Trait bleu – Jacques Bablon

Par Raymond Pédoussaut

traitbleuDate de publication originale : 2015 chez Jigal Bablon
Genres : Aventures, humour
Personnage principal : le narrateur dont on ne connaît pas le nom, voyou au cœur tendre

Le narrateur, dont on ne connaît pas le nom, a pris 20 ans de taule pour l’assassinat d’un certain Mcbridge. C’était une méprise. Il avait bien voulu tuer celui qui avait déshonoré sa mère avant sa naissance, mais l’autopsie a révélé que l’homme était mort d’une balle dans la tête et non pas du coup de couteau qu’il lui avait porté. En fait c’est Iggy, son meilleur copain, qui a fait le boulot. Iggy qui s’est dénoncé sans qu’on le lui demande et qui vient de se suicider dans sa cellule. Iggy, même mort, n’a pas fini de chambouler la vie de notre homme. C’est lui qui a liquidé et enterré Lindegren, un autre type dont le narrateur voulait aussi la peau. C’est encore lui qui a participé à un casse et qui s’est tiré avec le fric. Mais c’est à notre narrateur que des gars pas très tendres viennent réclamer le magot que son copain Iggy a planqué. Et ce n’est pas tout, son histoire familiale est aussi bouleversée : il s’est toujours considéré comme le fils d’une mère morte en couche et de père inconnu. Mais il va apprendre qu’en réalité, ce n’est pas du tout la bonne histoire. Là encore, c’est méprise sur toute la ligne ! Il y a vraiment de quoi déstabiliser notre homme.

C’était un canard en bois, un faux … un filin le rattachait à un paquet volumineux qui reposait au fond du lac.

C’était un canard en bois, un faux … un filin le rattachait à un paquet volumineux qui reposait au fond du lac.

L’intrigue est basée sur cette succession de fausses vérités sur lesquelles était bâtie toute la vie du narrateur et qu’il voit s’écrouler avec stupéfaction. Rien ne lui est épargné, il doit remettre en cause son passé de voyou et son histoire familiale. Le ton n’est pas dramatique, il est au contraire distancié et humoristique. Un peu comme si c’était à quelqu’un d’autre que tout cela arrivait.

Le cadre est un endroit indéterminé de l’Amérique profonde. Nous ne connaissons donc ni le nom du personnage principal, ni le lieu où se déroule l’histoire. Cela ne gêne pas le récit à la première personne du singulier.

Le narrateur, personnage principal, est un voyou au grand cœur. Capable de tuer des types qu’il déteste mais complètement transis devant le spectacle d’une femme qui étend son linge à sécher. Il peut aussi bien planter son couteau de chasse dans le bide d’un mec que de changer avec tendresse les couches d’un bébé. Il peut aussi se lier d’amitié avec un cochon et une poule. En fait c’est un homme paumé qui voit disparaître tous ses repères. Il en vient même à avoir des doutes sur sa sexualité.

Une intrigue de roman noir traitée avec un humour tout aussi noir, un ton de comédie pour décrire tous les malheurs qui s’abattent sur le narrateur, un héros barjot mais attachant, des péripéties en nombre, sont les ingrédients de ce roman décalé et déjanté qui se lit avec le sourire.

Extrait : 
Avant, c’était mieux. J’étais juste fils de père inconnu, je baignais dans l’insouciance, j’allais léger. Le père que je m’étais laissé refourguer, en plus de pas avoir toute sa tête, était peut-être tueur de flics, à coup sûr ex-taulard. Embrouilles sur toute la ligne. J’avais pas fait que le bien, j’étais pas en position de lui reprocher ses écarts, mais ça aurait été mieux pour mon épanouissement personnel d’avoir un père tranquille, adepte du droit chemin, un papa gâteau, pas un fouteur de merde. J’ai passé la nuit à penser à ça et au chemisier de Liza qui séchait sous la lune.

Ma note : (4 / 5)

Posée sur des parpaings là où les roues manquaient, la caravane résistait tant bien que mal à l’attaque de la rouille. Cernée par les ronces, elle était installée dans une ancienne carrière, au bout d’un chemin qu’empruntait personne sauf nous.

Posée sur des parpaings là où les roues manquaient, la caravane résistait tant bien que mal à l’attaque de la rouille. Cernée par les ronces, elle était installée dans une ancienne carrière, au bout d’un chemin qu’empruntait personne sauf nous.

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