par vagues successives. Ne reste plus qu’un groupe de sept otages dans la maison. Ceux-là ne sont pas libérés, ils seront jugés pour un crime resté impuni : le viol et le meurtre d’une jeune fille neuf ans plutôt. Le procès est dirigé par un homme au masque de renard qui se fait appeler Le Maître. Il est diffusé en direct sur internet et les chaînes d’information. Ce n’est que le début d’une machination longuement étudiée et minutieusement mise en place.

L’intrigue de ce roman est pour le moins complexe, je dirais même alambiquée. L’auteur semble s’être livré à un jeu intellectuel qui consiste à embrouiller consciencieusement les pistes et à mettre en place d’aussi nombreux qu’improbables retournements de situation. Le lecteur doit s’accrocher aux branches pour suivre tous les rebondissements de l’histoire, d’autant plus que les personnages sont nombreux : entre les ravisseurs, la police, les otages, les familles des otages, les victimes, les journalistes, le personnel des hôpitaux … nous arrivons à une bonne cinquantaine de personnes. Et cerise sur le gâteau pour le lecteur occidental : les noms coréens. En effet, il ne faut pas confondre les : Yi Uibang, Yi Yunjeong, Yi Gyubeom, Yi Yeongguk, Yi Seongsu, Yi Seonggyu … ni les : Kim Hyeongsik, Kim Jinhak, Kim Yihyeon, Kim Yunhi … Je vous fais grâce de tous les Min, les Mun et autres Jin et Jang ! Je dois avouer qu’après un certain temps, pour éviter la migraine, j’ai renoncé à retenir le rôle exact de chaque personnage me contentant de mettre une étiquette sur leur emploi : policier, ravisseur, otage …

Quand à l’enchevêtrement de l’intrigue et à la multitude des personnages s’ajoutent les différences culturelles entre le pays de l’auteur et celui des lecteurs, la lecture devient ardue et le plaisir s’amenuise. C’est bien ce qui m’est arrivé avec ce roman coréen.

Park Eun-Woo est un romancier populaire en Corée. Il a obtenu pour ce livre le prix Kocca Korea 2019.

Extrait :
En vérité, ce que je vais faire maintenant n’est pas non plus ordinaire. Je vais instruire un procès. Il sera d’autant moins ordinaire qu’il va avoir lieu dans une villa, et non pas dans une salle d’audience. Mais je dois faire ainsi. Je vous parle d’un procès qui aurait dû se tenir il y a longtemps et qui s’ouvre seulement maintenant. Cette affaire peut paraître embrouillée mais tout se résume à cela : il y a plusieurs années, un crime a eu lieu mais aucun procès ne s’est ensuivi alors que les auteurs et les victimes étaient connus. C’est ce procès que je vais instruire devant vous.

Niveau de satisfaction :
3 out of 5 stars (3 / 5)

 

 

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