Aimer et laisser mourir – Jacques-Olivier Bosco

Par Raymond Pédoussaut

Mise en page 1Date de publication originale : 2012 (Éditions Jigal)
Genres : Polar hard boiled, Thriller bosco
Personnages principaux : Lucas Murneau dit le Maudit, tueur à gages – Amanda Bellanda, prostituée de luxe

 A Bogotá, Federico Lopez est avocat, spécialisé dans les affaires illégales mais juteuses. Il collabore avec les gangs et les cartels mafieux. Un jour, il tombe dans un piège et se fait kidnapper. Son associée va trouver Lucas Murneau, dit Le Maudit, tueur à gages très efficace dans son métier. Elle lui demande de sortir Federico de ce traquenard pour que les affaires puissent reprendre. C’est ce qu’il va faire de façon magistrale. L’avocat, redevable, va proposer au Maudit des contrats très dangereux mais aussi très bien payés.

A Cannes, Amanda Bellanda est prostituée de luxe. Un jour, elle surprend dans l’hôtel où elle officie des truands croates en train de torturer un couple de jeunes gens. Sa curiosité va lui valoir d’être à son tour capturée. Son agresseur va tenter de la violer mais en se débattant, elle le tue accidentellement. C’est le début d’une série d’ennuis graves car cet homme était le frère d’un chef de gang croate, impitoyable, spécialisé dans le dressage des prostituées et dans l’esclavage moderne. Pour venger la mort de son frère, le chef du gang n’a plus qu’une idée fixe : capturer Amanda vivante pour en faire son esclave sexuelle.
Pas besoin d’avoir des dons divinatoires pour voir arriver de loin la rencontre entre Bellanda et Lucas. C’est en effet ce qui arrive : Amanda se retrouve en Colombie où elle va rencontrer Lucas dans une grande fête organisée par un puissant parrain. « On s’est trouvés. On est pareils » c’est le résultat de leur rencontre, après avoir parlé de Jack London, Nietzsche, Rousseau et Freud !

Le roman est organisé autour des personnages de Lucas Murneau alias Le Maudit et d’Amanda Bellanda. Lucas est un tueur à gages. Mais pas n’importe quel homme de main chargé de basses besognes. Il répond à des contrats spéciaux, difficiles, délicats, avec beaucoup de risques et bien sûr avec des très grosses primes à la clé. Mais attention ! Il a une morale, une éthique, qui lui a fait refuser un contrat à 6 zéros parce qu’on lui demandait de descendre un journaliste de gauche, marié avec des enfants. C’est quand même un type redoutable, capable de disputer un match de boxe, de flinguer quatre types en une seule seconde, comme Lucky Luke. Mais aussi de monter une opération militaire de type commando en pleine jungle péruvienne ou dans les épaisses forêts de Croatie, comme Rambo. Mais malgré ça, c’est un modeste qui n’aime pas parler de lui. Il est le type même du héros Hard boiled, un dur à cuire qui ne connaît pas la peur. Ce qu’il de plus tendre, c’est son cœur ! Il va tomber amoureux de la belle Amanda.

aimeretlaissermourir-Amanda-2RAmanda est une prostituée. Mais pas n’importe quelle pute de bas étage. Non ! Elle, c’est le haut de gamme : ses clients sont des magnats de la finance, des PDG’s, des rois du pétrole et des parrains mafieux bourrés de fric. Avec les hommes, c’est elle qui mène le jeu : ils salivent et bavent devant sa classe et sa grande beauté. Elle le sait, elle en joue. Le chef mafieux le plus craint devient un chaton qui ronronne entre ses mains. Elle est plus près de l’image de la femme fatale que de celle de la prostituée. Elle protège sa petite sœur mais elle n’a pu empêcher qu’elle se fasse enlever à sa place par les brigands croates. Elle jure de la libérer et va tout faire pour ça. Mais Amanda a une grande fêlure en elle : son enfance lui a fait mépriser les hommes, elles aime les manipuler pour obtenir ce qu’elle veut mais elle s’est juré de ne plus être amoureuse.

