Usage de faux – Sylvie-Catherine De Vailly

Par Michel Dufour

usagedefauxDate de publication originale : 2015 (Recto Verso)Devailly
Genre : Enquête
Personnage principal : Jeanne Laberge, Service de police de la communauté urbaine de Montréal

J’ai déjà commenté La Sélection naturelle de la même auteure. Bien écrit sans doute, mais l’assassin semait des pistes grosses comme des éléphants. Cette fois-ci, la trame dramatique est plus simple et les personnages mieux maîtrisés. L’enquête se déroule très classiquement et, si la policière Jeanne Laberge ne se signale pas par des intuitions fulgurantes, elle fait preuve d’un acharnement constant.

En décembre 1975, le peintre Hugues Clément est tué par quelqu’un qu’il connaissait, selon toute apparence. Déjà emprisonné à cause de ses activités de faussaire, Hugues était maintenant recyclé dans l’encadrement d’œuvres d’art. Qui avait intérêt à le tuer ? Son épouse ? Sa maîtresse ? Un ancien client qui avait été floué ? La mafia ? Son employé qui ne l’aimait pas ? La plupart des mobiles semblent insuffisants. Malmenée dans ses émotions par une grossesse qu’elle assume solitairement, appuyée par son collègue Nixon et asticotée par le chef Levasseur (« Jeanne, tu es un de mes meilleurs hommes ! »), Jeanne bouclera l’enquête en treize jours, mais risquera d’y perdre la vie.

C’est une histoire simple et bien racontée. Malgré quelques diversions faciles sur les joies de la maternité et le fait que tous les riches ne sont pas des escrocs, malgré aussi que l’auteure s’imagine qu’il n’était pas facile à cette époque de trouver du café expresso à Montréal, sauf dans la Petite Italie, (ne blâmons pas trop De Vailly qui est arrivée au Québec en 1973), c’est un roman qui a une cohérence certaine, même si la fin est peu crédible.

Extrait : 
La route était plutôt belle, il ne neigeait plus, et le soleil tentait même de faire quelques percées. Durant l’heure de route qui les séparait du numéro 77 de la rue du Pont, les deux enquêteurs repassèrent en revue tout ce qui avait trait à l’affaire sur laquelle ils travaillaient depuis maintenant onze jours. James conduisait pendant que Laberge parcourait le dossier, récapitulant les faits à voix haute. Elle avait été grandement déçue d’apprendre la mort de celui qui figurait en première place sur la liste des suspects du meurtre d’Hugues Clément. Lui plus qu’un autre était tout désigné comme coupable dans cette histoire. Elle en conclut que son suicide inattendu ajoutait un élément qui pourrait se révéler significatif dans l’enquête. L’homme s’était-il enlevé la vie parce qu’il avait des remords ? Ça restait à déterminer. Elle espérait que leur visite à Bedford allait leur apporter quelques réponses et, qui sait, peut-être bien les aider à régler cette affaire.

Ma note : (3,5 / 5) usagedefaux-amb

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