Nowhere man – François Gravel

Par Michel Dufour

nowheremanDate de publication originale : 2013 (Québec Amérique) gravel
Genre : Procédure policière
Personnage principal : Chloé Perreault (Sûreté du Québec)

Professeur d’économie et écrivain prolifique, François Gravel s’est déjà mérité plusieurs honneurs dans la catégorie littérature pour l’enfance et la jeunesse. N’en concluons pas que ses romans pour adultes, particulièrement ceux qui mettent en scène la détective Chloé Perreault de la Sûreté du Québec, sont enfantins ou simplistes. Son expérience lui permet d’écrire des histoires claires, crédibles, prenantes, impliquant des personnages psychologiquement bien campés. Et c’est avec une aisance apparente qu’il élabore des intrigues capables de confondre ses lecteurs.

La construction de Nowhere man[1] entremêle deux séries d’événements dont on devine bien qu’elles finiront par se rejoindre : Montréal, automne 2000, où un organisateur politique qui collecte des fonds est retrouvé mort dans un parking peu fréquenté à deux pas du village gai. Un jeune homme, qui venait de lui faire une pipe, s’empare d’une valise contenant quelques milliers de dollars. Commence alors pour lui une fuite éperdue où il s’efforce d’échapper à son père violent, à la police, qui pourrait le croire responsable de la mort de l’organisateur politique, et aux malfrats qui veulent récupérer l’argent. Second volet : Milton (petite ville tranquille du sud du Québec), automne 2011, où on découvre le corps mutilé d’un homme dans un parc, dont personne ne réclame le cadavre : ni vu, ni connu. C’est au poste de police de cette municipalité de Milton qu’on retrouve l’enquêtrice Chloé Perreault[2] et ses collègues, le chef Nelson Robichaud et l’agent Normand Beaudin. D’une part, on apprend à connaître la sympathique Chloé dans sa vie de tous les jours; d’autre part, on suit l’enquête menée pour identifier l’homme mutilé (on lui a démoli le visage, brisé les dents et brûlé les mains, ce qui n’aide pas) et, si possible, son assassin.

C’est un roman qui se lit tout seul, sans effort, dont l’énigme à élucider maintient l’intérêt. Quelques rebondissements surviennent aux bons moments. Malgré le contexte dramatique, on sent que l’auteur a toujours un petit sourire en coin. Tempo assez lent avec un rythme accéléré dans les cinquante dernières pages. Et surtout, au finale, quelques initiatives policières hardies où le bons sens triomphe de la routine et du protocole.



[1] – Allusion à la chanson de John Lennon : la victime apparaît comme un nowhere man, living in a nowhere land, making all his nowhere plans for nobody. Les Beatles – Nowhere Man
[2] –  Personnage créé par Gravel en 2011 dans A deux pas de chez elle, (Québec Amérique).


Extrait :

En rentrant au poste, Chloé songe à la lumière qui est apparue dans les yeux de Marcel quand il a évoqué Superman. Il avait vraiment douze ans à ce moment-là, ce n’était pas une image. Voilà un trait qu’elle envie aux hommes, bien plus que la capacité qu’ils ont de pisser debout : ils lisent une BD, ils regardent le hockey, ils s’amusent avec un train électrique, et ils ont douze ans. Ou alors ils se mettent en réseau et reconstituent les batailles de la Seconde Guerre mondiale, et ils ont encore douze ans (…) Ce qu’elle ne leur envie pas, cependant, quoi qu’ait pu en dire M Freud, c’est ce petit caporal autoritaire qu’ils ont entre les jambes et qui les incite à faire tant de niaiseries.

 

Ma note : (4 / 5)  nowhereman-amb

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