Coyotes – Robert Crais

Par Raymond Pédoussaut

coyottesDate de publication originale : 2012 (Taken) Crais
Date de publication française : 2013 (Belfond)
Genre : Thriller
Personnages principaux : Elvis Cole, détective privé – Joe Pike, associé de Cole – Jon Stone, mercenaire

En plein désert, à 35 kilomètres de Palm Springs, gît une épave d’avion de narcotrafiquants. Cet endroit est devenu à la fois le point de rendez-vous des jeunes de la région et le lieu où les passeurs déposent les immigrants clandestins pour qu’ils soient pris en charge par d’autres. Les coyotes sont ces passeurs qui font entrer clandestinement les immigrants aux États-Unis via le Mexique. Les coyotes ne considèrent pas les migrants comme des gens, ce sont des pollos. Des poulets, de la marchandise. Leur business est mis en danger par les bajadores, des bandits qui s’attaquent à d’autres bandits : ils agressent les coyotes et leur volent les pollos qui deviennent otages. Leurs familles sont rançonnées et quand il n’y a plus d’argent pour payer les rançons, les pollos sont liquidés. Jack et Krista, un jeune couple, se trouvaient près de l’épave de l’avion au moment où s’est produite une attaque de bajadores. Ils sont embarqués avec tout un groupe de migrants. La mère de Krista s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles de sa fille. Elle fait appel au détective privé Elvis Cole pour qu’il la retrouve. Cole reconstitue les évènements et finit par savoir que la jeune fille et son petit-ami sont dans les mains d’un chef bajadores, le Syrien. En approchant d’un peu trop près ce personnage, Cole se fait enlever à son tour. Mais il a la chance d’avoir un associé très efficace : Joe Pike. En compagnie de Jon Stone, un baroudeur chevronné, Joe part au secours de son ami. Il va y avoir du grabuge dans le désert !

L’auteur s’est bien documenté sur le trafic d’êtres humains à la frontière Etats-Unis – Mexique. L’intrigue semble bâtie sur des évènements réels. Tout en développant un thriller avec beaucoup d’action, Crais prend le temps d’expliquer en détail le trafic et l’exploitation humaine qui sévit en ce lieu. Les cartels, les clans rivaux, la détention de groupes de migrants, les déplacements des détenus comme des troupeaux de bétail, les demandes de rançons, les liquidations, tout cela est décrit de façon édifiante.

En face de ces malfrats déshumanisés, prêts à tout, les bons sont représentés par un redoutable trio. Elvis Cole, le meilleur détective du monde, comme l’a qualifié un magazine, tient une agence en compagnie de son compère Joe Pike. Cole est un gars décidé, qui prend des risques et qui n’a pas peur. Il sait se battre mais il est aussi très humain. Son associé Joe Pike est un formidable combattant qui connaît toutes les techniques de pistage. Il est capable de mener des opérations de choc. Compétent et peu loquace, il agit avec une efficacité maximum mais ne prononce que peu de mots. À ce duo, habituel chez Robert Crais, est adjoint cette fois un baroudeur, Jon Stone. C’est un soldat d’élite qui travaille pour des sociétés militaires privées et à l’occasion pour le gouvernement. Avec ce trio de choc les bandits vont trouver à qui parler.

Il est à noter que les évènements ne sont pas présentés dans l’ordre chronologique. Ainsi nous passons de 6 jours après l’enlèvement (des jeunes gens), à 11 jours après l’enlèvement, pour revenir à 6 jours après l’enlèvement. C’est assez désarçonnant. On a l’impression que les chapitres ont été mélangés avant l’assemblage du livre et que personne s’en est aperçu.

Coyotes est un roman qui allie un côté informatif et un côté action dans un thriller rythmé, sans temps morts. C’est efficace, c’est américain. Un livre qui se lit facilement et avec plaisir.

Extrait :
Le trafic d’êtres humains est devenu un gros business. Des migrants venus d’Asie, d’Europe et du Moyen-Orient débarquent en Amérique centrale, où on les regroupe pour les amener en masse aux États-Unis, via le Mexique. Les nouveaux coyotes ne les considèrent même pas comme des gens. Ce sont des pollos. Des poulets. Pas des humains.
— Les coyotes mangent les poulets.
— Pas seulement les poulets. Ils se mangent entre eux et mangent les poulets des autres. Vous savez ce que sont les bajadores ?
— Des bandits ?
— Des bandits qui s’attaquent à d’autres bandits. En général, ils sont affiliés à un cartel : des Bajas attaquent des Zetas, des Tijuanas attaquent des Sinaloas ou des La Familia. Ils se volent de la drogue, des armes et des pollos.
– tout ce qu’ils peuvent revendre. Ils se kidnappent même les uns les autres.
— Revendre ? Comme des esclaves ?
— Comme des otages. Ces malheureux ont déjà payé leur coyote quand ils tombent aux mains des bajadores. Et comme ils n’ont plus rien, les bajadores réclament une rançon à leurs proches. Je n’ai rien à voir avec ces gens-là.

 

Ma note : (4 / 5) coyotes-amb

 

 

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4 réponses à Coyotes – Robert Crais

  1. Fabe dit :

    Bel avis! Il est tant que je fasse un break, quelque chose de plus … léger serait le bienvenu.
    Et comme j’aime beaucoup Cole/Pike, pourquoi pas.
    Je n’ai jamais été déçue.

    • Ray dit :

      Pour faire une pause dans la série de romans noirs que tu viens de lire, ce livre est assez indiqué. C’est un thriller classique mais bien fait. Et puisque tu connais le tandem Cole-Pike tu sais à quoi t’attendre.
      Merci pour ce commentaire sympa.

  2. belette2911 dit :

    Merci, ma Poulette ! 😉 Une grosse nique comme je les aime.

    J’ai le sieur Crais dans ma biblio, mais pas celui-là… J’avais un peu laissé tomber Elvis Cole et Joe Pike, ne sachant pas tout lire.

    Mais ici, une enquête sur fond de trafic d’êtres humains, je suis preneuse, parce qu’il est toujours intéressant d’en savoir plus sur ce trafic. L’homme est un loup pour l’homme, c’est bien connu.

    Une belle grosse nique, Poulette.

    • Ray dit :

      L’auteur semble s’être bien informé sur le trafic d’êtres humain à la frontière USA-Mexique. En plus du thriller bien foutu, ce roman informe sur cet odieux trafic.
      Merci Belette pour ton chaleureux commentaire. Les autres lecteurs du blog vont s’interroger sur l’origine des petits noms que nous employons. Ils vont s’imaginer des choses.

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