Points de fuite – Martin Michaud

Par Michel Dufour

Date de publication originale : 2023 (Libre expression)
Genre : Thriller
Personnage principal :
Alice Lavoie, policière (SQ)

On nous présente ce roman comme le premier opus d’un triptyque explorant l’univers de l’art et des faux tableaux. En guise d’introduction, une scène dramatique met en scène la jeune policière Alice Lavoie tapie dans son autopatrouille à côté d’un jeune homme qui semble victime d’un violent choc, et derrière lesquels repose un cadavre. On est le 16 octobre 1997.

Le début véritable de l’histoire, c’est le vol de plusieurs tableaux de valeur au Musée des beaux-arts, le 4 septembre 1972. Quelque temps après, les voleurs constateront la disparition d’un de ces tableaux, le Esmé de Franz Hoffmann. Ce vol permet de situer deux riches familles de la région de Baie-Saint-Paul : les Lazare, Italiens d’origine, mafieux de réputation, bien intégrés à la société québécoise; et les Lavoie, au passé nébuleux, dont le père, Bertrand, est un habile faussaire, et dont la mère, Carla, a entretenu une relation ambigüe avec Robin, le jeune frère de la famille Lazare, dominée par Francis, et complétée par Simon l’impulsif. Or, Francis est convaincu que le tableau Esmé a été volé par Bertrand. Intimidé par les menaces de Francis, Bertrand ne cesse de clamer qu’il n’a rien à voir là-dedans.

Puis, la jeune sœur d’Alice, Rosalie, quatre ans, est enlevée. Pour qu’elle soit restituée à la famille Lavoie, il faut qu’elle soit échangée contre le fameux tableau. Comme les Lavoie affirment ne pas avoir ce tableau, la négociation est mal partie. La police soupçonne évidemment Francis, sans réussir cependant à trouver des indices probants. La fille de Clara et Bertrand, Alice, plus ou moins accompagnée de son jeune frère Étienne, se convainc qu’elle va trouver Rosalie. Elle prend alors toutes sortes d’initiatives solitaires qui aboutissent le plus souvent à des catastrophes, comme la mort de son ami Félix.

Le dénouement n’est pas très clair. Alice semble bien s’en sortir, stimulée par Félix, qui est mort en principe, mais menacée par un hélicoptère qui finira peut-être par rejoindre le Naïma qui fend les vagues à toute allure vers Québec.

Le roman est dense : beaucoup de réflexions sur l’art, sur l’autonomie des femmes, sur l’importance de la famille, sur les mensonges inévitables. À vrai dire, trop de détours pour que l’intrigue principale nous accroche solidement. Et les initiatives jusqu’au-boutistes d’Alice pourraient nous faire croire qu’elle vit au pays des merveilles. Je me suis un peu ennuyé de la grosse Jacinthe.[1]

[1] Jacinthe Taillon est la partenaire de Victor Lessard dans plusieurs romans de Michaud.

Extrait :
Tu me fais rire, Alice Lavoie. T’enquêtes en parallèle sur l’enlèvement de notre sœur, tu violes la loi pour me protéger alors que je suis coupable d’un meurtre, et ça non seulement c’est correct, on peut mentir à tour de bras pour ne pas se faire prendre, mais en plus il faut garder ça caché. Sauf que la minute où je trompe ma blonde, il faut que je lui dise tout de suite la vérité. Ça, ça peut pas rester caché une seconde, même pas pour éviter de lui faire de la peine. Excuse-moi ? J’ai pas le droit d’être mélangé et de prendre le temps d’y penser ?
C’est pas une question de vérité ou de mensonge ici, Étienne. C’est une question de loyauté. On peut mentir aux autres pour protéger les personnes qu’on aime et envers qui on est loyal, mais avec elles, il faut être totalement honnête.
Il hoche la tête, visiblement perturbé par mes paroles.
─ T’as raison, excuse-moi.

Baie-Saint-Paul

Niveau de satisfaction :
3.5 out of 5 stars (3,5 / 5)

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