Cochons rôtis – Vic Verdier

Par Michel Dufour

cochonsrotisDate de publication originale : 2015 (XYZ)Verdier-V
Genres : Enquête, thriller
Personnage principal : Vic Verdier, agent du SPVM

Vic Verdier est le nom de plume de Pierre-Simon Pouliot, originaire de Québec, diplômé en histoire à l’Université Laval, puis en communication à l’Université McGill de Montréal. Cochons rôtis est son quatrième roman, après L’Appartement du clown (2010), Le Moderne Cabaret (2012) et L’Imprimeur doit mourir (2014). Vic Verdier est aussi le nom du héros de Verdier l’écrivain. En fait, c’est en grande partie ce Verdier qui raconte l’histoire de ses aventures policières. C’est un gars bien bâti de 35 ans qui a douze ans d’expérience dans la police de Montréal, efficace mais tourmenté.

C’est l’été 2016. Visant la position de Sergent-détective, Verdier vient d’être recalé à l’entrevue orale qui suit l’examen écrit qu’il avait parfaitement réussi. Sa blonde Mélanie, au contraire, a passé les deux épreuves avec brio. La jalousie est, donc, le motif qu’on prêtera à Vic lorsque Mélanie sera immolée par le feu, menottée au volant de son auto-patrouille. Pendant que le policier Patenaude, chargé de l’enquête, cherche à accumuler des preuves contre Verdier, celui-ci, aidé de sa coéquipière Jessy DiFilippo, surnommée Barbie, et de l’ex de Mélanie, François Langlais, entreprend sa propre enquête. Il découvre une organisation secrète, au sein même de la police, qui pourrait avoir un rôle important à jouer dans l’assassinat de Mélanie et d’un autre policier. François échappe d’ailleurs de justesse à une tentative de meurtre : un avertissement non équivoque. Qu’est ce que cette organisation cherche-t-elle à cacher ? Pourquoi voudrait-elle empêcher la découverte du meurtrier des policiers (car un deuxième vient d’être retrouvé, incinéré lui aussi) ?

Quand le lecteur aura l’impression que tout est terminé, deux autres manches devront être jouées.

Je ne connaissais pas Vic Verdier avant ce roman qui m’a bien plu. Le rythme est bon jusqu’à la quatrième partie du livre, le thriller progresse de façon efficace, plusieurs des personnages, en fait les policiers du poste 16 où travaille Verdier, sont décrits succinctement en quatre pages hors texte, ce qui est une bonne idée. Les quelques autres sont bien présentés. Ça ressemble un peu à un « film de gars », la façon de rendre les relations entre les policiers me semble conforme à ces expériences de groupes de gars où se développent de belles amitiés et de grandes jalousies, mais les quelques personnages féminins ne donnent pas leur place. Le problème est bien posé et l’atmosphère assez mystérieuse constitue une toile de fond qui ressemble à celle de bien des romans classiques.

Puis, alors qu’on croit que l’essentiel est terminé, le rythme change. On se retrouve quelques mois après. Découvrir le meurtrier des policiers n’était pas le principal objectif de l’écrivain. C’est certain qu’en rajoutant cette partie, Verdier rompait avec la structure classique qui se termine habituellement par l’exposition du mobile et du meurtrier. Et cette dernière partie n’est certes pas artificielle : c’est une suite logique possible de tout ce qui a précédé. Cependant, elle n’est pas non plus indispensable : le récit manque de punch, et le finale m’a paru invraisemblable et exagéré. Je ne parle pas des ennuis du docteur Lapointe avec sa femme !

Extrait : 
Il fait nuit noire. Mel est morte depuis plus de quatre jours. Vic efface un autre message de François Langlais. Cette fois, l’ex de Mélanie l’avait joint sur son cellulaire.
Vic se rappelle d’un commentaire de Mel : « François, c’est peut-être le gars le plus brillant que je connaisse… à part toi, Vic. » Il avait dit : « C’est ça, à part moi. Tu t’améliores dans tes choix de petits amis. » Mel avait souri : « T’est plus brillant, mais lui, c’est le plus gentil. » Ce à quoi il avait répondu : « Une chance que tu préfères les bad boys. »
Vic chasse ces souvenirs et prend une gorgée de boisson énergisante dégueulasse pour se garder réveillé. Après le quart du travail du mardi soir, il a quitté le poste et s’est dirigé dans le secteur du PDQ 20. Il a stationné son Bronco pour avoir un bon angle de vision sur la porte d’un appartement miteux de la rue Olier. C’est là qu’habite le gars qui a cassé le nez de Mélanie l’année précédente et que le juge a laissé courir. Vic a lu le rapport d’événement et les conclusions du procès. Ce pourri-là a prétendu que son arrestation lui avait fait perdre un lucratif contrat de pose de systèmes intérieurs pour le gouvernement et que c’est ce qui l’avait poussé à la violence. Quelle connerie. En lisant les documents, Vic s’est dit qu’il tenait quelque chose pour la première fois depuis la mort de Mélanie. Patenaude a d’autres chats à fouetter. Moi, j’ai le temps d’aller parler à cet enfant de chienne là. Vic attend d’être sûr que l’homme est seul avant de se rendre chez lui et de le réveiller.
Finalement, Vic sort du Bronco. Il ouvre le hayon, met ses gants et saisit un pied de biche. Une voix féminine le fait sursauter.
« Verdier, rentre dans ton char tout de suite ».

Ma note : (4 / 5) cochonsrotis-amb

 

 

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