Aimer et laisser mourir est un roman noir et plus précisément ce que l’on appelait roman Hard boiled, c’est-à-dire un roman dont le héros principal est un dur à cuire, coriace, solitaire, qui sait se battre et qui ne fait pas de cadeau. Il y a des livres pour lesquels on n’attend rien d’autre que de passer un bon moment. Ce roman entre dans cette catégorie. C’est un bouquin d’action sans autre prétention que de raconter une bonne histoire incluant beaucoup de péripéties, de tension et une bonne dose de testostérone. Si vous n’êtes pas trop tatillon sur la vraisemblance et l’utilisation de quelques clichés comme les codes d’honneur des truands, l’amitié virile, la femme fatale, la mentalité des Corses, alors vous profiterez du plaisir de la lecture en vous laissant embarquer aux côtés d’Amanda et de Lucas. Vous tremblerez pour eux dans les affrontement avec des méchants, vraiment très méchants. L’ambiance de ce roman rappelle celle des films de John Woo pour sa violence ou de Quentin Tarantino pour l’humour noir.

Beaucoup de punch, de rythme et de virilité dans ce polar ! Pas de psychologie inutile, de l’action avant tout !

Extrait :
Son décolleté, aux seins pleins, s’ourlait d’une épaule à l’autre, découvrant une gorge élancée à la Modigliani, un menton mutin, sous une bouche immense aux lèvres d’un rosé de chair, un nez fin un peu effacé et des yeux verts et glacés, brillants comme les reflets d’un torrent tourmenté. Une eau sombre où l’on aimerait se noyer, pensa le Maudit. Le regard était insistant, quelque chose de magnétique qui le touchait… Puis elle détourna les yeux, le cœur de Lucas sembla suivre le mouvement pour aller s’écraser au sol. Un frisson le secoua.
 
« Tout doucement, la musique débuta, « I Feel Love » de Donna Summer, un hymne à l’amour, charnel. »
 

 Donna Summer - I Feel Love

 

Ma note : (4 / 5)  aimeretlaissermourir-amb-2

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6 réponses à Aimer et laisser mourir – Jacques-Olivier Bosco

  1. Jacques Olivier dit :

    Millmilliard de merci Ray car je le guettais cet article, et comme j’estime beaucoup ce que vous faites avec Michel Dufour, j’étais dans mes tout petits souliers, en même temps, ayant lu la check-list de ce que tu aimes dans les polars, j’espérais avoir réussi un truc dans tes cordes (pour rester dans la boxe). Alors heureux de t’avoir fait partager ce monde du roman noir efficace et mythique ( d’ou les clichés) que j’aime, et encore merci pour ta chronique et ton superbe humour (j »étais mort de rire sur le Lucas « modeste », mais c’est ma faute, je l’ai cherché), j’ai adoré; au plaisir de te rencontrer.
    JOB

    • Ray dit :

      J’ai adoré le rythme effréné du bouquin, les personnages très typés et l’humour aussi, même si dans mon article je me moque légèrement. C’est très bien que des auteurs comme toi nous donnent ce type de polars qui ne délivre aucun message, ne dénonce rien, où il y a de l’action, du punch, sans se prendre la tête ! Ça me rappelle en peu les BD de ma jeunesse que j’aimais beaucoup.
      Continue comme ça, c’est parfait !

  2. bon bouquin que j’ai eu plaisir moi aussi à lire et à chroniquer il y a quelques temps. En la matière certains de nos auteurs n’ont rien à envier à leurs collègues américains pour ce qui est d’écrire un roman plein de rebondissements, haletant et efficace. Et oui tu as raisons, il faut aussi de ces romans qui n’ont aucune autre prétention que de divertir son lecteur. Cela n’enlève rien à sa qualité. AMitiés

    • Ray dit :

      Tu as raison nous avons des auteurs, qui eux aussi, savent faire des polars sous haute tension et efficaces . JOB est un de ceux-là.
      Amicalement.

  3. Richard dit :

    Et voilà !
    L’intérêt est créé !
    Je ne connais pas Jacques-Olivier Bosco … mais sois certain que je vais y remédier.
    Merci
    Bonne journée !

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