Hielo negro – Bernardo Fernández

Par Raymond Pédoussaut

Date de publication originale : 2011 (Grijalbo)
Date de publication française : 2012 (J’ai lu)
Genre : Roman noir
Personnages principaux : Andrea Mijangos policière mexicaine – Lizzy Zubiaga chef de cartel de la  drogue

Lizzy Zubiaga a succédé à son père quand il s’est fait descendre. Elle est maintenant à la tête d’un des plus importants cartels de drogue mexicains. Malgré sa jeunesse et le fait d’être une fille, elle s’est imposée dans ce milieu macho. Il faut dire que ses méthodes sont plutôt musclées et qu’elle a des idées pour développer son business. Elle est un mélange détonnant de chef d’entreprise avisé et de narcotrafiquant redoutable. Le trafic des drogues courantes est jugée par elle pas assez rémunérateur. Son idée c’est de développer une drogue de synthèse qui aurait pour effet de supprimer la peur, de perdre la crainte de mourir, de se débarrasser de toute angoisse existentielle … c’est le Hielo Negro !

Andrea Mijangos est agent de police du district de Mexico. C’est une fille forte, pas qu’au sens psychologique : elle est aussi grande et baraquée. C’est une championne au tir au pistolet et elle pratique les altères. Elle n’est pas vraiment représentative de la délicatesse et de la fragilité féminine. Le jour où son amant, un flic ripou qui rackettait les petits délinquants, est assassiné, elle déprime, avant de décider de retrouver le meurtrier. Pour elle c’est un hommage posthume à rendre à son ancien compagnon. Elle se lance, seule et résolue, sur la piste de l’assassin et remonte jusqu’à l’entourage de Lizzy Zubiaga.

Le livre est centré sur le portrait de deux femmes : la policière Andrea, à la fois forte, physiquement et mentalement, mais aussi fragile et un peu complexée par sa taille. La mafieuse Lizzy, intelligente, douée pour les affaires et un peu folle et complètement imprévisible. L’écriture est rythmée et les évènements s’enchaînent un peu dans le désordre. Le récit est éclaté en plusieurs séquences qui finissent par s’assembler de façon à peu près cohérente. Au début on a du mal à voir où tout cela va nous amener, mais les choses se décantent lorsqu’on se rapproche de la rencontre des deux femmes. C’est un peu déjanté, à la limite de la parodie. L’ambiance du livre fait penser à certains films de Tarantino ou des frères Coen.

C’est un livre divertissant, pas inoubliable, qui fait passer un bon moment, sans autre prétention.

Musique qu'écoute Andrea Mijangos en pleine déprime, à la mort de son amant :

Brazilian Girls – Me gustas cuando callas

Ma note : (3,5 / 5)

 

Partager sur les réseaux sociaux
Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Ce contenu a été publié dans Mexicain, Moyen, Roman noir, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Hielo negro – Bernardo Fernández

  1. sergiocalamai dit :

    Je suis assez d'accord avec vous : un livre à 100 à l'heure qui part un peu dans tous les sens pour se rejoindre sur une plage pour l'assault final entre les deux héroïnes (la bonne et la méchante, assez réussie par ailleurs). La fin m'a plu même si elle laisse l'ouverture à une suite, ce que je n'aime pas particulièrement.

    On comprend aisément que jamais on ne gagnera la guerre contre la drogue, malheureusement.

    Ce bouquin pourrait être porté sur grand écran par Tarantino à la baguette dans un déluge d'images psychédéliques et de musiques hard rock en espérant qu'il soit plus réussi que le "povre" Savages d'Oliver Stone.

  2. Ray dit :

    C'est vrai que la fin du bouquin laisse ouverte la possibilité d'une suite mais au moins BEF boucle son histoire correctement au contraire de certains auteurs qui laissent le récit en suspens avec la suite dans le prochain bouquin (voir Voodoo Land de Nick Stone … et bien d'autres), ce qui provoque chez moi des crises d’urticaire !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*